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Archives de Tag: #Roman

La trilogie des Enfants du désastre, de Pierre Lemaitre

Autre roman dévoré après Les Impatientes de Djaïli Amadou Amal, dont je vous ai parlé il y a deux semaines, Miroir de nos peines a mis le point final à la trilogie des Enfants du désastre de Pierre Lemaitre que j’avais entamée deux ans plus tôt. J’avais donc envie de vous en parler.

Au revoir là-haut

Oui, il a un peu morflé vu que je le trimballais partout…

J’ai démarré cette trilogie après avoir lu beaucoup d’éloges sur Pierre Lemaitre dans un groupe de lecture suite à la sortie du deuxième tome. Curieuse, je me suis donc lancée dans la lecture du premier roman : Au revoir là-haut, récompensé par le prix Goncourt en 2013. Je n’étais au départ pas très emballée par le thème (le retour à la vie «normale» de deux soldats rescapés de la Grande Guerre), mais j’ai très vite été conquise. L’écriture est tellement fluide, les décors si bien plantés, les personnages si réels et vivants que je voyais l’histoire se dérouler sous mes yeux comme si j’étais au cinéma. D’ailleurs, ce premier roman a été adapté à l’écran par Albert Dupontel en 2017. On y suit les aventures d’Albert Maillard et d’Édouard Péricourt en découvrant certaines réalités de la fin de la Première Guerre mondiale, comme le calvaire physique et moral des gueules cassées et le trafic de cercueils des soldats tombés au front.

Couleurs de l'incendie

À peine le premier roman achevé que je me suis plongée dans sa suite, Couleurs de l’incendie, paru en 2018 et dont l’adaptation cinématographique réalisée par Clovis Cornillac devrait sortir cette année. Ce deuxième tome se déroule entre 1927 et 1933 et a pour personnage principal Madeleine Péricourt, la sœur d’Édouard. Il aborde davantage la situation des femmes de l’époque, mais aussi l’instabilité financière et la montée du totalitarisme durant les années 1930. Tout comme pour Au revoir là-haut, l’envie de tourner les pages était plus forte que l’appel de mon oreiller et je l’ai dévoré.

Miroir de nos peinesC’est donc avec impatience que j’ai ouvert Miroir de nos peines, dernier tome sorti en 2020, qui embarque cette fois le lecteur au début de la Seconde Guerre mondiale et plus particulièrement au moment de l’exode de Paris. On y retrouve Louise Belmont, petite fille qu’Albert Maillard et Édouard Péricourt avaient connue dans Au revoir là-haut, désormais devenue une jeune femme en quête de vérité sur sa famille. Le roman suit également quatre autres personnages : Gabriel et Raoul, deux soldats envoyés sur la ligne Maginot, Fernand, le garde mobile amoureux qui ne pense qu’à rejoindre sa femme, et enfin Désiré, incroyable caméléon que l’on retrouve sous différents métiers tout au long du roman. Les liens entre tout ce beau monde sont bien évidemment révélés à la fin d’une épopée riche en rebondissements. Bref, je me suis encore une fois régalée !

Outre l’écriture extrêmement fluide de l’auteur, j’apprécie également la richesse de sa langue. J’ai ainsi pu découvrir des mots perdus ou oubliés comme les verbes voussoyer (qui est plus correct que vouvoyer) ou apparoir. Le travail de recherche historique derrière chaque roman mérite le respect. Les détails sont tellement précis que l’on se retrouve littéralement plongé dans l’entre-deux-guerres comme si on y était. Bref, cette trilogie a été un coup de cœur du début à la fin et je ne peux que la recommander.

Les Impatientes, de Djaïli Amadou Amal

Premier livre lu en cette année 2021, Les Impatientes m’aura marquée et méritait bien un billet Croque-livre.

Les Impatientes, Djaïli Amadou Amal

Les Impatientes, Djaïli Amadou Amal

Ce roman de l’auteure camerounaise Djaïli Amadou Amal dépeint la situation des femmes du Sahel à travers le témoignage de Ramla, Hindou et Safira. Leur histoire entremêlée est liée par un sentiment commun : l’impatience. Ramla n’a pas la patience suffisante pour retenir ses larmes qui coulent pour son amour perdu et ses rêves d’études envolées lors de son mariage forcé, sa sœur Hindou n’a pas la patience de supporter les coups et les viols de son cousin qu’elle a été contrainte d’épouser et Safira n’a pas la patience de devoir partager son mari avec Ramla, la jeune femme qui vient de rejoindre son foyer polygame. Trois femmes différentes mais qui partagent toutes cette même impatience, celle d’échapper à ce patriarcat écrasant qui brise leurs rêves et les réduit presque à l’esclavage. Quelle que soit la gravité des problèmes qu’elles rencontrent, on leur répète le même refrain : munyal, patience ! C’est aussi l’impatience, associée à la colère, qui m’a accompagnée durant ma lecture. Par moment dur, ce roman traite du mariage précoce, du viol conjugal et de la polygamie à travers la voix trop souvent étouffée des victimes. J’ai d’ailleurs trouvé particulièrement intéressante l’histoire de Safira, femme de 35 ans qui se voit forcée d’accueillir la nouvelle épouse de son mari au cœur de son foyer, avec sourire et bienveillance. Je n’avais en effet jamais lu d’ouvrages traitant de la polygamie auparavant et Les Impatientes m’a permis de lever un peu le voile sur ce problème moins connu dans nos contrées.

Les Impatientes est une réécriture du troisième roman de Djaïli Amadou Amal, une écrivaine et militante féministe camerounaise qui a, elle aussi, connu son lot de malheurs. Après un premier mariage forcé à 17 ans, elle se remarie dix ans plus tard avec un homme violent, qui ira jusqu’à kidnapper ses deux filles pour la punir de sa demande de divorce. L’écriture sera son échappatoire. Elle sort ainsi Walaande, l’art de partager un mari (2010) et se fait directement remarquer. La « voix des sans-voix », comme on la surnomme dans son pays, poursuit avec Mistiriijo, la mangeuse d’âmes (2013) puis Munyal, les larmes de la patience (2017), qui sera retravaillé pour faire son entrée aux éditions Emmanuelle Collas sous le titre Les Impatientes. Comptant déjà parmi les grands auteurs africains, elle reçoit pour cette réédition le prix Goncourt des lycéens en 2020.

À travers son œuvre, Djaïli Amadou Amal raconte une partie de son histoire, mais aussi celle d’un trop grand nombre de femmes du Sahel qui vivent encore sous le joug des coutumes et traditions patriarcales. Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire ses autres romans, mais je recommande Les Impatientes à tous les lecteurs intéressés par la condition féminine et la question féministe.

Merci à ma tante Dominique de m’avoir fait découvrir cette auteure et à bientôt pour un nouveau billet !

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