Yassas (ou kalimera, kalispera ou kalinikta en fonction de l’heure de la journée où vous lisez ce billet) ! Je suis revenue il y a maintenant un mois d’un voyage de 14 jours en Crète. Cela faisait longtemps que je n’avais plus pris de congé aussi long et ça m’a fait un bien fou de me déconnecter (même si j’avoue avoir répondu à 2-3 e-mails pour m’assurer d’avoir du travail à mon retour). La plus grande île de Grèce m’a complètement charmée, autant par ses paysages que par la générosité de ses habitants. Voici donc la première partie de ma carte postale sur cette destination méditerranéenne (j’ai décidé de la publier en 2 parties ; 14 jours, c’est long à résumer 🙃)
C’est le 3 juillet vers 23h00 heure locale (UTC+1) que nous débarquons à l’aéroport de La Canée (ou Chaniá en grec). Dès notre arrivée, nous sommes étonnés par l’efficacité des Crétois. En même pas 10 minutes, nous sortons de l’avion, passons la sécurité et récupérons nos valises. Le bus local pour nous amener dans le centre-ville débarque pile à l’heure et nous arrivons à l’hôtel juste à temps pour rencontrer notre hôte, Lefteris. Son petit gîte familial, My Rooms, se trouve en plein cœur de la partie historique de La Canée et nous a comblés durant nos 2 premiers jours sur l’île. Je n’ai jamais eu affaire à un hôte aussi généreux, mettant gratuitement à disposition dans le frigo de notre chambre de l’eau fraîche, du jus de fruit, 2 cannettes de bière et une petite bouteille de raki (en insistant bien sur le mot « gratuit »). Après être montés sur le toit-terrasse de l’hôtel pour prendre le pouls de La Canée, qui n’est pas encore endormie après minuit, nous décidons de nous coucher directement, la Crète ayant un décalage de 2 heures avec l’Angleterre et le petit-déjeuner étant servi entre 8h et 10h (faites le calcul). Et quel petit-déjeuner ! Un repas copieux nous attend sur la terrasse, nous faisant déjà goûter à la générosité des Crétois. Omelette, salade grecque, croque-monsieur, yaourt avec muesli et miel, nous trouvons déjà les ingrédients qui reviendront dans nos assiettes au petit-déjeuner pour les 13 jours suivants. Le ventre bien repu, nous partons à la découverte de Chaniá. La chaleur est déjà bien présente, mais le vent soufflant continuellement sur cette partie de l’île rend la balade agréable. Nous flânons sur son petit port vénitien du XIVe siècle, nous rendant jusqu’à son phare, contemplant avec envie les eaux turquoise dans lesquelles baignent la Crète. Après avoir traversé les ruelles étroites et colorées du centre historique, nous longeons d’ailleurs la côte avant de nous poser sur l’une des plages de l’ouest de la ville. La température de l’eau est idéale pour se rafraîchir sans être frigorifiés et le paysage des montagnes de l’intérieur de l’île annonce déjà les superbes aventures qui nous attendent. Après cette première baignade dans les eaux crétoises, nous faisons d’ailleurs une petite balade jusqu’à la grotte de Mikis Theodorakis (qui n’avait pas grand intérêt en soi, mais qui nous a permis d’admirer de superbes paysages sauvages et d’écouter le concert des cigales dans les forêts de pins du littoral). Après un agréable soirée dans Chaniá, et une dégustation de petits gâteaux absolument délicieux pour fêter l’anniversaire de mon cher et tendre, nous passons notre dernière nuit chez Lefteris, qui nous concocte à nouveau un petit-déjeuner royal le lendemain matin, juste avant notre départ pour notre prochaine étape : Héraklion.
À la gare routière, nous sommes à nouveau épatés par la ponctualité des Crétois. Le bus démarre pile à l’heure (tant pis pour les retardataires), nous embarquant pour un trajet de près de 3 heures, longeant la côte et nous offrant un aperçu des montagnes à l’intérieur des terres. Après avoir posé nos valises et admiré la vue sur la forteresse de la capitale crétoise depuis le balcon de notre chambre d’hôtel, nous nous mettons à explorer les rues d’Héraklion. Si elle comporte quelques sites historiques, la capitale crétoise est principalement une grosse ville, beaucoup moins pittoresque que La Canée. Nous retournons d’ailleurs rapidement du côté de la forteresse et marchons jusqu’au bout de l’impressionnante jetée, balayée par les vents et les vagues s’écrasant sur les brise-lames. Nous terminons la soirée du côté de la place des Lions, finissant par opter pour un restaurant italien face aux menus un peu trop semblables des établissements de ce coin très touristique. Le lendemain, nous décidons de faire le tour des remparts de la ville, une balade qui pourrait être plus attractive si le sentier était mieux aménagé. Des travaux sont toutefois en cours, ce qui devrait améliorer la promenade dans les années à venir. Après ce tour des enceintes, nous passons dans des ruelles moins touristiques, me laissant le plaisir de photographier quelques belles œuvres de street-art. Nous montons ensuite à bord d’un bus pour rejoindre l’attraction principale d’Héraklion : le palais de Knossos. Site minoen le mieux conservé de l’île, il est le lieu du légendaire labyrinthe du Minotaure. Pendant que mon cher et tendre s’amuse avec les chatons s’abritant de la chaleur sous les ruines, je m’aventure dans les vestiges de ce palais où sont exposées certaines reproductions d’anciennes mosaïques, dont la fameuse fresque des dauphins qui m’a rappelé les cours de grec de mes années de secondaire. De retour de cette plongée dans l’histoire, nous rentrons à l’hôtel et nous préparons pour une course à pied sur la longue jetée que nous avons parcourue la veille. Cinq kilomètres d’effort dans un cadre dépaysant à souhait, rien de mieux pour notre dernière soirée dans la capitale de l’île.
Le lendemain, après le petit-déjeuner, nous reprenons la route pour notre prochaine escale : Agios Nikolaos, un petit coin de paradis sur la partie orientale de l’île. Après avoir longé le littoral, avec de splendides vues sur la mer, nous entrons davantage à l’intérieur des terres, un mélange de roches orangées, de champs d’oliviers et de montagnes épousant le bleu du ciel. Arrivés à Agios Nikolaos, nous entamons une marche de 20 minutes (qui nous a parue plus longue vu la lourdeur de nos sacs et la chaleur étouffante) pour rejoindre l’hôtel où nous dormirons les 6 prochaines nuits : Lato Hotel. Une fois nos valises posées dans notre chambre, nous décidons de faire comme la plupart des autres visiteurs de l’île : nous poser au bord de la piscine pour nous rafraîchir durant les heures les plus chaudes de la journée. Nous ne partons découvrir le joli centre d’Agios Nikolaos que vers 17h. La promenade qui nous a parue si longue à notre arrivée nous a charmés. Durant 20 minutes, nous longeons la mer, observant les locaux piquant une tête dans les eaux translucides depuis les rochers bordant le quai. Nous découvrons ensuite pour la première fois le port d’Agios Nikolaos, puis son romantique lac Voulismeni, dans lequel la déesse Athéna se serait baignée. L’endroit est vraiment charmant, si l’on fait abstraction des nombreux rabatteurs des restaurants. Nous décidons d’ailleurs de nous écarter un peu du lac et nous attablons dans la cour très instagrammable du Creta Embassy, un restaurant où nous retournerons d’ailleurs vers la fin de notre séjour tant son personnel sympathique et la qualité de ses plats nous ont plu. Fatigués par nos premiers jours de voyage, ainsi que par la chaleur écrasante, nous passons notre deuxième journée à Agios Nikolaos sur la plage. Après un buffet de petit-déjeuner absolument divin servi par d’adorables cuisinières concoctant de délicieux biscuits et gâteaux (je recommande vraiment le Lato Hotel pour ça), nous nous installons sur l’une des plages du nord d’Agios Nikolaos, alternant baignade, bronzette et mots croisés. Revigorés par ce jour de détente, nous décidons le lendemain de visiter une petite ferme locale produisant de l’huile d’olive, entre autres, puis d’explorer à pied le reste de la ville, tout en nous offrant une petite trempette à mi-chemin pour contrer la chaleur. Désirant explorer un peu plus les alentours d’Agios Nikolaos pour le reste de notre séjour sur ce côté de l’île, nous décidons de louer une moto. Récupérant le véhicule en début de soirée, nous retournons autour du lac, animé ce soir-là par le concert du conservatoire local, et choisissons cette fois-ci un restaurant aux assiettes extrêmement généreuses : Karnagio(je le cite également car nous y avons passé la soirée 2 fois). Comme pour le Creta Embassy, nous terminons le repas avec des morceaux de pastèque, un petit dessert et du raki gratuits (quand je dis que les Crétois sont généreux).
Le reste de notre séjour à Agios Nikolaos sera davantage rempli en aventures. Enfourchant notre monture, nous remontons la côte vers le nord, faisant une petite halte dans le village pittoresque d’Elounda, puis une pause baignade sur la plage de Plaka, les yeux rivés sur l’île de Spinalonga. Nous faisons ensuite un mini crochet sur l’îlot de Kolokytha pour photographier ses vieux moulins à vent en pierres, avant de nous enfoncer à l’intérieur des terres jusqu’à Kritsa. Ce petit village authentique perché dans les collines est bien plus calme que la côte. Nous ne croisons d’ailleurs que quelques personnes âgées ainsi que de nombreux chats. Ce n’est toutefois pas pour le village en lui-même que nous nous y arrêtons, mais pour les gorges présentes dans ses alentours. Nous nous offrons ainsi notre première randonnée en pleine nature crétoise, avec pour seul bruit le chant des cigales et le claquement des pierres sous nos chaussures. La remontée des gorges est parfois rude, mais le décor est tellement beau que l’effort ne se fait pratiquement pas sentir. C’est la tête remplie de belles images que nous nous endormons ce soir-là.
Le lendemain, nous délaissons la moto pour embarquer à bord d’un bateau. Nous avons en effet réservé une excursion nautique pour visiter Spinalonga. Après une baignade dans la baie de Kolokytha, nous débarquons enfin sur ce fameux îlot, ayant servi de léproserie au début du XXe siècle. Pour éviter l’afflux de touristes débarquant en même temps que nous, nous décidons de grimper directement au sommet de la forteresse du XVIe siècle érigée à Spinalonga. Parmi les ruines au sommet de l’île, le vent souffle si fort par moment que je tiens fermement ma casquette tout en continuant de prendre un maximum de photos face au paysage de la côte. Après une petite heure sur l’île et le retour en bateau vers Agios Nikolaos, nous passons le reste de la journée plus tranquillement, nous préparant au mini road trip du lendemain.
Pour notre dernier jour sur la côte est de la Crète, nous partons chasser les plus beaux points de vue de la région. Plus on se rapproche des sommets, plus les routes sont sinueuses, révélant après chaque virage un décor grandiose de roches parsemées de petits arbustes ou d’herbes séchées au soleil. Le premier point de vue nous permet de contempler la mer de Libye et la mer de Crète. Le second nous amène au bord du réservoir technique de Bramianos, dont l’eau avait une couleur turquoise intense. Après cette première virée dans les sommets de l’île, nous décidons de faire une pause sur la plage de Ierápetra dans le sud. À l’heure où nous arrivons, il est déjà 14h, ce qui signifie que la ville est extrêmement calme (en Crète, les magasins ferment généralement durant les heures les plus chaudes de la journée pour ne rouvrir que vers 17h). Nous en profitons pour nous poser sur la plage et nous rafraîchir. C’était sans compter la chaleur extrême ce jour-là, nous retrouvant à nouveau en nage à peine séchés de notre petite baignade. Nous faisons quand même un petit tour de la ville, marchant jusqu’à sa forteresse de Kales et passant devant la maison de Napoléon, où l’empereur aurait soi-disant dormi avant de poursuivre sa route vers l’Égypte. Pressés de sentir le vent sur notre peau, nous repartons ensuite rapidement sur notre moto. Nous remontons vers Agios Nikolaos, traversant de nouveau les montagnes du centre, nous arrêtant dans un autre point de vue spectaculaire avant de rejoindre la côte. Là encore, nous faisons quelques haltes pour apprécier le panorama avant de nous poser enfin sur la plage soi-disant la plus belle de cette partie de la côte : Voulisma. Si d’apparence, elle est superbe avec son sable blanc et ses vaguelettes, son eau est l’une des plus sales que l’on ait jamais vues sur l’île. Impossible de se baigner sans tomber sur plusieurs déchets. C’est le revers de son succès… Mais le soleil commence déjà à baisser vers l’horizon et nous voulons encore voir un petit bout de l’île avant de rendre la moto. Nous enfourchons donc une dernière fois notre monture pour nous rendre à Spilia, la petite pointe de terre faisant face au Lato Hotel. L’endroit est particulièrement romantique, d’autant plus sous les derniers rayons orangés du soleil. Une fois la moto rendue, nous retournons au restaurant Creta Embassy, terminant notre séjour à Agios Nikolaos de la même façon qu’il a démarré, aux abords du lac Voulismeni.
Zdravo (ou dobro jutro, dobar dan ou dobro vece selon l'heure à laquelle vous lisez cette carte postale) ! Je suis revenue ce mardi d’un voyage de 12 jours dans un pays des Balkans que je n’avais pas encore visité : la Serbie. Contrairement à l’Albanie, où je ne pouvais pas vraiment me raccrocher à mes connaissances linguistiques, la Serbie m’a donné l’occasion de renouer avec les sonorités slaves. Armée d’un petit guide de conversation, j’ai rapidement appris les quelques phrases utiles tout en m’appuyant sur mes acquis du russe et de l’alphabet cyrillique(les panneaux indiquent souvent le nom de la localité en lettres latines et en cyrillique). J’ai pris plaisir à découvrir cette contrée de l’ex-Yougoslavie qui souffre encore, elle aussi, d’une certaine mauvaise réputation en raison des heures sombres qu’elle a connues il y a plus de 20 ans. Elle ne pourtant m’a jamais paru plus dangereuse qu’un autre pays et m’a charmée par les villes et paysages que j’ai explorés.
Drapeau serbe flottant à Sokobanja
Jeudi 31 août, nous débarquons à l’aéroport Nikola Tesla de Belgrade vers midi. La chaleur sur le tarmac nous prend dès notre sortie de l’avion. Après avoir échangé quelques euros contre des dinars serbes, nous commençons notre épopée par une épreuve : trouver comment rejoindre notre premier hôtel, qui se trouve dans la petite localité de Jakovo (Јаково), à une trentaine de kilomètres de la capitale. Pour nos 2 premières nuits en Serbie, mon cher et tendre souhaitait se reposer au maximum et avait donc choisi un établissement de plus haut standing avec spa et parc aquatique. Après un arrêt à Surčin (Сурчин) et quelques péripéties (les arrêts de bus n'ont aucune indication d'horaire ou de destination), nous arrivons à bon port. Comme nous sommes encore en pleine semaine, le parc est pratiquement vide, les piscines et toboggans n’accueillant que les hôtes de l’établissement. L’eau est toutefois plutôt froide et nous préférons nous offrir un moment en amoureux au spa. Ce moment de détente est suivi par notre première découverte de la gastronomie serbe au restaurant de l’hôtel (un mix de grillades, le plat phare du pays). Le lendemain, nous profitons d’un riche buffet de petit-déjeuner puis faisons un petit tour à Jakovo. L’hôtel se trouve dans un endroit plutôt rural, avec de grandes maisons de campagne, dont beaucoup semblent inachevées, certaines étant même abandonnées. Après avoir acheté quelques snacks et un soda local (le Cockta, une boisson censée remplacer le Coca-Cola durant l'ère yougoslave, mais qui est bien meilleure en goût selon moi), nous profitons enfin du parc aquatique. Les structures et toboggans sont parfois vétustes, mais la baignade et les plongeons nous rafraîchissent bien face aux 30 degrés qu’affiche le thermomètre. En fin d’après-midi, nous retournons à nouveau au spa, puis allons manger dans un restaurant de la ville, où nous dégustons d’excellentes pizzas au feu de bois. Nous passons ensuite notre dernière nuit dans cet hôtel avant de vivre une nouvelle épopée jusqu’à notre prochaine destination.
Après un dernier petit-déjeuner gargantuesque dans le restaurant de l’hôtel, nous bouclons nos valises et quittons le parc aquatique, qui s’apprête à accueillir la foule du week-end. Nous nous rendons jusqu’à l’arrêt de bus et patientons 20 bonnes minutes sous une chaleur écrasante. Le trajet est long, mais heureusement plus ou moins direct jusqu’à la gare de Novi Beograd (Нови Београд), la partie moderne de Belgrade (le nom de la capitale serbe dans la langue locale est Beograd). Tellement moderne que tout est en travaux, y compris la gare. On peine à trouver des indications, mais un ouvrier serbe nous prend sous son aile et nous guide vers le guichet, puis vers le bon quai. Après 40 minutes d’attente, notre train arrive. Il s’agit d’un train flambant neuf, très confortable, rapide et équipé du WiFi. Il ne nous faut qu’une trentaine de minutes pour arriver dans notre nouvelle escale : Novi Sad (Нови Сад). La ville semble dynamique et moderne. Nous montons rapidement dans un bus pour nous rendre à l’hôtel. Nous sommes accueillis par une hôtesse extrêmement sympathique, qui s’est d’ailleurs renseignée pour nous sur les horaires de bus pour notre prochaine destination. Mais ne zappons pas les étapes et parlons de Novi Sad. Posée sur les rives du Danube, elle est la deuxième plus grande ville du pays. Nous nous plaisons à arpenter les rues de sa jolie cité historique, bordées de bâtiments aux façades colorées. Face aux nombreux glaciers proposant des boules à moins d’1€, nous ne résistons pas longtemps. Un cornet à la main, nous nous dirigeons vers le parc Dunavski, où nous observons des tortues d’eau se bagarrer avec les canards du lac pour gober des miettes de pop-corn. Nous nous rendons ensuite le long du Danube où se tient une petite fête improvisée sur fond de musique et de fumée de barbecue. Nous restons un moment devant l’émouvante sculpture de La Famille, un monument de Jovan Soldatović, dressé en hommage aux personnes qui ont perdu la vie durant un horrible raid nazi en 1942. La sculpture fait face à la forteresse de Petrovaradin, qui surplombe le Danube depuis l’autre rive. Nous poursuivons notre promenade le long du fleuve, côtoyant des familles en cuistax, des joggeurs et des cyclistes. Nous retournons ensuite vers le centre de la ville, où nous terminons la soirée par un bon burger.
Le lendemain, après avoir été acheter nos billets de bus pour notre futur voyage, nous reprenons notre exploration de la ville. Nous pensions aller jusqu’à la plage puis partir explorer la forteresse de Petrovaradin sur l’autre rive, mais la météo a fait littéralement tomber nos plans à l’eau. Alors que nous nous baladons en ville, le ciel commence à se faire menaçant. Le vent se lève et de premières gouttes de pluie parfument l’air de cette odeur si particulière après plusieurs jours de chaleur. Nous nous arrêtons un moment sous un arbre dans un parc en attendant que la pluie se calme puis nous reprenons notre route. À peine remis en marche que nous entendons un orage gronder au loin. Nous pensions y échapper, mais il éclate juste au-dessus de la ville alors que nous sommes en plein milieu d’un pont en direction de l’autre rive du Danube. Les trombes d’eau qui s’abattent nous poussent à nous réfugier sous le pont une fois arrivés de l’autre côté. Une véritable tempête avec éclairs, tonnerre et déluge se déchaîne sur la ville. Après 20 bonnes minutes à attendre une accalmie, mon cher et tendre me propose de tenter de rejoindre la route en passant par un parc tout proche, de quoi trouver un meilleur abri. Mauvaise décision… alors qu’on pensait que la tempête se calmait, elle a repris de plus belle. C’est cette fois-ci sous un arbre que nous tentons de nous réfugier, trempés jusqu’aux os (comble de l’horreur pour l’arachnophobe que je suis, un monstre à huit pattes est descendu de son fil à quelques centimètres de moi, sous la lumière d’un éclair 😨). Le parc étant un véritable labyrinthe et la pluie ne cessant pas, nous décidons d’abandonner notre projet de visiter la forteresse et de retourner vers le pont pour rentrer à l’hôtel. C’est bien évidemment une fois que nous retraversons le Danube que le déluge s’arrête enfin, nous permettant de contempler un sublime coucher de soleil. Nous regagnons l’hôtel encore complètement mouillés, impatients de prendre une douche bien chaude. L’orage avait toutefois été si violent que le système de canalisation d’eau ne fonctionnait plus dans toute une partie de la ville. La situation est revenue à la normale heure plus tard. Après une bonne douche, nous ressortons au sec en soirée à la recherche d’un restaurant. Nous ne tardons cependant pas trop car notre bus du lendemain part à 7h…
Le déluge
Debout à 6h pour finir de boucler nos valises (nos affaires de la veille ayant eu beaucoup de mal à sécher). Un trajet de 5h30 nous attend. Le bus est vétuste, n’a pas de toilette, mais dispose du WiFi. Le chauffeur a juste fait un arrêt d’une vingtaine de minutes à mi-chemin. La deuxième partie de la route a été plus captivante. Derrière la fenêtre, je vois défiler des petits villages, puis, à l’approche de notre destination, un paysage devenant de plus en plus montagneux. Si la pluie nous a accompagnés pendant une bonne partie du voyage, elle est absente lorsque nous débarquons à Sokobanja (Сокобања). Cette fois-ci, nous logeons dans un appartement. Vingt minutes de marche séparent la gare de notre hébergement. Le chemin est toutefois plutôt pentu et on le sent déjà un peu dans les jambes. Nous sommes accueillis par Silvija, qui ne parle pas du tout anglais mais qui parvient à nous expliquer comment rendre les clés à la fin de notre séjour. Fatigués par le voyage et à nouveau arrosés par la pluie, nous restons plusieurs heures dans l’appartement avant d’enfin explorer la ville. Nous pensions au départ profiter d’avoir une cuisine pour nous faire à manger, mais les mini supermarchés locaux ne vendent pas grand-chose. Nous décidons donc simplement d’acheter de quoi prendre un apéro et retournons à l’appartement avant de sortir au restaurant. La pluie est toujours présente mais plus légère en soirée, nous permettant d’apprécier quand même le charme du centre-ville. Sokobanja est l’une des villes les plus touristiques de Serbie en raison de ses thermes et des montagnes qui l’entourent. Les touristes sont toutefois principalement des Serbes et nous découvrons donc davantage leur culture et leur gastronomie. Nous retentons d’ailleurs des spécialités locales le soir même.
C’est sous un beau soleil et un ciel bleu que nous nous réveillons le lendemain matin. Mon cher et tendre devant répondre à plusieurs e-mails, je pars en quête du petit-déjeuner, que nous dégustons sur l’un des balcons de l’appartement, face à une magnifique vue sur la forêt et les montagnes. Nous nous apprêtons ensuite à vivre l’une des plus belles journées de nos vacances. J’avais très envie d’explorer les environs et de partir en randonnée jusqu’à la forteresse de Soko Grad (Соко Град), ruines perchées dans le canyon de la rivière Moravica (Моравица). Nous suivons tout d’abord une route bétonnée qui monte pas mal avant d’arriver sur les bords de la rivière. Je suis étonnée par le grand nombre de personnes âgées qui font la balade à pied, appuyées sur des bâtons, jusqu’à la forteresse. Alors que nous hésitons sur le chemin à emprunter, une dame vendant du thé et du miel local nous indique la direction des ruines et nous explique que, d’après la légende, les personnes qui font le pèlerinage jusqu’à Soko Grad en reviennent en se sentant plus jeunes. Le long du sentier principal se trouvent plusieurs chemins menant à divers lieux sacrés ou historiques de la région. Nous passons ainsi devant un panneau indiquant la route vers la grotte où s’est réfugié l’auteur Ivo Andrić (prix Nobel de littérature) pour écrire durant la guerre. Nous pensions qu’il ne s’agirait que d’une courte balade, mais nous nous sommes embarqués dans un véritable périple à travers les bois, escaladant par moment des pierres pour arriver enfin au refuge de l’écrivain. Nous sommes étonnés de trouver des billets et autres offrandes sur le sol. En route, nous rencontrons un couple de jeunes Serbes essoufflés, avec qui nous faisons un bout de chemin en discutant avant de nous séparer. Ils ont décidé de repartir vers la ville, ayant déjà accumulé les kilomètres, et nous avons pris le sentier menant à la forteresse. Indication sur le panneau : 1h45 de marche. Et quelle marche ! Nous traversons une forêt dense, longeons d’énormes rochers et cavernes, et suons à grimper les pentes. Nous nous arrêtons plusieurs fois, face de temps à autre à de sublimes panoramas, en apercevant toujours la forteresse au loin. Après quasi 2 bonnes heures à travers bois, nous parvenons enfin aux ruines de Soko Grad. Nous montons jusqu’à sa plus haute tour et restons un bon moment à admirer les montagnes, sous des petits oiseaux voletant dans un ciel toujours aussi bleu. Il est toutefois déjà pratiquement 18h et, craignant de devoir marcher dans le noir, nous retournons vers la ville. Nous empruntons cette fois le sentier bien plus accessible, qui nous ramène directement le long de la rivière, aux côtés d’autres randonneurs. Nous voyons d’ailleurs un groupe de Serbes autour de la source, déposant des billets et buvant son eau tout en faisant des signes de croix. L’eau de la rivière serait en effet miraculeuse et aurait guéri de nombreuses personnes. Bien qu’elle nous ait offert des points de vue époustouflants et un grand bol d’air, la balade nous aura fait sentir plus vieux le soir même, nos jambes n’ayant pas l’habitude des grandes montées. Nous décidons donc de repartir directement vers la ville. En arpentant le sol marbré de la longue avenue principale, mon cher et tendre est attiré par des vendeurs de mekike (мекике), sortes d’énormes beignets, que l’on peut déguster salés ou sucrés. En dégustant cette douceur bien grasse qui nous rappelle les croustillons forains, nous nous rendons vers la gare pour prendre des informations sur le bus vers Belgrade. Après cela et les mekike digérés, nous nous mettons en quête d’un nouveau restaurant pour terminer cette journée riche en aventures.
Réveillés avec des muscles douloureux, nous décidons de consacrer notre dernière journée à Sokobanja à son autre attraction principale : ses thermes. Le site est très fréquenté, aussi bien par des familles, des jeunes couples ou des personnes âgées. Nous nous posons d’abord près de son bassin extérieur chauffé, d’où s’échappe une légère odeur de soufre, vu que l’eau est enrichie en minéraux. Les thermes comprennent également deux bassins intérieurs ainsi que tout un espace bien-être avec sauna, hammam et salle de sel. C’est d’ailleurs dans cette dernière salle que nous rencontrons un jeune couple, dont l’homme aime faire la conversation. Il nous demande d’où l’on vient et lorsque je lui réponds « Belgique », il décoche un large sourire et m’explique qu’il adore notre pays, qu’il y est déjà allé plusieurs fois, que nos bières sont excellentes et qu’il se fait d’ailleurs surnommer Duvel. Il nous demande ensuite s’il peut nous conseiller sur sa ville, Belgrade, qui est notre prochaine et dernière destination. Il a l’air de dire que la capitale serbe n’a pas grand intérêt, hormis sa forteresse. Mon cher et tendre profite de sa sympathie pour lui demander si l’on peut trouver des mekike à Belgrade (il a tellement adoré qu’il veut absolument en racheter). Le jeune couple a rigolé et l’homme nous explique qu’ils en ont marre des mekike car ils en consomment depuis leur enfance et que c’est extrêmement courant. Après cette journée de détente, nous repassons par la ville pour acheter un kebab (la Serbie a un grand héritage turc) et profiter une dernière fois du balcon de l’appartement, en mangeant sous l’apaisant bruit des grillons. Nous retournons juste dans le centre de Sokobanja pour un dessert dans un café. Alors que nous dégustions notre glace, je vois un beau Golden Retriever semblant abandonné au beau milieu de l’avenue principale. Je n’en ai pas encore parlé, mais il y a pas mal de chiens et de chats errants en Serbie. Nous n’avons d’ailleurs pas pu résister à leur donner un peu de nos repas lorsqu’ils venaient quémander, le regard plein d’espoir.
La pluie est de retour pour notre dernier jour à Sokobanja. Notre bus partant vers 14h, nous passons alors nos dernières heures à préparer nos valises et à profiter du confort de l’appartement avant de faire un ultime tour en ville, photographiant les anciens bains turcs et l’église orthodoxe qui bordent l’avenue principale. S’il semble plus moderne que notre premier bus vers Sokobanja, le véhicule qui nous amène jusqu’à Belgrade n’a pas de toilette ni de WiFi. Je profite toutefois du soleil qui est enfin revenu derrière la vitre pour contempler les derniers paysages de montagne, puis les petites villes d’Aleksinac (Алексинац) et de Jagodina (Јагодина) que nous traversons avant d’arriver dans la capitale serbe.
Il est 18h quand nous arrivons dans notre dernière destination : Belgrade (Београд). Le calme et le vert de la montagne font place aux bruits et à la pollution de la ville, exacerbée par la chaleur. Après un tram et un bus, nous arrivons enfin à notre hôtel. Nous avions réservé un hébergement sur pilotis le long du Danube, dans un établissement plutôt bien classé et d’allure romantique, que nous pensions situé dans un bon quartier de la capitale (la nouvelle Belgrade). Or, après avoir exploré les environs en quête d’un restaurant, nous nous rendons compte que cette partie de la ville est principalement occupée par de grands centres commerciaux et de hauts buildings sans intérêt. Après le repas, nous rentrons à l’hôtel vers 22h et c’est là que commence une nuit d’enfer. La chambre où nous logions se trouvait juste en face du bar voisin, qui organise des concerts. L’orchestre était à quelques mètres à peine de notre chambre. Nous avions vu que le bar devait fermer vers 2h donc nous essayons d’attendre patiemment que le silence revienne. En vain… Les vocalises de la chanteuse, les coups de batterie et les envolées du clavier électronique n’ont cessé que vers 6h du matin… Nous étions un jeudi soir et la perspective de passer 4 autres nuits dans cette chambre (qui était en plus infestée de moustiques en raison de la proximité de l'eau) nous déchantait. Pour la première fois de notre vie, nous avons donc demandé d’annuler notre séjour, mon cher et tendre étant tellement énervé par le manque de sommeil qu’il a insisté pour être également remboursé de cette nuit cauchemardesque. Nous ne devions pas être les premiers à nous plaindre, le personnel étant totalement compréhensif et acceptant sans problème de nous rembourser. Il est 9h quand nous rejoignons notre nouvel hôtel, cette fois-ci installé dans un quartier calme dans la partie plus historique de Belgrade. Nous devons attendre 2 bonnes heures avant de pouvoir accéder à notre chambre, mais le personnel du nouvel établissement nous permet de laisser nos bagages pour pouvoir nous balader plus facilement en ville. Nous en profitons pour prendre un petit-déjeuner et explorer un peu le quartier avant de retourner à l’hôtel, où nous récupérons enfin de cette nuit blanche. Nous émergeons seulement vers 17h et nous forçons à ressortir pour tenter de retrouver un meilleur rythme. Nous nous dirigeons alors vers le site le plus connu de la capitale serbe : son imposante forteresse. Ses murs et le parc Kalemegdan qui l’entourent débordent d’animations. Le site renferme plusieurs musées, des églises, un observatoire et un zoo. À l’heure où nous le découvrons, il accueille également un festival de street-food, diverses expositions photographiques et le parc est même survolé par plusieurs avions de chasse et hélicoptères de l’armée (un événement devait probablement se préparer, mais nous n'avons jamais su de quoi il s'agissait). Nous restons un long moment à flâner sur ses allées, à observer des joueurs d’échecs et à admirer le coucher de soleil sous les pieds de la statue du Vainqueur (Victor ou Pobednik). Les derniers rayons disparus à l’horizon du confluent entre le Danube et la rivière Save, nous retournons dans le centre-ville, déambulant dans les agréables rues piétonnes et consultant la carte des nombreux restaurants. Un orchestre de rue s’amuse à serpenter entre les passants et les tables des terrasses, les musiciens faisant vibrer leur trompette dans les oreilles des gens. Nous parvenons tout de même à manger de délicieuses spécialités locales plus ou moins au calme, avant de retourner à l’hôtel pour une longue et douce nuit sans musique.
Survol militaire au parc de la forteresse
Le lendemain, nous partons à la découverte du quartier de Vračar, qui rassemble plusieurs églises et musées. En s’approchant de l’église Saint-Marc, nous apercevons de nombreux policiers et remarquons que la rue principale est fermée. Nous voyons d’ailleurs une sorte de début de manifestation religieuse à un carrefour. Nous poursuivons tout de même notre chemin, pensant pouvoir visiter le musée Nikola Tesla, véritable héros national et inventeur de l’électricité(et non pas des voitures électriques qui portent son nom). Hélas, il est lui aussi fermé, tout comme une bonne partie du centre. Dommage, mais nous avons d’autres choses à explorer. Nous nous dirigeons ainsi vers la majestueuse basilique de Saint-Sava, où se rassemblent plusieurs jeunes mariés accompagnés de leurs invités. Nous partons ensuite vers les quais de la Save, abritant le quartier de Belgrade Waterfront, qui est encore en grande partie en construction. Nous entrons dans un centre commercial immense et flambant neuf avant de retourner le long du fleuve. Le quartier est très moderne, plutôt agréable, mais je préfère quand même le charme plus authentique du centre. Je demande d’ailleurs à voir Skardalija, le célèbre quartier bohème de la ville, irrésistiblement romantique sous le manteau de la nuit avec ses lampadaires et les musiciens animant les restaurants. Notre balade nous amène aussi dans une discothèque improvisée en pleine rue et d’autres marchés de nuit. On comprend pourquoi Belgrade est réputée pour sa vie nocturne ! Après une autre excellente pizza et un copieux dessert, nous retournons à l’hôtel vers minuit, les rues de la capitale serbe étant encore très animées.
Discothèque de rue
Pour notre avant-dernier jour à Belgrade, j’avais envie d’en apprendre un peu plus sur le pays. Nous partons donc au musée d’Histoire de la Yougoslavie, qui abrite également le tombeau de Josip Broz Tito, homme d’État communiste yougoslave qui était vénéré par la population. Le musée était un peu trop fouilli à mon goût, les informations partant dans tous les sens, mais il m’a donné une idée de l’histoire complexe de la Serbie et du reste de la Yougoslavie. J’ai par contre aimé le parc qui l’entoure, décoré des nombreuses statues offertes en cadeau au maréchal Tito tout au long de sa vie et même après sa mort. Nous pensions ensuite aller jusqu’au palais royal dans le parc suivant, mais c’était sans compter notre rencontre avec un adorable petit chiot errant… Nous marchions sur le trottoir quand je le vois courir vers nous, remuant la queue et nous regardant avec des yeux pétillants. Comme il fait chaud, je suppose qu’il a soif et nous nous posons un instant pour lui donner à boire. Nous lui donnons aussi quelques snacks que nous avions dans notre sac à dos. Nous pensions le quitter à cet endroit, mais il était tellement en manque de compagnie qu’il nous a suivis pendant une bonne heure…. J’ai plusieurs fois eu peur qu’il se fasse renverser par une voiture car il n’arrêtait pas de traverser la route, se retournant pour s’assurer qu’on le suivait. Craignant de le laisser dans une zone trop dangereuse pour lui, nous dévions de notre chemin pour l’amener dans un parc beaucoup plus grand, avec restaurant, fontaines et de nombreux enfants. C’est là que nous parvenons enfin à le semer, à la fois triste de ne plus le voir à nos côtés mais rassurés de le savoir en lieu plus sûr. Nous reprenons ensuite le bus pour partir cette fois vers Ada Ciganlija (Ада Циганлиjа). Après un snack pris sur la terrasse d’un centre commercial, nous explorons les plages de cette petite île de la rivière Save. L’ambiance est décontractée, comme dans beaucoup d’endroits de Belgrade. Pour notre avant-dernière soirée, nous optons pour les restaurants romantiques du quartier bohème, où un groupe de musiciens interprète les chansons demandées par les hôtes du restaurant, à la manière d’un juke-box vivant. Nous nous trouvons d’ailleurs à côté d’un couple plus âgé, l’homme ayant déjà bien bu et chantant avec les musiciens tout en abordant les passants. Une soirée très folklorique qui nous aura bien plu.
Restaurant musical au quartier bohème
Comme notre vol du retour est prévu à 5h30, nous passons notre dernière journée sur le sol serbe à nous balader dans nos endroits favoris de Belgrade. Nous découvrons le quartier bohème à la lumière du jour, ce qui nous permet d’admirer les grandes fresques ornant ses façades. Nous achetons nos dernières pâtisseries serbes et un café glacé que nous dégustons depuis le parc de la forteresse. Nous errons une dernière fois dans les rues piétonnes de Belgrade, le temps d’admirer la place de la République, puis le bâtiment de l’Assemblée nationale. Nous rentrons ensuite à l’hôtel, préparons nos valises et prenons notre dernier dîner serbe avant de passer une courte nuit. Le réveil sonne à 3h du matin, nous embarquons dans un taxi et nous voilà déjà à l’aéroport Nikola Tesla, décollant sous les premières lueurs du jour, la tête remplie de nouveaux souvenirs.
Avant de clore cette longue carte postale, un petit point sur la nourriture serbe. Comme en Albanie, la gastronomie locale n’est pas vraiment idéale pour les végétariens ou les véganes. La viande est au menu de tous les restaurants et les assiettes sont copieuses. Mieux vaut imiter les Serbes et commander un plat de viande et une salade pour 2, accompagnés de pain (qui est toujours tout frais, parfois encore chaud). La Serbie subissant les influences culinaires de plusieurs pays voisins, vous pourrez heureusement vous tourner vers les pizzas. Elles sont vraiment excellentes, cuites à l’italienne et savoureuses. En cas de petit creux, vous pourrez compter sur les nombreux snacks du pays. Au petit-déjeuner, vous ne passerez pas à côté des bureks et de diverses pâtisseries à base de pâte feuilletée, souvent fourrées de confiture délicieuse. Les Serbes sont également friands de pop-corn (on en vend absolument partout) et de maïs grillé. Ils mangent aussi des glaces à toutes les heures du jour et de la nuit. Quant aux mekike, nous n’en avons au final trouvé qu’à Sokobanja (au grand dam de mon cher et tendre).
Quelques conseils pour ceux qui souhaiteraient découvrir ce pays des Balkans :
Le réseau de téléphonie mobile de la Serbie n’est pas couvert par les opérateurs européens. Veillez donc à bien couper votre 4G une fois que vous débarquez à l’aéroport. Le WiFi est présent dans de nombreux hôtels, centres commerciaux, cafés et restaurants donc vous pourrez tout de même rester connectés.
La monnaie locale de la Serbie est le dinar. Un euro équivaut environ à 117 dinars serbes. Vous pouvez facilement retirer de l’argent ou échanger des euros dans les villes, mais sachez qu’il est possible de payer par carte pratiquement partout.
Une chose qui nous a déplu en Serbie : la cigarette. On peut encore fumer dans les endroits publics, en terrasse des restaurants et même à l’intérieur de certains établissements ! Et les Serbes fument énormément, à tous les âges. Quand nous étions aux thermes avec le couple dans la salle de sel, la jeune femme nous a d’ailleurs demandé si l’on pensait qu’il était autorisé de fumer là (et elle avait l'air sérieuse). Il est même possible de fumer dans certaines chambres d’hôtel. Vous voilà donc prévenus.
Le panneau indique : « Autorisation de fumer » et c’est signé « Ministère de la Santé de la République de Serbie »
J’espère que cette carte postale vous aura permis de voyager un peu. La Serbie est un beau pays qui mérite d’être exploré, alors n’hésitez pas à partir à sa découverte !
Tungjatjeta! Je suis revenue mercredi d’un séjour d’une dizaine de jours en Albanie. Cela faisait longtemps que je n’avais plus voyagé aussi loin et eu la possibilité de découvrir un nouveau pays, une nouvelle culture et une nouvelle langue. Saviez-vous d’ailleurs que l’albanais était l’une des plus anciennes langues indo-européennes ? Moi qui pensais m’appuyer sur mes connaissances du russe, je me suis vite rendu compte que cette langue des Balkans n’avait absolument rien à voir avec les langues slaves. Saviez-vous aussi que c’était l’un des rares pays où vous ne trouverez aucune enseigne McDonald’s ? Ou que son territoire compte pas moins de 170 000 bunkers ? Contrée balkanique dont je ne connaissais pas grand-chose, l’Albanie m’a apporté le dépaysement que j’attendais depuis longtemps. J’avais donc très envie de vous envoyer ma carte postale aujourd’hui.
La Grande Mosquée de Tirana
Fin juin, sachant enfin à quel moment il pouvait prendre congé, mon cher et tendre cherchait désespérément une destination en bord de mer qui ne soit pas trop chère. Le prix des logements était très élevé dans les pays phares de l’été et nous avions eu écho de la hausse des tarifs dans les restaurants et agences diverses proposant des activités (il faut bien que le secteur touristique se remette enfin des années catastrophiques causées par le-virus-dont-on-ne-veut-plus-prononcer-le-nom). J’ai alors suggéré l’Albanie, pays bordé par l’Adriatique que nous n’avions pas encore exploré. Comme beaucoup de touristes, mon cher et tendre avait une certaine appréhension (tapez Albanie sur Google et vous verrez que la première question qui apparaît est « est-il dangereux d'aller en Albanie ? »), mais il a vite été séduit par les prix très attractifs des Airbnb et hôtels sur place, ainsi que par la température de la mer. Nous avons donc acheté nos billets d’avion et nous sommes envolés pour Tirana le 12 août. Pour les premiers jours, nous logeons à l’hôtel Eliza. Situé à environ 2 kilomètres du centre de la capitale, c’est un petit hôtel géré par une famille très sympathique et serviable. Le jeune homme qui nous a accueillis en nous donnant plusieurs explications ainsi que la serveuse souriante du petit-déjeuner le lendemain n’ont été que les tout premiers exemples de la grande gentillesse des Albanais, qui m’aura agréablement surprise tout au long de notre séjour. La capitale albanaise m’a rapidement séduite. Ville à deux vitesses, Tirana est surprenante. Des bâtiments et trottoirs délabrés et aux couleurs délavées côtoient des buildings ultra-modernes. De vieux bus français et allemands passent devant des panneaux solaires, des stations de charge pour voitures électriques et des feux de circulation couverts de LED, tandis que les cireurs de chaussure, vendeurs d’épis de maïs grillé et petits kiosques de rue rivalisent avec des centres commerciaux flambant neufs aux multiples étages. À cela s’ajoutent quelques bunkers, vestiges de la paranoïa d’Enver Hoxha, l’ancien dictateur qui a isolé l’Albanie du reste du monde pendant des décennies.
Ce qui m’a énormément plu à Tirana est la présence de street-art. L’art et des allusions à la pop culture se cachent sur les boîtes électriques et les murs de la ville. Se balader dans ses rues ombragées, bordées de cafés en tout genre animés jusqu’à minuit (je n'ai jamais vu autant de personnes boire de café à toute heure de la journée) était vraiment très agréable. La capitale compte également plusieurs parcs pour s’échapper de la folie de sa circulation, chacun proposant un bel espace de jeux pour les enfants. Nous passons d’ailleurs une bonne partie de notre première journée dans Tirana à nous balader au Parku i Madh, un immense parc situé dans le sud de la ville. Nous y rencontrons plusieurs chiens errants, tous portant un collier et une étiquette à l’oreille. En journée, ils sont souvent abattus par la chaleur écrasante. Nous en croisons d’ailleurs un en plein milieu d’un chemin. À notre approche, il a commencé à remuer la queue et à se mettre sur le dos (difficile de résister à son regard ne demandant qu'un peu d'attention et des caresses 😢). Nous n’avions pas de quoi lui donner à manger, mais nous avons pris le temps de lui donner un peu d’eau à boire. Nous avons terminé la journée aux abords de la place Skanderbeg, où les cloches de l’imposante cathédrale orthodoxe toute proche répondent au chant du muezzin des mosquées de la ville. Pour clôturer ce premier jour en beauté, nous avons voulu tenter un restaurant plus typique et tester des spécialités locales. Cette première expérience culinaire albanaise n’a toutefois pas été un succès… Le serveur avait beaucoup de mal à nous expliquer ce qu’étaient les plats et la carte en anglais ne nous donnait pas plus d’indications. Nous avons donc tenté un plat de poulet grillé avec du jufka (des sortes de pâtes maison albanaises) et un « soil stew » (on a d'abord cru à une erreur de traduction... « soil » signifiant « terre » en anglais...). Résultat, nous avons reçu une assiette de pâtes très sèches recouvertes de fromage râpé extrêmement fort (j'ai moi-même eu du mal a les manger alors que j'adore le fromage, je vous laisse donc imaginer la tête qu'a fait mon cher et tendre dégoûté par le fromage lorsqu'on lui a mis l'assiette sous le nez 🤢) et un ragoût avec de la viande et des morceaux qui avaient littéralement le goût de… terre (je ne sais toujours pas ce que l'on a mangé, mais nous n'avons pas voulu retenter l'expérience 😅). Bref, petite déception sur le plan culinaire, mais déjà un gros coup de cœur pour la capitale albanaise.
Pour notre deuxième jour à Tirana, nous avons pris de la hauteur : direction le mont Dajti ! Après avoir pris le bus L11 (Porcelan) aux abords de Skanderbeg, nous arrivons au Dajti Ekspres. Ce téléphérique vous amène en 15 minutes au sommet (mieux vaut ne pas avoir le vertige car l'ascension est impressionnante). De là, nous avons pu admirer l’ensemble de Tirana, que nous nous sommes empressés de rejoindre pour une dernière soirée avant de partir le lendemain pour la ville côtière de Durrës.
Le lendemain matin, alors que nous pensions prendre le bus pour rejoindre la côte, Liljana, notre hôte Airbnb qui vit à Tirana, nous a gracieusement proposé de nous conduire jusqu’à son appartement à Durrës. Liljana (ou plutôt Lili comme elle préfère qu'on l'appelle) et son mari ont profité du trajet pour nous parler de leur histoire. Ils ont fait partie des milliers d’Albanais qui ont quitté le pays une fois les frontières ouvertes à la chute du régime au début des années 1990. Après 30 ans au Canada, ils sont revenus dans leur pays natal pour retrouver leurs parents âgés. Lili se réjouit de la modernisation de l’Albanie, même si elle déplore que la situation ne soit pas encore optimale pour retenir les jeunes, qui continuent de s’expatrier. Une fois arrivés à Durrës, nous découvrons le charmant appartement face à la plage dans lequel nous allions loger pendant une semaine (je vous mets d'ailleurs le lien ici tellement il nous a plu). Comme mon cher et tendre et moi-même étions exténués par de longs mois de travail sans véritable pause, nous avions choisi de passer des vacances plus relaxantes plutôt que de jouer aux explorateurs comme nous en avons l’habitude. Cette semaine au bord de la mer a donc été principalement faite de baignade dans les eaux chaudes de la mer Adriatique et de bronzage sur les transats. D’ailleurs, il faut savoir que sur cette partie de la côte (je ne peux pas parler des plages plus au sud comme nous n'y sommes pas allés), tout le monde loue des transats et pratiquement personne ne pose sa serviette sur le sable. Les familles s’installent dès les premières heures du matin en attachant leurs affaires au parasol et y restent jusqu’à la fin de l’après-midi. Nous avons fait de même, le prix de la location n’étant qu’à 500 leks (environ 4€) pour toute la journée.
Durant cette semaine de repos, nous avons tout de même marché jusqu’au centre-ville de Durrës pour voir son fameux amphithéâtre et sa belle promenade et avons également fait plusieurs kilomètres à pied pour nous rendre pratiquement à l’autre bout de sa longue plage en forme de croissant, du côté de Golem. C’est durant cette grande balade sur le sable que nous avons compris pourquoi Durrës était surnommée la Miami de l’Albanie. La partie sud de la côte est bordée d’hôtels de luxe avec piscine et plages privées et comprend une immense promenade avec des palmiers. Derrière cette façade plus luxueuse, la partie de Durrës dans laquelle nous logions nous a semblée beaucoup plus pauvre. S’il y a une abondance d’endroits où manger et acheter des souvenirs (et de nombreux objets de contrefaçon), nous y avons aussi croisé un plus grand nombre de mendiants. Cette partie de la ville était également beaucoup plus sale, les poubelles n’étant pas tellement existantes, et les infrastructures assez vétustes. Néanmoins, cela nous a permis de mieux nous plonger dans l’ambiance locale. Notre Airbnb se trouvait sur le bout de plage préféré des locaux. Nous avons ainsi pu voir défiler les différents marchands ambulants vendant crèmes solaires, fruits divers et petulla (sortes de beignets salés servis avec de la sauce au chocolat, à la fraise ou avec du fromage). Nous nous sommes aussi mêlés aux locaux qui allaient chercher leurs bureks (sorte de pâtisserie salée) et pâtisseries à la boulangerie et s’y attablaient pour les déguster avec un verre de lait ou d’ayran (sorte de yaourt salé). Le soir, les Albanais aimaient se réunir en famille. Nous avons d’ailleurs pu voir plusieurs fois des danses improvisées entre diverses générations au beau milieu des restaurants. C’est également à Durrës que nous avons connu notre première véritable expérience culinaire albanaise réussie grâce à une serveuse très sympathique qui parlait bien anglais et qui a pu nous expliquer les diverses spécialités (cela nous a réconciliés avec la cuisine albanaise depuis notre première mauvaise expérience à Tirana 😅).
Danses improvisées dans les restaurants de Durrës
Après une semaine à apprécier le coucher de soleil sur la plage et à nous endormir au bruit des vagues dans notre Airbnb de Durrës, nous sommes retournés à Tirana le dimanche 21 août pour passer nos 3 derniers jours en Albanie. Lili nous a à nouveau proposé de faire la route avec elle et son mari comme ils retournaient sur Tirana quelques heures plus tard, mais nous n’avons pas voulu abuser de leur générosité et avons fait le trajet en bus. Il n’y avait dans tous les cas qu’une heure de route entre les deux villes et le prix du billet ne coûtait que 180 leks (1,50€ environ). Tirana nous a accueillis à nouveau sous une pluie d’orage, mais nous étions ravis de retrouver son ambiance incomparable. Elle nous a encore réservé de belles surprises pour les derniers jours de notre voyage. Contrairement à notre premier séjour, nous avons choisi de loger dans un Airbnb plus proche du centre. Mon cher et tendre avait trouvé une carte des bus sur le site officiel de la ville et pensait pouvoir repérer facilement l’arrêt pour que nous puissions rejoindre notre Airbnb. Or, il faut savoir qu’en Albanie, il n’y a pas toujours de panneau indiquant les arrêts de bus… En l’occurrence, celui que nous cherchions n’en avait absolument pas. Nous avons heureusement pu compter sur la gentillesse des habitants pour trouver notre chemin. Un homme a vu que nous cherchions quelque chose et nous a indiqué l’endroit, tandis que la jeune fille qui attendait à cet arrêt de bus invisible nous a indiqué naturellement où descendre pour rejoindre notre Airbnb. Une fois nos affaires posées, nous repartons à la découverte de Tirana. Après une semaine de repos, nous avions envie d’en apprendre davantage sur le pays et avons donc décidé de visiter Bunk’art 2, un musée établi dans un ancien bunker relatant l’histoire de la police albanaise et les horreurs commises sous le régime d’Enver Hoxha. Après cette plongée dans l’histoire, nous terminons la soirée en dégustant une pizza au cœur du Parku Rinia, un joli espace vert avec fontaines. En nous dirigeant vers le parc, nous passons sur la première fois sur Pedonalja, une jolie rue piétonne à l’ambiance romantique. À nouveau, Tirana nous étonne par sa facilité à créer des ambiances décontractées.
Lundi, nous commençons notre journée par la visite de Bunk’art 1. Cet impressionnant bunker datant de la guerre froide abrite un intéressant musée sur l’histoire moderne de l’Albanie, ce qui nous a permis de comprendre comment Enver Hoxha a réussi à prendre la tête du pays et d’où vient son obsession pour les bunkers. Le reste de la journée est une véritable aventure…
Mon cher et tendre voulait faire un petit trek jusqu’au lac de Bovilla, situé à une vingtaine de kilomètres de Tirana. Sur la carte des transports qu’il avait trouvée sur le site officiel de la ville, il avait vu qu’il existait une ligne de bus pour aller jusqu’à un petit village à 5 kilomètres du lac à proprement parler. Nous allons jusqu’au terminal de bus et commençons à nous renseigner, sauf que personne n’a entendu parler de ce bus… On demande à plusieurs personnes et un homme nous fait monter dans un bus en expliquant au contrôleur où nous voulions aller. Sauf que ce bus allait dans la direction inverse et nous ramenait vers le centre de Tirana. Je commence alors à demander aux autres passagers du bus s’ils savent comment s’y rendre et nous voilà avec cinq Albanais qui cherchent à nous aider. Malheureusement, ils ne parlent pas très bien anglais et ne sont pas d’accord sur la direction à prendre (le contrôleur veut que l’on prenne un taxi car ce serait plus facile, les autres disent que ça coûterait trop cher). C’est alors qu’une jeune femme monte dans le bus et voit notre détresse. Parlant parfaitement anglais, elle me demande directement si elle peut nous aider et commence à interpréter les indications du contrôleur et des autres passagers. Comme nous devions changer de bus, elle nous propose gentiment de nous accompagner jusqu’au nouvel arrêt pour pouvoir expliquer elle-même au contrôleur de notre prochain bus que nous voulons sortir le plus près possible du lac. Vu sa grande gentillesse, nous lui faisons la conversation et apprenons qu’elle a étudié en Belgique. Elle compte d’ailleurs retourner en Europe pour poursuivre ses études et trouver du travail dans son domaine, la biologie moléculaire. Elle nous quitte à l’arrêt suivant, après avoir expliqué au contrôleur où nous voulions aller et lui demander de nous indiquer où sortir. C’est là qu’on apprend qu’il existe un minibus qui peut aller jusqu’au village voisin du lac. Bien qu’il ne parle pas anglais, le contrôleur nous indique bien où sortir et où trouver ce fameux minibus. Après plus d’1h30 de trajet à travers Tirana pour trouver le bon moyen de transport, nous voilà enfin à bord de ce petit fourgon blanc, qui nous dépose à 7 kilomètres du lac. On était préparé à faire la montée à pied (la route jusqu'au lac est extrêmement mauvaise donc peu de taxis acceptent de faire le trajet), mais nous avons à nouveau pu compter sur la bienveillance des Albanais. Nous n’avions même pas fait un kilomètre qu’un chauffeur de camion s’arrête et nous demande si nous voulons aller au lac Bovilla. Le chantier qu’il doit rejoindre se trouve sur la route, à moins de 2 kilomètres sous le lac. Nous acceptons volontiers et nous voilà à parcourir la route sinueuse et très chaotique du canyon de Bovilla. Le chauffeur de camion ne parlait malheureusement pas anglais, mais on a pu échanger quelques mots et sourires. Grâce à lui, nous avons économisé une bonne heure et demie de marche. Il était déjà 15h30 quand nous descendons de son camion et commençons l’ascension. À peine arrivés au pied du lac que l’on entend l’orage gronder au loin. Nous voulions toutefois grimper jusqu’à une plateforme située un kilomètre plus haut pour admirer le panorama. La montée est ardue et nous sommes littéralement en nage une fois arrivés au restaurant situé au pied de la plateforme. Après avoir repris notre souffle, nous parcourons les derniers mètres pratiquement en escaladant et pouvons enfin contempler le paysage. La vue est magnifique, surtout avec le ciel dramatique qui contraste encore plus avec les montagnes.
Le ciel devient toutefois de plus en plus menaçant et les nuages noirs sont pratiquement au-dessus de nous quand nous redescendons vers le restaurant. Nous aurions pu choisir de rester sur place et d’attendre que l’orage passe, mais il est déjà 18h et le chauffeur du minibus nous avait dit que le dernier trajet était prévu à 21h. Comme nous avons 7 kilomètres à faire pour redescendre jusqu’au village, nous décidons de vite reprendre la route. J’ai alors vécu l’une des expériences les plus effrayantes de ma vie. Moi qui ai toujours eu peur de l’orage, je me suis retrouvée sous une pluie battante, des éclairs et un tonnerre qui résonnait encore plus fort au cœur des montagnes. Comme nous étions trempés jusqu’aux os et que la pluie et le tonnerre continuaient de s’abattre, nous sommes entrés dans ce qui semblait être un ancien refuge au bord du lac. Pour tenter de nous sécher un peu, nous avons attendu 30 minutes à regarder les torrents formés par la pluie s’écoulant sur la route. L’orage enfin passé, la pluie et le tonnerre ont fait place au soleil et à deux arcs-en-ciel. Après cette aventure palpitante, nous avons pu reprendre notre chemin dans le canyon sous un ciel plus radieux, nous laissant apprécier les paysages majestueux qui nous entouraient. Nous terminons le chemin dans un décor plus rural, avec l’aboiement des chiens et le bruit des oiseaux, sous les couleurs du soleil couchant. En passant devant une ferme, une petite fille nous fait signe et court vers nous pour nous offrir une grappe de raisins (je n'exagère pas quand je dis que les Albanais sont extrêmement gentils...). À 20h, nous arrivons enfin devant l’arrêt du minibus, que nous avons vu partir sous nos yeux quelques minutes plus tôt. Nous ne devons heureusement attendre que 20 minutes avant de pouvoir nous installer dans le suivant. Enfin rentrés à Tirana, nous nous dépêchons de prendre une douche bien chaude avant d’aller manger dans l’un des restaurants situés dans l’ancien château de la capitale (Kalaja e Tiranës). L’endroit est plus chic et coûteux que les petits restaurants en ville, mais un peu de confort après cette longue journée nous a fait le plus grand bien.
Après une bonne nuit de sommeil réparatrice, nous voilà déjà à notre dernière journée complète en Albanie. Pour voir un peu plus du pays, nous décidons de prendre le bus pour Kruja, une petite ville montagneuse réputée pour son château. Pour vous y rendre, vous trouverez des minibus au terminal de Tirana pour 150 leks (environ 1€). Le trajet dure 55 minutes. Ancienne capitale d’Albanie, Kruja a été reprise aux mains des Ottomans par le héros national, Skanderbeg, dont la statue trône également sur la place principale de Tirana. Kruja est également connue pour son bazar, débordant de tapis, de sacs, de bijoux et d’autres souvenirs. La ville est toutefois un peu trop touristique à notre goût et nous n’y restons que 2 heures, le temps d’admirer les vues depuis le château, de déambuler dans le bazar et de nous amuser avec un petit chiot errant.
De retour à Tirana en fin de journée, nous décidons de faire une dernière balade au Parku i Madh au sud de la ville avant de nous rendre dans un autre restaurant chic de Kalaja e Tiranës, où nous dégustons un menu surprise constitué de diverses spécialités albanaises. Une dernière balade dans la capitale pour rentrer dans notre Airbnb et nous voilà déjà forcés de boucler nos valises.
Quelquesconseils
L’Albanie n’est pas couverte par les réseaux mobiles européens. Si vous voulez recevoir vos appels et utiliser vos données, il faut donc acheter une carte Sim albanaise ou vous forcez à vous couper de vos réseaux pour profiter au maximum de la découverte !
Google Maps ne fonctionne pas vraiment en Albanie, d’où la difficulté d’utiliser les transports en commun. Mon cher et tendre a utilisé la carte d’un site officiel albanais mais plusieurs habitants nous ont dit qu’elle n’était pas fiable… Bref, comptez sur les habitants pour vous aider 😊
Si le lek est la devise locale, les Albanais acceptent les euros pour les sommes plus importantes. J’ai ainsi pu payer l’hôtel, le téléphérique et certains restaurants en euros. Les cartes bancaires sont peu acceptées ou entraînent des frais importants. Vous pouvez toutefois compter sur les nombreux bureaux de change, qui proposent un taux tout à fait correct (en tout cas, on ne s'est pas fait arnaquer une seule fois contrairement à d'autres destinations...).
L’eau n’est pas potable en Albanie. Vous devrez donc acheter régulièrement des bouteilles d’eau (comptez entre 60 et 80 leks, soit autour de 0,50€ pour 1,5l). Vu la chaleur, une gourde isotherme peut s’avérer très utile.
Un billet combiné existe pour les musées Bunk’art 1 et Bunk’art 2. Il coûte 800 leks (environ 6,50€) et est valable pendant 3 jours. Notez aussi qu’il est très facile de combiner la visite de Bunk’art 1 avec la montée en téléphérique jusqu’au mont Dajti puisque ces deux attractions se trouvent sur la même ligne de bus (L11 – Porcelan).
Un trajet dans un bus urbain coûte 40 leks (environ 0,30€). Pensez à toujours avoir des petites coupures sur vous (un billet de 200 leks, ou une pièce de 100 leks) pour payer le contrôleur.
Le taxi depuis le centre de Tirana jusqu’à l’aéroport coûte 2000 leks (17€). À notre arrivée à l’aéroport, nous avons pris le bus, que nous avons pu payer en euros (4€ par personne).
S’il n’y a pas de Macdo en Albanie, vous trouverez d’excellents burgers à Lykos, petite chaîne de fast-food locale. Si vous êtes plutôt café, délaissez Starbucks (qui ne semble pas non plus exister en Albanie) et testez les boissons caféinées de Mon Chéri ! En parlant de nourriture, il est bon de savoir que le régime albanais ne convient pas vraiment aux végétariens et encore moins aux véganes. Hormis les pizzas et les pâtes, les Albanais sont de grands friands de grillades de viande. En ce qui concerne le petit-déjeuner dans les hôtels, il se compose généralement d’une omelette, d’un plat de tomates et de concombres (les tomates albanaises sont d'ailleurs délicieuses 😋), d’un type de fromage ressemblant à la feta et de pain.
L’Albanie m’aura laissé un très beau souvenir, non seulement par sa capitale véritablement fascinante (j'aurais encore pu l'explorer longtemps) mais aussi par la gentillesse de ses habitants. À aucun moment, nous n’avons eu peur de nous faire voler quelque chose ou de nous faire arnaquer. Tirana est une capitale vraiment très sûre. Ses habitants sont toujours prêts à aider ou à vous conseiller sur les choses à voir dans leur pays. Le personnel de l’hôtel Eliza, la petite dame toute souriante du kiosque où l’on a acheté notre première bouteille d’eau, les contrôleurs de bus qui nous ont guidés sans qu’on leur demande quoi que ce soit, notre hôte Airbnb Lili, le chauffeur de camion qui nous a conduits sur la route du lac de Bovilla, la jeune étudiante en biologie moléculaire qui nous a accompagnés jusqu’au bus suivant… chacune de ces personne ont été de belles rencontres. Longtemps coupés du monde, ils nous ont juste semblés heureux de voir que l’on s’intéresse à leur histoire, à leur culture et à leur territoire. Je ne peux donc que vous recommander d’explorer cette jolie contrée des Balkans. En ce qui me concerne, je pense retourner en Albanie pour découvrir ses magnifiques plages du sud, explorer Berat et m’aventurer davantage dans ses montagnes. Peut-être y aura-t-il donc une autre carte postale albanaise dans quelques années !
« Goeiedag ! » Le mois de mai a débuté par un petit city-trip à Amsterdam au moment de la floraison des tulipes. Je me devais donc de vous écrire une petite carte postale 🙂
Mon cher et tendre et moi-même avions déjà exploré la Venise du Nord néerlandaise en 2009 (je vous laisse faire le calcul, mais ça ne nous rajeunit pas 🙃). Nous l’avions toutefois visitée en plein hiver, nous promettant de revenir admirer ses canaux sous de meilleures températures. Nous avons donc profité de faire un trajet jusque Londres depuis Düsseldorf pour passer par la capitale des Pays-Bas avant de prendre notre ferry à Rotterdam pour rejoindre le Royaume-Uni (j'espère que vous suivez toujours 😅). Le week-end était ensoleillé et, surtout, c’était le bon moment pour profiter de la saison des tulipes.
Après un nettoyage de printemps, le bouclage des valises et la préparation de notre monture à deux roues, nous voilà donc partis pour un trajet de 2 heures jusqu’à Amsterdam. Le prix des hôtels étant particulièrement élevé ce week-end du 1er mai, nous avons posé nos bagages dans un établissement proche de l’aéroport, à environ 20 minutes du centre-ville. C’est uniquement vers le début de soirée que nous nous sommes rendus au cœur d’Amsterdam. La première chose qui nous a frappés, c’est le monde… Contrairement à notre toute première escapade dans la capitale néerlandaise, les rues du quartier rouge et les ponts des canaux sont bondés. On est même un peu choqué de voir des familles avec de très jeunes enfants se balader du côté des vitrines… (pas tant pour les corps dénudés des filles de joie, mais plutôt pour le comportement des nombreux jeunes hommes ivres venus fêter leur enterrement de vie de garçons dans la ville de tous les péchés). Bref, ce n’est pas vraiment le samedi soir que l’on peut apprécier le charme des canaux 😅. Nous ne restons d’ailleurs pas tard dans le centre-ville et rentrons nous coucher de bonne heure afin de pouvoir explorer davantage le lendemain.
Le soleil est au rendez-vous à notre réveil. Après le petit-déjeuner, nous partons pour Zaanse Schans, un petit village à 15 minutes de route du centre d’Amsterdam. Il est connu pour ses maisons en bois et ses moulins à vent colorés dont les ailes tournoient au bord d’un cours d’eau. Ces bâtiments du XVIIe siècle proviennent des villages alentour et ont été entièrement démontés puis reconstruits à cet endroit pour en faire un site touristique. Si l’entrée dans ce musée en plein air est gratuite, il est possible d’entrer dans certains moulins contre quelques euros. Vu le monde, mon cher et tendre et moi-même préférons toutefois nous balader à travers le village et profiter du paysage. Je me suis juste accordé une visite dans la fromagerie du village pour m’offrir une petite dégustation (au grand dam de mon cher et tendre, qui part en courant à la moindre odeur de fromage).
Une fois la visite terminée, nous remontons sur notre fidèle moto pour rejoindre à nouveau le centre d’Amsterdam. Cette fois-ci, nous commençons notre balade du côté du Vondelpark. Les pelouses du plus grand parc de la capitale néerlandaise sont bien fréquentées, le soleil étant de la partie et le thermomètre frôlant les 20°C. Après cette promenade au vert, nous flânons dans le quartier des Negen Straatjes, appréciant les canaux dans une ambiance beaucoup plus paisible et agréable que la veille. Nous poursuivons nos pérégrinations dans le quartier du Jordaan puis repassons par le quartier rouge, beaucoup plus calme en ce dimanche après-midi. Nous faisons également un tour du côté du Bloemenmarkt, le marché aux fleurs (même si elles étaient plutôt vendues en graines ou en bulbes), avant de nous diriger vers la Bourse, la Oude Kerke et enfin le Damrak. Nous terminons la balade en début de soirée, retournant tranquillement jusqu’à notre monture pour nous coucher à nouveau de bonne heure.
La visite que j’attendais le plus a eu lieu le dernier jour. Depuis l’arrivée du printemps, je rêve de balades au milieu des fleurs. Je ne pouvais donc pas aller à Amsterdam sans passer par Keukenhof. Établi sur 32 hectares, ce magnifique parc printanier vous embarque dans un décor multicolore et parfumé. La vue des parterres de tulipes et autres fleurs de saison de toutes les couleurs m’a émerveillée. Certes, la visite coûte un peu (comptez 18,50€/personne et 6€ de parking, sauf si vous êtes en moto ou à vélo 😁), mais le parc est tellement beau que cela mérite bien ce prix. D’autant plus qu’il n’est ouvert que 6 ou 7 semaines par an. Comme nous y sommes allés un lundi matin, les allées n’étaient pas trop fréquentées et la lumière était parfaite pour photographier les tulipes. Mon seul regret est qu’il était déjà un peu trop tard pour voir les champs de tulipes se trouvant juste à côté du parc, la récolte ayant déjà commencé. J’en garde toutefois un merveilleux souvenir et vous recommande la visite (mais dépêchez-vous car il ferme à partir du 15 mai). Voici une « petite » sélection de photos 😅.
C’est sur ces images de fleurs colorées que notre city-trip à Amsterdam s’est terminé et que ma carte postale s’achève également. En espérant vous embarquer dans une nouvelle destination prochainement, je vous dis « Tot ziens! ».
Plus d’un an s’est écoulé depuis ma dernière carte postale, qui parlait d’un voyage effectué en août 2019. Il faut dire que depuis la pandémie, hormis une semaine en Cornouailles et une autre en Bretagne, mon cher et tendre et moi-même n’avons pas vraiment voyagé. Mais voyant enfin les beaux jours revenir et durer non seulement la semaine, mais aussi le week-end (je ne compte plus les week-ends où nos plans sont tombés à l'eau à cause de la pluie ou se sont envolés à cause du vent), la tentation était trop forte. Comme mon cher et tendre est pour le moment à Düsseldorf pour le boulot, nous avons profité du soleil et de l’assouplissement des mesures Covid en Allemagne pour ressortir notre fidèle monture à deux roues et nous offrir le week-end dernier un city-trip à Francfort (comprenez Francfort-sur-le-Main en Allemagne, et non Francfort-sur-l'Oder en France). Voici donc une petite carte postale pour vous faire un peu voyager à l’approche du printemps.
La rivière du Main et la ligne d’horizon de Frankurt am Main
Nous sommes partis samedi matin, sous un ciel bleu sans nuage, sur les routes de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie et de la Rhénanie-Palatinat pour arriver 2h30 plus tard à Frankfurt am Main, dans le land de la Hesse. Comme cela faisait bien (trop) longtemps que l’on ne s’était plus accordé de sortie, on a quitté nos habitudes de baroudeurs pour poser nos valises dans un établissement un peu plus chic, le Flemings Frankfurt Main Riverside. La chambre était très cosy, la localisation idéale pour explorer le centre à pied et, petit plus que l’on voulait s’offrir, l’hôtel disposait d’un mini spa avec sauna et hammam, inclus dans le prix de la chambre.
Une fois nos casques et équipements de moto déposés dans la chambre, nous voilà partis à la découverte de la ville. Notre balade a commencé à deux pas de l’hôtel, juste au bord de la rivière du Main. Le soleil brille si fort que l’on sort nos lunettes de soleil et nous mêlons aux nombreux promeneurs venus se balader le long de l’eau. Un peu plus loin, nous montons les marches de l’Eiserner Steg (pont de fer), une passerelle très fréquentée où les amoureux ont l’habitude de cadenasser leur amour. Après avoir admiré la vue sur la City avec ses grands gratte-ciels dont les immenses vitres reflétaient la lumière du soleil, nous sommes entrés dans le Bankenviertel (quartier des banques). Si vous ne le saviez pas, Francfort-sur-le-Main est surnommée la ville des banques car elle compte les sièges des quatre plus grandes banques allemandes, mais aussi la Banque centrale européenne et la Bourse de Francfort.
En se baladant au milieu de ces hauts buildings, j’ai eu l’impression de me retrouver au cœur de la City à Londres. D’autres lui trouvent des airs de New-York, les Allemands l’appelant d’ailleurs Mainhattan. Loin d’être gris et triste, le quartier renferme plusieurs parcs, ajoutant des coins de verdure un peu partout, une caractéristique très appréciable des villes allemandes que j’ai pu explorer.
Nous avons poursuivi notre chemin en passant devant le très bel Alte Oper (le vieil opéra), où Carl Off a pu donner les premières de ses Carmina Burana. Bon, en réalité, le bâtiment qu’a connu Carl n’est plus celui d’aujourd’hui, l’ancien opéra ayant été pratiquement détruit à cause des bombardements de la Seconde Guerre mondiale, comme une grande partie de la ville de Francfort-sur-le-Main d’ailleurs. Cela dit, il reste un très bel endroit pour se promener.
Alte Oper
Notre balade nous a emmenés jusqu’à l’université Johann Wolfgang Goethe, l’une des plus grandes d’Allemagne. Ses bâtiments se trouvent juste à côté des jardins botaniques, ce qui nous a permis de flâner un peu parmi les plantes, certes pas en pleine floraison, mais ajoutant par-ci, par-là des touches de couleurs grâce aux jonquilles et aux crocus. Il y avait également une jolie église orthodoxe grecque et la vue sur l’Europaturm (tour d’Europe), la tour de télévision de Francfort.
Après un petit tour dans les jardins, nous sommes retournés vers le centre, notre ventre commençant à crier famine. On parcourt alors les rues commerciales de Francfort, dont la Zeil. C’est là qu’on se rend compte de la richesse de la ville. On ne compte plus les boutiques de luxe. D’ailleurs, on s’étonne même de voir une file d’attente devant une boutique Louis Vuitton ! Enfin, en soi, ce n’est pas très étonnant. Francfort-sur-le-Main est la ville la plus riche d’Allemagne (avec un PIB par habitant de 85 300€).
On finit par se rendre dans les petites rues autour de la charmante place Römerberg, que l’on décide de retourner voir le lendemain en plein jour pour mieux profiter des couleurs de ses façades. Nous nous posons ensuite à Haus Wertheym, le plus vieux restaurant historique de Francfort, la demeure ayant été épargnée par les bombardements. Ça valait surtout la peine pour le décor (bien chargé), mais les plats étaient bons (notez toutefois que vous devrez payer en liquide si vous y aller). On a ensuite terminé la soirée au hammam/sauna de l’hôtel avant de passer une bonne nuit.
Le lendemain, après un petit-déjeuner titanesque (le buffet du Flemings Hotel était exceptionnel), nous sommes retournés sur la place Römerberg, connue pour son hôtel de ville et ses maisons à colombages. Comme l’opéra, ces bâtiments ont été reconstruits à l’identique après la guerre, créant un petit quartier médiéval qui invite à la flânerie. On s’est également approché de la Kaiserdom, la collégiale Saint-Barthélémy qui tente de rivaliser avec les gratte-ciels avec sa tour gothique rouge de 95 m. Nous avons traversé l’Eiserner Steg pour une dernière balade sur l’autre rive de la rivière Main avant d’enfourcher notre monture pour rentrer à Düsseldorf.
Comme le ciel était toujours bleu et qu’il n’était que 14h, nous décidons de faire un mini détour par Koblenz (Coblence) sur la route du retour. Cette ville est surtout connue pour sa localisation, au confluent du Rhin et de la Moselle. Nous commençons donc notre mini tour le long du Rhin, pour rejoindre le Deutsche Eck, le promontoire depuis lequel on peut voir les deux cours d’eau se réunir. On passe également devant le bâtiment du gouvernement de Prusse, la basilique Saint-Castor et le téléphérique qui permet de monter jusqu’à la forteresse d’Ehrenbreitstein, de l’autre côté du Rhin.
Nous poursuivons notre balade le long de la Moselle, profitant des derniers rayons de soleil avant d’entrer dans le labyrinthe de la vieille-ville. Les façades colorées, les églises et les diverses statues du centre animent notre promenade. Nous ne voulons toutefois pas trop tarder, ayant encore un peu plus d’1h30 de route et souhaitant éviter de rouler de nuit, lorsque la température chutera.
C’est donc vers 17h que nous reprenons la route et mettons fin à notre petite escapade allemande. Espérons que les beaux jours continuent pour que je puisse vous écrire une nouvelle carte postale bientôt 🙂
Il y a quelques années déjà, j’avais écrit un billet sur les lieux où je trouvais plus facilement l’inspiration et j’avais consacré un paragraphe au train. Comme mon cher et tendre est un pigeon voyageur, j’ai fait plusieurs fois de longs voyages et le train reste ma préférence. J’aime bien ces moments suspendus dans le temps, où je peux plonger dans un bon bouquin ou me laisser aller à mes rêveries en regardant le paysage défiler. Malheureusement, quand le devoir m’appelle, je n’ai pas d’autre choix que de passer ces périples à travailler pour rendre un projet dans les délais. Ça a été le cas cette semaine et j’avais du coup envie de donner 2-3 conseils.
La première chose à faire quand on doit travailler dans le train, c’est de trouver la meilleure place, à savoir celle qui dispose d’une table ou un coin plus tranquille où vous pourrez utiliser votre ordinateur confortablement sans déranger personne. Bien sûr, ça ne remplace jamais le confort de mon super bureau, mais ça fait l’affaire le temps du voyage. Si, comme la mienne, la batterie de votre PC n’est plus assez endurante, il est aussi indispensable de trouver un endroit avec une prise de courant. Heureusement, les trains plus récents commencent à installer des prises un peu partout, mais pour ceux qui connaissent les vieux trains de la SNCB (ceux des années 1990 qui ressemblent à ça, pas les ancêtres aux portes en accordéon comme celui-ci), sachez qu’il y a généralement une prise aux extrémités des wagons, juste au-dessus de votre tête. Sinon, pensez à changer votre batterie (ce que je compte faire…) ou à vous acheter une batterie externe pour ordinateur (autre achat que je compte réaliser prochainement).
La deuxième chose à faire est de s’assurer d’avoir une bonne connexion. Certains trains, comme ceux de la Deutsche Bahn (j'ai une fois fait un bond dans le temps entre deux quais en descendant d'un ICE très moderne pour monter à bord d'un omnibus à Liège-Guillemins, le choc a été rude 😅), offrent le Wifi à bord. Cela dit, comme je travaille parfois sur des documents plus sensibles, je préfère utiliser mon téléphone comme point d’accès mobile.
La dernière chose à faire est de coiffer un casque antibruit, votre meilleure arme contre les pleurs de bébé, la musique des adolescents et les personnes qui font des appels téléphoniques interminables en parlant fort et en mettant le haut-parleur (ce qui est encore pire quand il s'agit d'une personne étrangère et que ton esprit de linguiste ne peut s'empêcher d'essayer de comprendre la conversation). Bref, si vous voyagez souvent, le casque antibruit deviendra vite un accessoire indispensable. Je n’en ai pas eu besoin pour mon dernier voyage car j’ai eu la chance de tomber à chaque fois dans des wagons pratiquement vides (oh, bonheur, surtout pour une hypocondriaque en pleine pandémie 😄). Il faut dire que j’ai évité les heures de pointe, autre conseil qui tombe sous le sens si vous voulez travailler tranquillement dans le train. Notez que le vendredi soir et le dimanche soir sont également à fuir si vous ne voulez pas jouer des coudes avec les étudiants qui cherchent tant bien que mal à caser leur grosse valise en faisant le trajet entre la maison et leur kot ou vice-versa (j'en ai fait partie il fut un temps…).
Vous pourrez alors profiter de ce moment suspendu dans le temps pour répondre à vos mails, boucler votre rédaction ou commencer votre traduction et ne prendre aucun retard sur vos projets. Quand les trains sont à l’heure, que vous ne ratez aucune correspondance et que les wagons sont quasi vides, c’est un pur bonheur. En tout cas, j’ai vécu un voyage sans heurt cette semaine et j’ai pu bosser durant mes 4 heures de train sans problème, ce qui est assez rare pour que ça fasse l’objet d’un petit billet (de train 😁).
Comme le boulot a repris en force depuis janvier, je n’ai pas pris le temps d’écrire de nouveaux billets ces deux dernières semaines, mais j’ai retrouvé une ancienne «carte postale» qui traînait dans mes brouillons depuis l’an dernier et qui m’a replongée dans mes souvenirs de voyage. Je pense qu’on a tous besoin d’un peu d’évasion en ce moment, alors bonne lecture !
Il y a des villes qui nous attirent irrésistiblement sans savoir exactement pourquoi. C’est le cas de Séville pour moi. Cela faisait des années que je rêvais de découvrir cette superbe ville d’Andalousie et j’ai profité de mes vacances (en août 2019) dans l’Algarve, région du sud du Portugal, pour la découvrir. Après avoir posé nos bagages dans notre petit hôtel installé dans une ancienne maison andalouse, nous voilà partis pour une petite balade nocturne à travers les ruelles étroites débouchant sur de grandes avenues ou places parsemées de terrasses où se rassemblent les Espagnols autour de tapas et de pichets de sangria, tradition à laquelle nous n’avons bien sûr pas échappé. C’est toutefois le lendemain, après un petit-déjeuner typique composé de churros et de chocolate caliente que j’ai vraiment pu me plonger dans le splendide décor de Séville.
Dans les rues de Séville
Sous le Metropol Parasol ou la Setas de Sevilla
Churros y chocolate caliente
Jardines de Murillo
Séville, c’est l’Espagne comme j’en ai toujours rêvé : de superbes bâtiments où se mêlent influences orientales et espagnoles, des danseuses de flamenco secouant leurs jupons colorés au rythme des castagnettes et le soleil qui fait brûler les mosaïques ornant les façades. La ville étant assez petite (et mon cher et tendre et moi-même étant de bons marcheurs), nous avons fait le tour des principaux bâtiments sur une journée. Notre première étape a été la fabuleuse Plaza de España, qui est pour moi l’une des plus belles (si pas, la plus belle) places du monde. Construite en 1928 pour l’expo ibéro-américaine ayant lieu un an plus tard, la place d’Espagne de Séville est un superbe monument de style arabo-mauresque andalou, que les fans absolus de Star Wars reconnaîtront facilement. Tout autour de la place, bordée par un petit canal surplombé de ponts couverts de céramique, l’art traditionnel andalou, vous trouverez des panneaux aux noms des grandes villes du royaume d’Espagne, toutes merveilleusement représentées par des tableaux en céramique. Bref, je pourrais parler des heures de cette place en essayant de la décrire, rien ne vaut une visite de cet endroit résolument romantique et absolument sublime !
Plaza de España
Plaza de España
Plaza de España
Plaza de España
Après avoir flâné dans les petites rues du centre historique et traversé les nombreux parcs de la ville, nous avons admiré les façades de l’imposante cathédrale avant de terminer notre visite par l’incontournable Real Alcázar. Plus vieux palais royal encore fonctionnel d’Europe, l’Alcázar est un bijou de l’architecture mauresque andalouse. J’aurais pu passer des heures à photographier les détails de ses plafonds, murs et sols décorés de carreaux de céramique et ses jolis patios.
Real Alcázar
Real Alcázar
Après cette longue balade sous la chaleur parfois écrasante de Séville, nous avons terminé notre première journée par une paella et des tapas (pour changer…). Sur les conseils d’une connaissance ayant passé toute sa vie à Séville, nous nous sommes dirigés vers la calle Mateos Gago, petite rue aux abords de la cathédrale qui déborde de bars.
La cathédrale de Séville
Tapas
Sevilla by night
Sevilla by night
Le lendemain, nous avons pu flâner à Séville et explorer les derniers coins plus éloignés puis retrouver nos lieux favoris. Nous avons ainsi fait un tour dans le quartier de Triana, qui ne vaut selon moi le détour que pour la vue sur la ville de l’autre côté du fleuve Guadalquivir, puis nous avons flâné dans le parc Maria Luisa avant d’assister au coucher de soleil et à l’illumination de la place d’Espagne, encore plus féerique à la tombée du jour. C’est d’ailleurs avec un petit pincement au cœur que j’ai quitté Séville, belle andalouse qui m’aura autant plu par ses apparences que par la douceur de vivre qui y règne.
Torre del Oro vue depuis le quartier de Triana
La Setas de Sevilla
Parque de María Luisa
Plaza de España
¡Hasta luego Sevilla!
Une bonne astuce pour éviter la file de l’Alcázar est d’y aller en fin d’après-midi. La file d’attente est alors beaucoup moins longue et il y a moins de visiteurs à l’intérieur. C’était tout du moins notre cas fin août, à voir si c’est la même chose plus tôt dans la saison touristique.
Autre bon plan : depuis Faro, vous pouvez trouver des bus de 2h30-3h pour Séville. Pensez juste à réserver en ligne (bus Alsa) et à prendre un aller-retour pour bénéficier des meilleurs prix.
Zdraveyitye / Buna ziua ! Cet été, j’ai eu la chance d’être invitée au mariage d’une de mes cousines à… Bucarest (et non Budapest), en Roumanie. Vadrouilleurs dans l’âme, mon cher et tendre et moi-même en avons profité pour explorer cette région que nous n’avions pas encore visitée et avons donc passé une dizaine de jours sur la côte de la mer Noire avant de rejoindre la capitale roumaine.
C’est ainsi que nous partons le 14 juillet pour Bourgas (Бургас), ville bulgare qui m’a directement replongée dans l’atmosphère des cités communistes de l’Est aux larges avenues. Dès la sortie de l’aéroport, mon cerveau tente de se brancher en mode russe pour pouvoir communiquer avec la population locale. Le bulgare a en effet de nombreuses similitudes avec la langue de Pouchkine et je parviens à me faire comprendre. Le soir même, nous avons la surprise de pouvoir assister gratuitement à un concert des participants de l’émission The Voice nationale, événement assez kitsch avec chanteuses plantureuses en petites tenues et rappeurs en combi casquette-jogging-basket. En bref, nous nous serions cru à l’Eurovision !
Bourgas
Au bord de la mer Noire à Bourgas
C’est toutefois le lendemain que nous commençons à nous sentir vraiment en vacances. Nous prenons en effet le bus pour aller à Nessebar(Несебър), station balnéaire réputée pour sa vieille-ville classée à l’Unesco où nous passerons cinq jours.
Exemple de « necrolog »
À notre arrivée dans notre chambre d’hôtes, nous sommes surpris par ce qui ressemble à un avis de décès affiché sur le portail. Durant notre première balade dans la ville, nous en apercevons d’autres, soit accrochés sur les portes, soit collés sur les parois des stations de bus, voire même cloués à des arbres. Le plus étonnant est que ces avis de décès ne sont pas récents puisqu’ils indiquent à chaque fois depuis combien de temps le défunt a disparu. Il s’agit en fait de « necrologs », des avis de décès publics pour commémorer les morts. Et l’on en trouve absolument partout en Bulgarie.
Mais revenons-en à Nessebar. Dès notre première visite de sa presqu’île historique, nous tombons sous le charme de ses rues pavées bordées de maisons en bois et d’églises byzantines. Les couchers de soleil sous les ailes de son vieux moulin en bois, au bord de son port et du haut de ses remparts nous offrent de beaux moments romantiques. Nous nous prélassons également sur ses plages, en ayant une préférence pour celles du sud, plus calmes et familiales, plutôt que celles longées de discothèques au nord de la ville. Nous passons aussi une journée dans le très beau (et très grand) parc aquatique d’Aqua Paradise (que je recommande en passant).
Vue sur le moulin et la vieille-ville de Nessebar
Coucher de soleil sur le petit port de Nessebar
Les enceintes de Nessebar
Église des Saints-Archanges Michel et Gabriel
Après 5 jours de détente absolue, nous reprenons la route vers le nord et rejoignons Varna (Варна), l’une des plus grandes stations balnéaires de la mer Noire. Nous y retrouvons l’atmosphère d’une ville moderne et dynamique avec de larges avenues arborées, une multitude de bars et de restaurants et surtout l’immense Jardin maritime, que nous parcourons lors de notre séance de jogging quotidienne. Hélas, les différences de température entre les intérieurs climatisés et la chaleur parfois étouffante de l’extérieur ont raison des poumons de mon cher et tendre, qui commence une mauvaise toux. Heureusement, nous logeons dans un superbe appartement AirBnb (que je vous conseille vivement tant pour son confort que pour la gentillesse de son propriétaire) qui lui permet de se retaper quelque peu avant de poursuivre notre route.
Entrée du Jardin maritime de Varna
La cathédrale Dormition de Varna
Le Jardin maritime de Varna
Le 22 juillet, nous voilà partis à bord d’un minibus de grand luxe (c’est-à-dire équipé de ceintures) pour rejoindre notre dernière destination bulgare, Baltchik (Балчик). Cette petite station balnéaire attire les touristes en raison de ses jardins botaniques et de son château où a résidé la reine Marie de Roumanie dans les années 1920. Nous passons notre première journée sur l’une de ses petites plages, où nous tentons d’éviter les méduses (car oui, les méduses sont apparemment nombreuses sur la côte de la mer Noire, ce qui n’inquiète pas le moins du monde les nageurs russes et locaux). Le lendemain, après une matinée tombée à l’eau à cause d’un gros orage qui nous aura trempés littéralement jusqu’aux os, nous profitons d’une fin d’après-midi tranquille au bord de la mer en rencontrant de nombreux chats et chiens errants, ces derniers portant une étiquette à l’oreille. Une triste réalité à laquelle nous faisons face depuis le début du voyage. Le lendemain, après une dernière nuit sur le sol bulgare, nous passons notre matinée dans les allées colorées des fameux jardins botaniques de Baltchik avant de connaître nos premiers énervements avec les transports roumains…
L’un des nombreux chiens errants de Bulgarie
Coucher de soleil sur Baltchik
Le château de la reine Marie de Roumanie
Les jardins botaniques de Baltchik
(J’ouvre ici une parenthèse pour parler de nos mésaventures, mais vous pouvez passer directement au paragraphe suivant qui vous amènera directement à Constanta (Constanța). Nous avions vu sur Internet que deux compagnies de bus roumaines assuraient plusieurs fois par jour la liaison entre Baltchik et Constanta, ville roumaine où nous comptons loger quelques jours avant de partir à Bucarest. Or, pour réserver ces bus, il faut appeler, ce que mon cher et tendre avait fait la veille. Le problème est que les employés de ces compagnies ne parlent que roumain. Au bout de 3 appels, nous parvenons quand même à nous faire comprendre en anglais et apprenons que le bus partira le 24 juillet à 14h en face du « Castel Regina Maria », soit en bord de mer. Nous arrivons donc le jour J à 13h30 à l’endroit convenu et attendons… 14h sonnent et toujours pas de bus. Mon cher et tendre rappelle donc la compagnie pour savoir si nous sommes au bon endroit. Son interlocutrice lui explique que le bus a pris du retard à Varna mais qu’il arrivera bien au « Castel Regina Maria ». 14h30 : toujours aucun signe du bus. Nous commençons donc à demander à plusieurs passants si quelqu’un parle roumain pour pouvoir rappeler la compagnie et obtenir des informations plus fiables. Au bout de quelques minutes, nous tombons sur une Roumaine qui accepte de jouer les interprètes. Elle nous apprend alors que le bus devrait arriver dans 5 minutes, non au « Castel Regina Maria » comme notre interlocutrice nous l’a répétée maintes fois, mais au « White Rock Castle », un hôtel qui se trouve tout en haut de la côte, soit à quelques mètres de notre hôtel et non au bord de la plage… Ni une, ni deux, nous remontons la flopée de marches reliant la plage aux hôtels et arrivons en face du White Rock Castle Hotel à bout de souffle, les mollets en feu et le dos trempé… Une heure se passe et toujours aucun bus à l’horizon. Mon cher et tendre rappelle à nouveau la compagnie, en espérant pouvoir monter dans le bus prévu à 16h. Et là, il entend son interlocutrice se moquer ouvertement de nous à ses collègues de bureau avant de nous dire qu’il n’y a plus de bus avant demain matin et de nous raccrocher au nez… Notre premier contact avec les Roumains est donc loin d’être positif. Nous tentons alors la deuxième compagnie de bus, qui nous dit qu’il n’y a plus de bus avant demain matin mais dont le site Internet indique un dernier départ à 16h45 depuis la gare de Baltchik. Nous tentons quand même notre chance et dépensons nos derniers levs bulgares (nous avions déjà échangé nos billets locaux contre des lei roumains la veille) pour prendre un taxi. Une fois à la gare, nous tentons de demander à la femme derrière le guichet d’où partent les bus pour la Roumanie en lui montrant le site Internet de la compagnie. Après nous avoir répété qu’il n’y avait pas de bus roumain au départ de Baltchik et qu’il fallait retourner à Varna, elle se fait interrompre par un homme qui nous conseille d’attendre devant la station de bus située en face de la gare. Chose que nous faisons pendant une demi-heure avant de nous faire à l’idée de devoir trouver un hôtel pour la nuit et de prendre le bus demain matin. Mon cher et tendre rappelle donc la compagnie pour confirmer les horaires du lendemain quand l’interlocutrice lui demande si nous voulons partir aujourd’hui car il est encore possible de prendre le bus de « fourteen forty five (14h45) » (indice : il y a une erreur de traduction ici) qui a pris du retard à Varna et qui devrait être là dans les 15 minutes. Sans trop y croire, nous restons donc sur place et miracle ! À 17h15, nous apercevons enfin un minibus portant fièrement l’inscription « Bulgaria – Romania » sur son pare-brise. Le chauffeur a l’air énervé mais nous montons et partons sur le champ pour arriver enfin à Constanta en début de soirée. Une première mésaventure qui aura mis nos nerfs à rude épreuve et qui présage d’autres péripéties avec les transports roumains…)
Avec son vieux casino Art Nouveau dont la beauté se laisse dégrader par le vent et les embruns de la mer qui se déchaîne à ses pieds, Constanta dégage une ambiance particulière. La partie historique de la ville se pare en effet d’une élégance surannée qui tranche avec l’animation du centre et de ses longues plages de sable. Notre unique journée dans cette station balnéaire roumaine est donc marquée par des balades très agréables. Cette première visite sur le sol roumain nous permet également de nous confronter à la langue roumaine. Nous parvenons à déchiffrer les panneaux et autres indications écrites, mais impossible pour moi de comprendre les habitants. Toutefois, beaucoup de Roumains parlent et comprennent le français, l’ayant appris à l’école. Il est d’ailleurs beaucoup plus facile pour eux de communiquer dans la langue de Molière que dans la langue de Shakespeare. Vous voilà donc prévenus si vous souhaitez explorer le pays. Ayant perdu plus d’une après-midi dans les transports la veille, nous décidons de prendre le train pour rejoindre Bucarest (București), pensant éviter les désagréments des voyages en bus locaux. Là encore, j’ouvre une longue parenthèse. Libre à vous de passer directement à Bucarest.
La place Ovidiu
La mer à Constanta
La plage de Constanta
Le vieux casino de Constanta
(Grossière erreur… Arrivés à la gare, nous faisons face à une file monstre devant les guichets. Au bout de 20 minutes, pensant enfin acquérir les billets pour le train de 14h, la guichetière nous annonce qu’il n’y a plus de place avant 14h45 et qu’elle n’accepte que les paiements par cash, malgré les logos de carte de banque collés sur la vitre et le lecteur de carte mis bien en évidence, juste à côté de son ordinateur… N’ayant plus assez d’argent liquide, nous tentons de réserver nos billets sur le site Internet des transports ferroviaires roumains, en vain. Nous finissons donc par retirer de l’argent et refaisons à nouveau la file pour arriver devant le guichet. Pensant obtenir des billets pour le train de 14h45, nous apprenons qu’il n’y a plus de place et qu’il faudra attendre 17h… Légèrement énervés, nous nous tournons à regret vers les bus. Nous en voyons justement un dont le chauffeur nous assure qu’il part à Bucarest dans la demi-heure. Nous mettons donc nos bagages en soute, montons à bord et nous rendons compte qu’il n’y a plus aucune place assise… Retour à la case départ. Nous récupérons nos bagages et demandons à l’un des chauffeurs de bus en stationnement s’il sait quand aura lieu le prochain départ pour Bucarest. Au moment où il nous répond qu’un bus partira à 15h, il commence à pleuvoir à grosses gouttes et nous faisons la rencontre de deux touristes qui sont tout aussi désespérés que nous à trouver un moyen d’aller à Bucarest. Un peu avant 15h, un minibus arrive enfin, plusieurs personnes se ruant à l’intérieur pour échapper à l’averse. Nous les imitons. À peine installés, nous voyons les passagers redescendre en vitesse pour récupérer leurs valises et monter à bord du bus que nous avions abordé plus tôt. La troisième fois que nous déposons nos bagages en soute est heureusement la bonne et nous partons enfin pour Bucarest vers 15h30. C’était toutefois trop beau pour être vrai. Après une bonne heure de route, le bus ralentit pour s’arrêter complètement dans un bouchon monstre. Nous voilà coincés pendant plus d’une heure sur l’autoroute en raison d’un accident. C’est donc seulement vers 20 heures que nous arrivons enfin à Bucarest, où je retrouve ma sœur et ma tante (qui a elle aussi connu des mésaventures, mais c’est une autre histoire, trop longue à expliquer et il y a déjà trop de parenthèses dans cette carte postale). Note pour ceux qui souhaitent voyager en train en Roumanie : achetez vos billets bien à l’avance ! J’ai appris par notre hôte Airbnb à Bucarest que les trains étaient en fait gratuits dans l’ensemble du pays pour tous les étudiants, ce qui réduit donc énormément les places disponibles. Vous voilà prévenus !)
Arrivés le 26 juillet au soir, nous avons une bonne journée devant nous pour visiter Bucarest avant le mariage samedi et notre retour sur le sol britannique dimanche. La capitale roumaine est une belle surprise. Nous sommes en effet charmés par ses gigantesques avenues où vieux bâtiments dégradés se mêlent à des bijoux historiques et curiosités architecturales modernes. Un méli-mélo détonnant traversé par les eaux tranquilles de la Dâmbovița. Nous explorons son quartier historique et admirons son imposant palais du Parlement avant de flâner et de dîner en compagnie de ma sœur et de ma tante au parc Herăstrău.
L’hôpital et l’église Coltea
La Dâmbovița
Le palais du Parlement
Le parc Herăstrău
Enfin, le samedi 28 juillet, nous retrouvons le reste des invités du mariage dans la superbe Biserica Italiană pour assister à l’échange des alliances avant de faire la fête jusqu’aux petites heures du matin dans le décor pittoresque de la Casa Universitarlor. Un mariage parfait (si l’on fait abstraction des « Champions du monde » chantés à tue-tête par la majorité des amis français des mariés à chaque discours…) et une fête qui nous aura permis de découvrir une autre région du monde. Merci donc à ma chère cousine pour ce voyage haut en couleurs sur le littoral de la mer Noire !
Et pour conclure cette carte postale déjà bien longue, quelques petites perles linguistiques et photos des nombreux bureaux de traduction croisés en chemin (car oui, en Bulgarie et Roumanie, les traducteurs font encore leur publicité dans la rue).
Hello ! Si l’Angleterre a moins de jours fériés que la Belgique ou la France, elle connaît aussi deux longs week-ends au mois de mai pour célébrer le printemps et le retour du soleil. Après avoir hésité longuement sur une destination à explorer lors d’un road trip, mon cher et tendre me propose de profiter de la vague de chaleur du premier week-end de mai pour partir sur l’île de Wight, au sud de l’Angleterre. Et nous voilà donc partis le vendredi 7 mai vers 18h.
Notre chambre ultra kitsch
Nous mettons à peu près 2 heures pour arriver à Southampton où nous avons la chance de pouvoir monter à bord d’un ferry une heure plus tôt que prévu (c’est l’avantage de vadrouiller en moto). Nous arrivons donc vers 21 heures dans notre AirBnb à la décoration résolument british et hyper kitsch dans la ville de Newport. Comme nous étions partis à la hâte de Londres et que le ferry était bondé, nous pensions pouvoir manger sur l’île à notre arrivée. Mais l’île de Wight n’est pas Londres et, hormis le kebab du coin, plus rien n’est ouvert passé 21 heures. Nous voilà donc prévenus pour le reste du week-end !
Le lendemain, après avoir englouti un petit-déjeuner anglais monstrueux et avoir fait un petit tour dans la jolie ville de Newport sous un soleil généreux, nous enfourchons notre fidèle destrier pour explorer la côte nord et est de cette petite île britannique. Sous un ciel bleu et sans nuage, nous admirons les larges prairies verdoyantes se mêlant au loin au bleu profond de la Manche. Lors de cette première journée, nous nous arrêtons face à la vue sur l’horizon de Portsmouth à Ryde et au bord de la petite plage de galets de Seaview avant de faire une plus longue halte à Bembridge pour admirer son vieux moulin et ses cabines de plage colorées. Nous nous posons également au sommet des falaises de Culver, appréciant le silence d’une mer calme uniquement perturbé par le chant des oiseaux. Nous terminons la journée dans la petite ville côtière de Sandown, après avoir encore admiré d’impressionnants panoramas sur l’intérieur de l’île.
Newport
Portsmouth à l’horizon
Plage de Seaview
Le moulin de Bembridge
Les cabines de plage colorées de Bembridge
Balade sur les falaises de Culver
Dimanche, nous nous préparons à explorer le reste de l’île en commençant par Shanklin. La route nous menant à cette ville côtière populaire nous fait traverser des champs de colza dont le jaune éclatant contraste avec le bleu du ciel et le vert des prairies. En chemin, nous croisons pas mal de voitures de collection et bien évidemment un grand nombre de motards, heureux de pouvoir enfin sortir leur bijou après un hiver long et pluvieux (plus besoin de vous rappeler nos péripéties après l’arrivée de la Beast of the East). Après Shanklin et sa plage où Britanniques de tous âges se laissent rougir comme des écrevisses, nous profitons un moment de la tranquillité du port de Ventnor avant de faire un plus gros arrêt à la pointe sud de l’île, à côté du phare de Sainte-Catherine. Nous prenons plaisir à parcourir les verts pâturages entièrement ouverts aux randonneurs et nous posons au milieu des boutons d’or pour nous détendre au bruit des vagues, les yeux perdus sur l’immensité bleue.
Shanklin
Ventnor
Le phare de Sainte-Catherine
La pointe sud de l’île
Les paysages du sud-ouest de l’île s’avèrent plus spectaculaires, avec les tons ocres de la baie de Brook, les falaises découpées de la plage de Freshwater et les marais sinueux de la réserve naturelle de Newton. Et pour terminer la journée en beauté, nous admirons un magnifique coucher de soleil à deux pas du port de Yarmouth. La soirée a toutefois été moins relaxante pour moi comme j’avais plusieurs projets à rendre le lendemain matin (et oui, les traducteurs indépendants doivent parfois prendre sur leur week-end en amoureux s’ils veulent s’en sortir… mais ça fera l’objet d’un autre billet).
Freshwater
Les marais de Newton
Coucher de soleil sur Yarmouth
Pour profiter un peu plus de l’île et de ce thermomètre qui frôle les 30°, nous décidons de reprendre un ferry plus tard dans l’après-midi, le temps de discuter encore longuement avec notre hôte extrêmement sympathique, de faire un mini-golf à Shanklin et de déguster une glace avant de reprendre la route. Et c’est toujours sous ce merveilleux soleil de début du mois de mai que nous quittons l’île de Wight, encore une jolie région britannique que je vous invite à découvrir !
À bientôt pour une prochaine carte postale…
Pourquoi dit-on « Isle of Wight » et pas « Wight Island » ?
« Isle » et « island » veulent au fond dire la même chose (une terre habitée entourée d’eau), mais ces deux termes n’ont pourtant pas la même origine. « Isle » serait apparu vers la fin du XIIIe siècle sur base du latin « isla », mot également à l’origine du français « île » (l’accent circonflexe actuel remplace d’ailleurs le « s » de l’ancien français, « isle »). « Island » serait au contraire un terme anglo-saxon de la fin du XVIe siècle. Mais comment savoir quel mot utiliser ? Apparemment, tout est une question de taille. Une « island » est en effet plus grande qu’une « isle », sans toutefois être un « îlot », qui se traduit en anglais par « islet ». Bref, je vous aurai peut-être appris quelque chose aujourd’hui !
Dober dan ! Après notre mésaventure à Rome, c’est avec une petite boule de stress au ventre que nous prenons la route pour l’aéroport de Luton le vendredi 16 mars dans la nuit. La « bête de l’Est » fait en effet son retour dans la capitale britannique dans quelques heures et nous n’avons pas envie de glisser à nouveau sur la route. Nous arrivons heureusement à l’aéroport avant la neige et notre avion décolle sans problème pour la Slovénie.
C’est à nouveau sous la pluie, plus fine cette fois, que nous atterrissons à Ljubljana, ou plutôt à Brnik, l’aéroport se trouvant à une vingtaine de kilomètres de la capitale. Nous prenons le bus local 28 (beaucoup moins cher que les navettes) qui prend peut-être un peu plus de temps mais qui nous fait traverser la campagne slovène. La vue de ces champs à perte de vue, parsemés de petites maisons de campagne avec au loin des collines boisées me rappelle vaguement la Biélorussie. Arrivés à la gare, nous nous dirigeons tranquillement vers notre AirBnb. Nous parcourons pour la première fois le centre entièrement piéton de Ljubljana et tombons directement sous le charme. C’est agréablement calme, très joli et extrêmement romantique.
La vue de notre chambre sur la Ljubljanica et le château
Après avoir posé nos valises et dégusté une bonne pizza, nous décidons de nous remettre de notre courte nuit au parc aquatique Atlantis, situé à BTC City, l’une des plus grandes zones commerciales d’Europe. Nous choisissons de prendre le billet combiné, nous donnant accès au parc aquatique, aux thermes et aux saunas. Le parc en lui-même étant assez petit, nous nous dirigeons rapidement vers les saunas et là : surprise ! En Slovénie, le sauna et les hammams se pratiquent entièrement nus et nous l’avons appris sur le tas. Heureusement, nous avons quand même le droit de garder notre serviette dans les saunas. Trop pudiques au départ, nous délaissons les hammams jusqu’à ce que nous réalisons que les gens nous prêteraient moins d’attention si nous nous mettons aussi dans le bain, littéralement. Au bout d’une heure, nous nous précipitons donc dans les hammams (en nous assurant toutefois qu’ils soient quasi vides…) pour profiter des bienfaits de la vapeur. Et nous terminons notre journée de relaxation par une baignade en tenue d’Eve et d’Adam dans la piscine extérieure (vers la fin de la soirée, quand plus personne ne se trouvait aux alentours…). Revigorés par cette après-midi de relaxation, nous rentrons à pied vers le centre et terminons notre première journée à Ljubljana par… un plat mexicain ! Ça peut paraître étrange, mais la Cantina Mexicana est l’un des meilleurs restaurants de la ville, avec un rapport qualité-prix imbattable. Je le conseille d’ailleurs vivement car vous en avez pour votre argent !
Le lendemain, c’est sous un ciel nuageux mais au sec que nous commençons la visite à proprement parler de Ljubljana. Direction la colline surplombant la ville pour atteindre le château. La montée est ardue mais le panorama au sommet en vaut la peine. Au-delà de la charmante ville historique se dégagent des collines boisées, certaines encore coiffées d’un léger voile de neige. D’ailleurs, celle-ci devrait faire son apparition cette nuit. Nous passons la journée à photographier les nombreux ponts enjambant la Ljubljanica et à nous balader le long de la rivière. La ville n’est pas tellement touristique et ne possède pas énormément de choses à voir mais le cadre est si pittoresque que nous ne nous lassons pas de notre promenade. Après un hamburger typique, nous passons une excellente nuit dans la chambre ultra-confortable avec vue sur le château de notre AirBnb (je partage le lien car j’ai vraiment eu le coup de cœur pour ce logement).
Vue depuis la colline du château
Le pont des Dragons, symbole de la ville
Le pont des Bouchers, aussi appelé le pont de l’amour
La place Presernov avec l’église de l’Annonciation
Le dernier jour, c’est avec bonheur que nous découvrons la ville sous un léger tapis blanc. Nous décidons d’ailleurs de remonter jusqu’au château pour apprécier la vue sous d’autres couleurs. Nous descendons ensuite au marché central puis partons jusqu’au parc Tivoli. Celui-ci doit être très agréable en été. Il dispose en effet de nombreuses infrastructures, dont des tremplins à ski et une immense forêt recouvrant toute une colline. Nous décidons toutefois d’écourter notre balade avant que le froid glacial ne nous transforme en glaçons sur pattes. Nous retournons donc dans le centre, faisons le tour des boutiques souvenirs où se vendent des dragons sous toutes les formes (la légende veut que le héros Jason ait terrassé un dragon à l’endroit où se trouve aujourd’hui la ville), et rentrons nous réchauffer un peu avant de ressortir un peu plus tard pour immortaliser Ljubljana sous ses habits de lumière.
Ljubljana sous la neige
Mestni trg
Le parc Tivoli
Et le charme opère à nouveau. Le reflets des bâtiments illuminés dans les eaux rapides de la rivière, le calme si apaisant et l’ambiance romantique nous donnent même envie de revenir dans la capitale slovène à une autre saison. Nous prenons notre dernier repas dans un restaurant cette fois-ci plus local (bien que ce n’est pas vraiment à Ljubljana que vous trouverez les meilleurs plats slovènes) et terminons notre soirée par un dessert, arpentant une dernière fois le centre féerique de Ljubljana.
Ljubljana by night
Les Trois ponts (Tromostovje) illuminés
Si elle n’est pas aussi enrichissante ou dépaysante que d’autres capitales, la ville du dragon est une destination que nous recommandons vivement aux couples en quête d’un séjour relaxant et romantique à souhait. Nous pensons d’ailleurs revenir en été pour apprécier davantage ses couleurs et visiter la sublime station de montagne voisine de Bled ! Na svidenje !