Dans « travail à domicile », il y a « travail »

J’ai manqué à mon rendez-vous hebdomadaire la semaine dernière car j’étais littéralement KO. Je me remettais doucement d’une nuit presque blanche pour rendre un gros projet de traduction, mes 2 dernières semaines ayant été perturbées par un invité surprise à 4 pattes…

La surprise en question

Il y a 2 semaines, nous avons débarqué en Allemagne, mon cher et tendre devant reprendre les rênes de l’entrepôt de son entreprise. Le week-end avait été chaotique à cause de la tempête et j’avais dû terminer un autre projet de traduction chez mes beaux-parents, sachant qu’ils ne comprennent pas toujours la nécessité de devoir travailler le week-end quand on a une traduction à rendre pour la Commission le lundi matin à 9h… Bref, ma première nuit en Allemagne avait été assez courte. Je pensais passer mon premier lundi allemand de manière plus tranquille quand mon cher et tendre a débarqué dans l’appartement avec un nouveau collègue que je ne connaissais pas et… un rottweiler de 6 ans. Venant à peine de rendre ma traduction, j’ouvre de grands yeux cernés, ne comprenant pas ce qu’il se passe, quand le collègue en question (Felipe) me demande si c’est OK que le chien reste là. Prise de court, je n’ai pas vraiment eu d’autre choix que de dire « oui », mon cher et tendre m’expliquant que Felipe n’avait pas encore les clés de son appartement définitif, qu’il logeait encore dans des AirBnb et qu’il ne pouvait pas y laisser son rottweiler. Le pauvre toutou restait donc sagement dans la voiture de Felipe, n’ayant pratiquement pas de place pour se coucher et encore moins pour bouger (pour la défense de mon cher et tendre, je pense que j'aurais pris le chien sans réfléchir si je l'avais vu moi-même dans le coffre de la voiture). L’appartement de fonction se trouvant juste en face de l’entrepôt, il était plus pratique et plus confortable autant pour le chien que pour son maître que je le garde auprès de moi. Me voilà donc à passer cette première journée en Allemagne aux côtés d’Hercules (prononcé à l'espagnol vu l'origine de Felipe). Mon cher et tendre n’y voyait aucun problème étant donné que j’ai grandi avec des chiens, que mes parents ont encore actuellement un chien « de grande taille » d’après ses dires (bon, pas un Rottweiler non plus, mais suffisamment grande pour effrayer les cynophobes), et qu’Hercules semblait doux comme un agneau (c'était véritablement un bon gros géant, contrairement à la mauvaise réputation que l'on donne à cette race). Mon cher et tendre n’a toutefois jamais eu de chien et ne sait pas forcément qu’un toutou dont les habitudes sont bouleversées n’est pas particulièrement calme…

Hercules souffrant d’une légère peur de l’abandon, il ne pouvait pas rester seul une seconde et demandait énormément d’attention. Je devais donc régulièrement interrompre mon travail, le voyant planté à côté de ma chaise de bureau, me regardant avec des yeux larmoyants ou insistant avec sa patte sur mes genoux pour que je lui fasse des câlins ou jouer avec lui. Il fallait aussi que je veille à ce qu’il ne fasse pas de bêtise (comme grimper sur le plan de travail, piquer des chaussettes dans la chambre ou déchirer des mouchoirs en papier 🙄). Hercules s’est finalement habitué à ma présence (ou plutôt à l'absence de son maître) et à son nouveau rythme (arrivée avant 8h, promenade avec son maître vers 12h30 et retour à la maison vers 17h) au bout du 7e jour de garde. Entretemps, j’ai aussi eu droit à 2 vomis, un pipi sur mon tapis de yoga et un caca dans le couloir (Hercules était quelque peu sensible de l'estomac et des intestins...). Se sont donc aussi ajouté plusieurs tâches de nettoyage (Felipe et mon cher et tendre ayant heureusement mis leurs mains à la pâte, mais quand même...). Bref, on peut dire que ma productivité n’a pas été au top durant une grosse semaine. Certes, les derniers jours ont été plus calmes, mais cela n’empêche que ce n’est pas parce que l’on travaille de chez soi que l’on a forcément le temps de faire du dog-sitting. J’ai d’ailleurs été vexée lorsque Felipe m’a demandé si je travaillais. Mon ordinateur était à chaque fois allumé, il voyait ma boîte mail, mes pages de recherche d’un côté, mon gros guide anglais-français de la traduction sur mon bureau… donc oui, je travaillais… ou du moins, j’essayais. À la fin de ces 10 jours de garde, mon cher et tendre voulait proposer à Felipe que je garde Hercules chaque fois que je serai en Allemagne, j’ai refusé (ce gros bébé de 45 kilos a beau être attendrissant, je suis contente d'avoir retrouvé ma tranquillité).

Si j’avais envie de vous partager cette histoire, c’est parce que j’ai déjà entendu plusieurs fois cette réflexion de gens qui pensent que les personnes travaillant de chez elles ne travaillent pas vraiment, qu’en tant que freelance à domicile, on a le temps de s’occuper de la maison, de faire le linge, de préparer des repas, et j’en passe. Alors, je ne vais pas non plus dire qu’il ne m’arrive jamais de mettre en route des lessives quand j’ai un peu de temps devant moi, mais « travailleur/travailleuse à domicile » ne veut pas dire « homme/femme de ménage » ou « baby/cat/dogsitter ». D’ailleurs, ce sont des boulots en soi…

Bref, n’oubliez pas que prendre soin de l’animal d’une autre personne demande de l’attention et qu’une personne qui travaille de chez elle n’a pas forcément le temps de lui en donner puisqu’elle TRAVAILLE. À bon entendeur…

About Elise Lignian

Traductrice de l'anglais, du russe et de l'espagnol vers le français, je travaille en tant qu'indépendante. Rédaction, correction, révision de traduction et traduction sont les services que j'offre à mes clients. Pour plus d'informations à mon sujet, consultez dès maintenant mon site http://translovart.com.

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