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Carte postale : Budapest et Győr

Je suis revenue le 4 août de près de 10 jours de vacances en Europe centrale. Mes belles-sœurs et mon cher et tendre avaient offert à Noël un gros cadeau à leurs parents : un voyage en famille à Vienne. Avant de rejoindre ma belle-famille dans la capitale autrichienne, mon amoureux a voulu nous octroyer 5 jours en tête à tête dans une autre ville de la région, avec une liaison rapide en bus ou en train. Nous avons opté pour 2 villes hongroises : Budapest et Győr. J’avais déjà exploré les capitales de l’Autriche et de la Hongrie par le passé, mais j’ai eu le grand plaisir de redécouvrir ces destinations et souhaitais en parler de nouveau sur mon blog. Permettez-moi donc une petite pause dans mon récit de voyage en Chine pour vous emmener dans 3 superbes villes du Vieux Continent. Embarquons dès maintenant pour la Hongrie avec Budapest et Győr.

Le parlement de Budapest et l’hôtel de ville de Győr

Vendredi 25 juillet, nous nous envolons de l’Angleterre pour atterrir vers 22h dans la capitale hongroise. Nous logeons dans un petit appartement de la rue Ráday, côté Pest. Après une nuit interrompue par un terrifiant orage qui a provoqué un véritable déluge, nous entamons la journée la plus chaude de notre voyage. Avec un thermomètre affichant plus de 33°C, nous arpentons les rues de Budapest, en commençant par ses Halles centrales, datant de la fin du XIXe siècle et entièrement restaurées après la Seconde Guerre mondiale. Nous longeons ensuite le beau Danube bleu et je retrouve avec bonheur les nombreuses statues qui parsèment la ville, ainsi que la vue sur le complexe du château de Buda de l’autre côté du fleuve. Souhaitant éviter le soleil brûlant, nous nous réfugions à l’ombre des rues du centre-ville pour déguster un kürtőskalács (gâteau rôti à la broche que l'on trouve absolument partout dans la capitale hongroise). Nous poursuivons notre chemin vers la basilique Saint-Étienne de Pest avant de nous poser un moment au parc Erzsébet. Le ciel devenant menaçant, nous décidons de visiter une exposition interactive au Cinema Mystica Budapest, une sorte de musée de la technologie établi dans un sublime bâtiment du début du XXe siècle.

Après une bonne heure à admirer les sons et lumières des installations artistiques, nous décidons de goûter à la gastronomie hongroise dans l’un des restaurants de notre rue. Nous ne sommes pas vraiment convaincus par nos plats (du Csirkepaprikas et du Marhapörkölt servis avec des petites boulettes de pâtes), mais terminons nos assiettes. Nous nous reposons ensuite un moment à l’appartement pour ressortir seulement vers 21h30. Budapest est réputée pour ses thermes et mon cher et tendre en a repéré un ouvert en soirée avec une jolie vue sur le Danube. Nous montons chacun sur une trottinette électrique dott (il y en a plein dans la ville, mais j'ai trouvé l'expérience trop stressante pour avoir envie de retenter 😅) et arrivons devant les portes des thermes Rudas. Moins connus que les thermes Széchenyi, dont nous avions profité lors de notre premier séjour à Budapest, les thermes Rudas valent largement le prix d’entrée (13 000 forints, soit 32€ par personne). Le billet inclut une cabine fermée par un bracelet électronique pour laisser ses affaires en toute sécurité et l’accès à une dizaine de piscines aux températures variées, allant de 18 à 42°C. Notez que le port de tongs est obligatoire (heureusement, notre appartement en mettait à disposition). Nous nous dépêchons de monter sur le toit du spa pour nous baigner dans sa piscine panoramique, d’où l’on peut regarder les ponts illuminés sur le Danube. Nous passons ensuite 3 bonnes heures à barboter dans les différents bassins riches en minéraux et à tenter, en vain, d’entrer dans les hammams et saunas, bien trop chauds à notre goût. Les bains d’origine, construits au XVIe siècle, sont particulièrement appréciables avec leur belle voûte ottomane centrale. Les thermes Rudas étant mixtes uniquement le vendredi et le samedi soir, nous sommes loin d’être les seuls couples sur place. Cela dit, l’expérience est très agréable, le lieu n’étant pas trop fréquenté en soirée.

Le lendemain, nous constatons avec bonheur que la température a descendu sous la barre des 30°C. Nous en profitons pour faire une longue promenade sur la rive de Buda. Nous montons dans l’un des jolis trams jaunes de la ville (comptez 600 forins, soit 1,50€ par trajet via l'application Budapest Go) pour descendre à l’arrêt Batthyány tér face à une vue dégagée sur l’Országház, alias le majestueux parlement de Budapest, l’un des plus grands d’Europe. Après avoir immortalisé ce bijou d’architecture néogothique, nous entamons notre balade sur la colline de Buda. C’est un véritable musée d’architecture en plein air. Je m’arrête à chaque coin de rue pour photographier les façades colorées des bâtiments. Les yeux en l’air, j’observe les détails des balcons, les encadrures de fenêtre et, bien évidemment, les statues qui ornent les façades, comme celles de la Redoute de Buda.

Notre montée de la colline royale se poursuit avec la visite du célèbre Bastion des pêcheurs, une élégante promenade de plaisance construite à la fin du XIXe siècle. J’avais adoré l’endroit lors de ma première visite de Budapest en 2015. Dix ans plus tard, le site est devenu victime de son succès. Un restaurant s’est installé dans la tourelle la plus haute, offrant le meilleur panorama sur le Parlement, et les stands de glaces, de kürtőskalács ou de souvenirs en tous genres abondent. Bref, le lieu m’a paru beaucoup moins paisible qu’en 2015.

Je suis néanmoins de nouveau émerveillée par l’église Notre-Dame de l’Assomption de Budavár, alias l’église Matthias, et son magnifique toit de tuiles multicolores. Je l’ai littéralement prise sous toutes les coutures…

Nous poursuivons notre balade vers l’autre bâtiment emblématique de la capitale hongroise, le palais de Budavár. Une partie du site est en travaux lors de notre visite, mais cela n’enlève rien à la beauté de ce château dont l’origine remonte au XIVe siècle. Je prends de nouveau le temps d’examiner les détails des nombreuses statues qui ornent les murs du palais, y compris celles de la fontaine du roi Matthias. L’entrée de la cour du palais est gardée par 2 lions de pierre à l’allure fière semblant plus vrai que nature. L’endroit est beaucoup moins fréquenté que le Bastion des pêcheurs, ce qui le rend d’autant plus agréable. Nous continuons notre balade le long de l’enceinte du château en admirant les eaux du Danube et en passant à travers le jardin du palais, où je découvre d’autres trésors architecturaux.

Avides de découvrir d’autres panoramas, nous décidons de monter la colline de Gellért pour aller voir le monument du prince de Buda et de la princesse de Pest. Cette œuvre de l’artiste hongroise Márta Lesenyei est plus petite que ce que les photos vues en ligne nous laissaient croire, mais elle raconte une jolie légende autour de la ville de Budapest, dont les 2 rives ont été réunies par l’amour entre ces têtes couronnées imaginaires. Nous terminons notre balade par une pause ressourçante sur la colonnade de la statue de Gérard de Csánad, levant sa croix vers le Danube. L’heure du souper (ou dîner pour mes ami.e.s français.e.s) approchant, nous retournons sur la rive de Pest, traversons de nouveau ses rues à l’architecture diverse et nous posons dans le parc Károlyi pour un petit apéritif sous le carillon des cloches des églises.

Ce soir-là, nous décidons de nous restaurer dans le quartier juif, le restaurant de la veille nous étant paru trop cher (notez que les restaurants de Budapest ajoutent toujours de 10 à 15% de service). Nous passons devant les murs rouges et jaunes de la Grande Synagogue de Budapest et à travers les nombreux bars et restaurants tendance de la Cour Gozsdu avant de finir dans un fastfood local, qui nous aura quand même coûté une trentaine d’euros au total (les prix de Budapest ont bien augmenté en 10 ans). Nous terminons la soirée dans une salle d’arcade de la Cour Gozsdu et dans l’ambiance plus festive du quartier juif.

Lundi 28 juillet, nous nous réveillons pour notre dernière journée complète à Budapest. Nous décidons d’explorer plusieurs sites que nous n’avions pas du tout visités lors de notre premier séjour dans la capitale hongroise. Notre itinéraire débute par l’île Marguerite, située au beau milieu du Danube. Cette île-jardin s’étale sur un peu plus de 2 kilomètres, déployant d’agréables allées ombragées, de merveilleux parterres fleuris, des ruines, des statues et diverses attractions, dont un parc aquatique en plein air et plusieurs fontaines musicales. Après avoir atteint quasiment le bout de l’île à pied, nous nous accordons une petite balade en cuistax comme on dit en Belgique (pour mes ami.e.s français.e.s, il s'agit de véhicules à 4 roues actionnées par plusieurs jeux de pédales) pour profiter encore une bonne heure de la beauté des lieux.

Notre balade au vert terminée, nous nous dépêchons de remonter vers notre appartement en prenant le tram. La ligne 2 passe devant le gigantesque parlement de la ville, me permettant de le photographier sous tous les angles. Le tram longe ensuite le Danube, me laissant tout le loisir d’admirer les bâtiments historiques de l’autre rive.

Si nous nous pressons de rentrer à l’appartement, c’est uniquement pour prendre nos maillots, des tongs et essuies de bain pour aller aux thermes Gellért. Comme nous avions déjà barboté dans les bassins fumants de Széchenyi lors de notre première visite, il me tardait de voir les deuxièmes thermes les plus réputés de la ville. Les thermes Gellért sont annexés à l’hôtel du même nom, datant du début du XXe siècle. Ils sont connus pour leur cadre luxueux, de style Art nouveau. Comptez une trentaine d’euros par personne pour l’entrée avec un casier. Nous avons demandé une cabine en supplément. Le bâtiment est splendide, mais est un véritable labyrinthe. Les bains intérieurs sont éparpillés aux 4 coins du complexe thermal, étant donné qu’il était autrefois non mixte. Deux piscines sont à l’extérieur, l’une à vagues chauffée à 28°C, l’autre pour se détendre dans une eau à 36°C. Nous nous baignons un moment à l’extérieur avant de nous perdre dans le dédale du bâtiment. Nous passons devant le beau bassin de natation intérieur sous toit de verre (uniquement accessible pour les personnes portant un bonnet de bain), puis entrons dans les saunas et hammams. De nouveau, les bains à vapeur sont intenables… Nous parvenons quand même à rester 15 minutes dans le sauna. Nous profitons ensuite des bains intérieurs, allant de 18 à 45°C, chacun installés dans des salles richement décorées. L’expérience vaut le coût pour le bâtiment en lui-même, qui est vraiment très beau, mais nous avons tout de même une préférence pour les thermes Rudas, où l’expérience thermale est plus variée.

Nous restons aux thermes Gellért jusqu’à leur fermeture à 19h et rentrons les muscles reposés dans notre appartement de vacances. Nous traversons une dernière fois le beau pont de la Liberté, admirant le soleil baisser légèrement vers l’horizon derrière la colline de Buda. Plusieurs bandes d’amis s’installent d’ailleurs sur la structure verte du pont pour contempler le coucher de soleil. Nous marchons de nouveau dans le centre de Pest, cette fois-ci à la recherche d’une pizza pour manger tranquillement à l’appartement et terminer les bières fruitées (belges 😎) que j’ai repérées dès mon arrivée dans la capitale. Nous nous préparons ensuite à sortir dans le dernier endroit que j’avais inscrit sur ma liste : Szimpla Kert, le ruin bar (ou romkocsma) le plus célèbre de Budapest. La capitale hongroise est en effet réputée pour ce genre de bars aménagés dans d’anciens bâtiments inoccupés et en ruines. Szimpla Kert en est l’un de ses meilleurs exemples. Nous étions passés devant son entrée la veille, mais avions abandonné l’idée d’y boire un verre voyant la longue file d’attente qui s’étirait dans la rue. Heureusement, pour notre dernier soir, il n’y a quasiment personne à l’entrée. Nous pénétrons les yeux grand ouverts dans cet espace alternatif à la décoration faite de bric et de broc, où se côtoient des personnes de tous âges et de tous horizons. Nous y restons le temps de savourer une Kriek à la pression pour moi (quand je dis que les bières fruitées belges sont appréciées à Budapest) et un cidre hongrois pour mon cher et tendre. L’heure est toutefois venue de quitter Szimpla Kert et de passer notre dernière nuit dans la capitale hongroise.

Le lendemain matin, nous bouclons nos valises et partons pour la gare de Budapest-Keleti afin de prendre un train vers notre prochaine destination : Győr. Pour 7€ par personne, nous rejoignons cette ville du nord-ouest de la Hongrie en un peu plus d’une heure. Nous avons trouvé un hôtel à 300 mètres de la gare, mais nous arrivons trop tôt pour le check-in. Nous laissons donc nos bagages et partons explorer le centre-ville. Győr est connue pour son centre historique baroque. Il est petit, mais bourré de charme. Je flâne avec délice dans ses rues bordées de façades pastel, auxquelles sont parfois accrochées de jolies enseignes. Nous faisons le tour du centre en moins de 2 heures, passant devant la place principale et sur les ponts enjambant le Danube. Nous prenons aussi le temps de savourer une petite pâtisserie locale, des rétes (ou strüdels). Un peu fatigués par le voyage, nous rentrons à l’hôtel vers 15h et nous accordons une petite sieste avant de sortir en début de soirée pour trouver à manger. Seul hic, Győr compte peu de restaurants et les menus sont assez chers… Nous trouvons un établissement en bord de fleuve un plus abordable, mais la salle intérieure n’est apparemment pas ouverte et il fait un peu trop frisquet pour rester en terrasse. Nous finissons par nous rendre dans un pub, où je commande un goulash, le plat national hongrois. S’ensuit une bonne nuit de sommeil avant notre tout dernier jour complet en Hongrie.

Pour notre petit-déjeuner le lendemain, nous tentons une autre spécialité locale, le lángos. Il s’agit d’une galette de pain frite recouverte de sauce aigre, de petits bouts de lardon et/ou de fromage râpé. Inutile de dire que c’est très gras. Après ce repas très sain, nous décidons de profiter de l’attraction phare de Győr, ses thermes de Rába Quelle. Ils sont complétés par un parc aquatique extérieur et un spa japonais. Le spa n’ouvrant que vers 15h, nous commençons par le parc aquatique. Il possède 3 piscines en étages, un grand jacuzzi, un espace de jeux d’eau pour les enfants et un ensemble de toboggans. Le jour de notre visite, la tour des toboggans ne fonctionnait que par tranche de 30 minutes, les toboggans s’ouvrant ou se fermant à tour de rôle (nous recommandons particulièrement le toboggan vert, riche en sensations). Cette tour de toboggans a l’avantage d’être dotée d’un ascenseur, élément dont le parc est très fier. Cela dit, lors de notre dernière montée dans la tour, nous nous sommes retrouvés bloqués dans l’ascenseur pendant 10 bonnes minutes. Après ce petit incident, nous sommes allés au spa japonais, le nouvel espace ajouté au complexe. Seul problème : l’accès à plusieurs saunas est interdit aux personnes en maillot de bain, mais aussi aux nudistes… Vous devez donc vous procurer à l’entrée des linges spéciaux, à louer contre une somme en espèces (que nous n'avions pas...). Nous avions heureusement emporté une grande serviette de bain et avons pu profiter des installations. En sortant du spa (dont le hammam était de nouveau beaucoup trop chaud... à croire que les Hongrois aiment être cuits à la vapeur), nous constatons que nous n’avons pas encore visité les véritables thermes du complexe. Nous passons donc un bon moment à barboter dans les eaux riches en minéraux des bassins intérieurs et extérieurs, aux températures variées (coup de cœur pour le bassin thermal à 38°C plongé quasiment dans l'obscurité, où nous nous sommes presque endormis tant le lieu était reposant). Pour profiter des thermes et du parc aquatique de Rába Quelle, comptez 22,50€ par personne. Pour le spa japonais (qui ne vaut pas vraiment la peine selon nous), ajoutez 6,50€ (et prévoyez des billets de forint pour louer leurs linges de sauna...). Pour notre dernière soirée en Hongrie, nous faisons au plus simple : un Macdo à emporter au bord du fleuve. Nous nous posons au pied du pont Kossuth pour manger face aux jeux de lumière du pont Jedlik Ányos. Notre soirée s’achève par une balade digestive à la lueur des lampadaires du centre historique de Győr avant une bonne nuit dans le lit confortable de notre hôtel.

Peu avant 10h le lendemain, nous rejoignons la gare de Győr pour attendre notre prochain train. Une heure plus tard que prévu, nous voilà en direction de notre destination finale : Vienne. Je vous retrouve donc prochainement pour la suite de mon récit dans la sublimissime capitale d’Autriche !