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Carte postale : Vienne 2025

Dans ma dernière carte postale, je quittais la gare de la ville hongroise de Győr. Malgré une heure de retard, mon cher et tendre et moi-même arrivons avant ses parents, ses sœurs et notre petite nièce à Vienne, ville que nous avions déjà visitée il y a 8 ans. J’avais eu un coup de cœur absolu pour la capitale autrichienne et m’étais promis d’y retourner. J’étais impatiente de retourner flâner dans ses rues chargées d’histoire et bordées de bâtiments baroques et Art nouveau tous plus beaux les uns que les autres. Contrairement à notre première visite, durant laquelle mon cher et tendre et moi-même nous étions concentrés sur les parcs et les jardins, ce deuxième séjour à Vienne a été riche en excursions. Je tenais donc à écrire un nouveau billet sur la ville impériale, cette fois plus axé sur les palais et musées que j’ai visités.

Panorama sur Vienne et le palais de Schönbrunn depuis la Gloriette

Ma belle-famille ayant eu un vol très tôt le matin-même, notre première journée à Vienne a été plus décontractée. Notre appartement de location se trouvant à moins de 10 minutes de marche du parc du Belvédère, nous sommes allés faire un petit tour dans ses jardins. L’une des façades de ce somptueux château baroque était en travaux, mais cela ne m’a pas empêchée d’être charmée par les lieux. J’ai pris le temps d’admirer les beaux parterres de fleurs d’été ainsi que les statues immaculées peuplant les jardins.

En fin d’après-midi, toute la troupe se met en route pour l’Innere Stadt, c’est-à-dire la ville intérieure de Vienne. Nous commençons notre balade par l’incontournable statue dorée de Johann Strauss II au Stadtpark avant de nous enfoncer dans les ruelles historiques de la capitale impériale et d’atteindre le fameux Graben. Comme en 2017, je m’émerveille devant la beauté des bâtiments. Partout où je lève les yeux, j’aperçois des atlantes ou caryatides soutenant des balcons richement ornés, des encadrements de fenêtre aux moulures détaillées, des volutes, des guirlandes fleuries et autres ornements tout à fait à mon goût (je dois être d’une autre époque 👸). Nous passons devant la majestueuse cathédrale Saint-Étienne avec sa magnifique toiture en tuiles vernissées, puis apercevons le dôme vert de la Hofburg. Mon cher et tendre nous presse toutefois le pas pour arriver à l’heure au restaurant. Nous avons choisi Centimeter, une adresse conviviale proposant d’énormes assortiments de spécialités autrichiennes à partager. Le ventre bien rempli, nous nous dirigeons sur la Rathausplatz, qui accueille tout au long de l’été un festival de projection de concerts classiques, pop, rock ou d’opéras devant le splendide hôtel de ville gothique. L’ambiance y est très sympathique, mais la fatigue du voyage se fait sentir pour ma belle-famille et nous rentrons sagement à l’appartement pour passer une bonne nuit.

Le 1er août marque notre première journée complète à Vienne. Pour commencer, nous nous rendons à la Hofburg pour visiter l’un des sites dont ma belle-mère rêvait depuis longtemps : le musée Sissi. Nous avions acheté des Flexi Pass (dont le prix varie en fonction du nombre de sites que vous souhaitez visiter) et devons d’abord passer au guichet pour obtenir notre horaire d’entrée au musée. Pour réguler le nombre de visiteurs, les grandes attractions viennoises sont en effet uniquement accessibles sur un créneau bien précis. Heureusement pour nous, nous ne devons attendre que 15 minutes, le temps d’explorer un peu l’extérieur du palais de la Hofburg.

Les 15 minutes passés, nous entrons enfin dans le musée Sissi. Le billet de 25€ comprend l’entrée dans l’espace muséal dédié à l’impératrice, ainsi que celle dans les somptueux appartements impériaux. Je n’ai jamais été particulièrement fan des films Sissi, mais j’ai vraiment apprécié la visite, agrémentée d’un audioguide gratuit très complet. Le musée cherche à rétablir la vérité sur la vie et le caractère de l’impératrice, loin des portraits cinématographiques romancés, à l’aide d’un grand nombre d’objets personnels. Il est vraiment passionnant. J’ai particulièrement aimé pouvoir traverser les appartements impériaux, à la décoration baroque blanche et or, choix décoratif de Sissi elle-même.

Après ce voyage dans le temps et une grosse averse de courte durée, nous regagnons le Graben pour une petite marche sous la réapparition du soleil. Voyant la porte de l’église Saint-Pierre de Vienne ouverte, j’y suis entrée avec ma belle-mère pour contempler l’intérieur de cette sublime église baroque sous les notes puissantes de l’orgue. Nous sommes ensuite rentrés un moment à l’appartement pour nous changer pour la sortie du soir, puis nous sommes partis rejoindre le Naschmarkt, grand marché à moitié couvert. Je n’ai pas pris de photo du marché car il était malheureusement à moitié fermé lors de notre passage. Nous nous y sommes toutefois installés pour manger de savoureuses pizzas chez Al Bacio (je recommande).

Nous finissons juste à temps pour prendre le tram et nous rendre à l’événement que j’attendais le plus de tout le séjour : un concert du Wiener Mozart Orchester au Musikverein. J’ai eu la chance d’obtenir des réductions pour le concert par ma cliente espagnole, pour qui je travaille depuis des années (prix normal pour la catégorie la plus basse : 69€). Elle nous a gentiment réservé des places au balcon dans la plus belle salle du Musikverein, la fameuse Salle dorée. C’est là qu’est filmé chaque année le Concert du Nouvel An. Réputée dans le monde entier pour son excellente acoustique, elle est éblouissante avec ses peintures au plafond et ses lustres qui font briller les dorures. L’orchestre et les solistes, tous en tenues d’époque, sont de grande qualité et nous ont fait vivre une soirée musicale fantastique sur les airs de Mozart, mais aussi ceux de Strauss père et fils. Seul bémol, j’ai été surprise de voir que le personnel laissait entrer les retardataires dans la salle… L’assise des sièges du balcon étant rabattable et en bois, l’installation de ces personnes arrivées après le début de concert était assez bruyante. J’ai également déploré que certain.e.s membres du public n’avaient acheté leur place que dans l’objectif de prendre des photos de la salle et ne faisaient que discuter plutôt que d’écouter le concert…(j’ai d’ailleurs dû leur lancer un regard noir pour les faire taire). Malgré ces perturbations, cette soirée restera longtemps gravée dans ma mémoire !

Nouvelle journée, nouveau palais ! Nous passons notre samedi à Vienne sur l’immense domaine de Schönbrunn. Arrivés sur place, nous nous pressons de réserver nos billets pour la visite du palais. Pour information, le Flexi Pass n’inclue que la visite des appartements d’État. Nous avons dû ajouter 9€ par personne pour accéder à l’intégralité de l’étage noble du palais (prix total : 34€ par personne). Notre créneau d’entrée dans le palais ne tombant qu’en début d’après-midi, nous prenons le temps de flâner à travers les jardins impériaux, totalement gratuits (à l'exception du zoo, de la Gloriette et du labyrinthe, bien évidemment… une visite complète de Schönbrunn peut vous coûter très cher). Le ciel est bleu et le soleil au beau fixe, nous permettant d’apprécier pleinement la beauté des fontaines, des statues et des parterres de fleurs, ainsi que le panorama sur le palais depuis la Gloriette (seule la montée sur la plateforme panoramique est payante).

L’heure est ensuite venue d’entrer dans le palais. Accompagnée de ma belle-mère et de mes belles-sœurs, pendant que mon cher et tendre et mon beau-père explorent le zoo de Schönbrunn avec ma petite nièce, je traverse les opulents appartements de François-Joseph et de Sissi ainsi que ceux occupés par Marie-Thérèse d’Autriche et ses nombreux enfants. Là encore, je m’extasie devant les lustres, les boiseries, les moulures et le mobilier d’époque. La pièce phare du palais est sa grande galerie, aux murs blancs rehaussés de dorures et aux incroyables plafonds peints. Je suis toutefois plus émue de fouler le parquet du salon où le petit Mozart a joué pour la première fois devant l’impératrice Marie-Thérèse. Et j’ai un coup de cœur pour les pièces à la décoration plus exotique, venue de Chine et d’Inde, ainsi que par l’étonnante chambre aux porcelaines.

Une fois la visite du palais de Schönbrunn terminée en fin d’après-midi, nous rentrons à l’appartement pour y manger avant d’aller en prendre de nouveau plein la vue, cette fois-ci à l’église votive. Cette église néogothique accueille pour le moment un spectacle de sons et lumières mettant en valeur sa splendide nef. Je suis déjà émerveillée avant la projection, regrettant presque de ne pas avoir vu les peintures de ses voûtes à la lumière du jour. Une fois installés, nous sommes éblouis par les illuminations des colonnes de la nef, les détails architecturaux de l’église étant mis en valeur par les animations visuelles. Le spectacle ne dure que 30 minutes, mais il vaut vraiment ses 22€ par personne (prenez les places de 2e catégorie, la première catégorie ne vaut pas le coup).

Nous voilà déjà au dimanche, notre dernier jour complet à Vienne, et je le commence seule en compagnie de ma belle-mère. Adorant toutes les deux l’architecture baroque et les palais, nous partons visiter le Trésor impérial de la Hofburg. En chemin, nous avons le plaisir de pouvoir entrer dans la cathédrale Saint-Étienne puis d’entendre ses cloches sonner pour l’appel à la messe.

Nous entrons ensuite dans une nouvelle aile de la Hofburg pour explorer le Trésor impérial. Pour 16€ l’entrée, je ne m’attendais pas à y passer autant de temps. Le nombre de merveilles que le musée renferme est incalculable. En plus des couronnes, sceptres et bijoux impériaux, il comporte toute une partie dédiée au trésor liturgique avec un grand nombre de reliques. Les détails de certaines pièces nous ont littéralement bluffées. Le musée abrite aussi plusieurs curiosités, comme une corne de « licorne », une coupe d’agate considérée comme le Saint Graal ou des icônes réalisées à partir de plumes de colibri. Nous y passons 3 bonnes heures et expédions même un peu la fin, ne consultant l’audioguide que pour les pièces qui attirent notre attention.

Une fois à l’air libre, nous nous baladons encore un peu dans la ville avant de prendre le métro pour rejoindre le reste de la famille au Prater, la fête foraine permanente de Vienne. Après quelques tours de manège pour ma petite nièce, nous rejoignons le canal du Danube pour une croisière. S’il est agréable de se laisser naviguer, j’avoue que la City Cruise (qui revient quand même à 32€ par personne) nous laisse sur notre faim : les explications sont succinctes et il n’y a pas de jolis bâtiments en vue. Elle vaut juste la peine si vous aimez le street-art. Nous restons dans les environs du canal pour notre dernier repas tous ensemble, pris cette fois au Cavaliere, un excellent restaurant italien. Nos pâtes et tiramisus engloutis, nous passons devant le carillon Anker puis regagnons le Graben pour une dernière balade dans l’Innere Stadt, cette fois-ci sous le manteau de la nuit.

Lundi 4 août, après avoir quitté l’appartement et mis nos bagages dans des casiers à la Hoptbahnhof, nous prenons la direction du troisième arrondissement pour admirer la Maison Hundertwasser, créée par l’artiste du même nom. Elle détonne par rapport aux bâtiments baroques, dont le très beau palais des Beaux Arts voisin, mais est tout aussi belle par ses murs colorées, recouverts de végétation.

Pour notre dernière balade dans Vienne, je propose ensuite de rejoindre le Stadtpark, où ma petite nièce s’amuse dans les plaines de jeux, pendant que je fais le tour des monuments du parc avec ma belle-mère. Une dernière photo devant les parterres fleuris puis direction le centre pour un repas express avant les adieux à ma belle-famille.

Notre vol pour Londres étant prévu plus tard dans la soirée, je profite des quelques heures qu’il me reste dans la capitale autrichienne pour visiter l’un des lieux qui m’attirent le plus : la Mozarthaus, la seule ancienne résidence de l’enfant prodige de la musique qui subsiste à Vienne. J’en ressors toutefois un peu déçue. Pour 14€ l’entrée, vous disposez d’un audioguide très détaillé, mais ne pouvez voir qu’un faible nombre d’objets exposés. Les partitions et lettres présentées dans les pièces de l’appartement, qui est quasiment vide, sont pratiquement toutes des copies (dont les originaux se trouvent en partie à la British Library). Cela dit, j’ai été très émue d’entrer dans les pièces où le grand maestro a notamment composé Les Noces de Figaro, ainsi que de voir la rue derrière la fenêtre de son bureau, vue qui l’a peut-être inspirée pour écrire plusieurs de ses chefs-d’œuvre.

C’est sous la pluie que je quitte Vienne pour la deuxième fois, le cœur presque serré de devoir dire au revoir à ses rues élégantes et chargées d’histoire. Inutile de dire que j’ai encore envie d’y retourner, ne serait-ce que pour voir sa Bibliothèque nationale (malheureusement fermée le jour où je voulais la visiter) et pour assister à d’autres concerts… Mais ne dit-on pas « jamais deux sans trois » ? Vienne, j’espère vraiment qu’on se reverra !