Février n’aura pas été l’acte que j’ai le plus apprécié. Ce mois bissextile a été moralement difficile. Un enchaînement de mauvaises nouvelles a plombé ma vie personnelle et professionnelle. J’arrive heureusement à voir enfin le bout à l’approche du redoux. Retour sur ces 29 jours auxquels je ne porte pas un grand amour.
Le mois le plus court de l’année a commencé par l’annonce d’une forte hausse de loyer. Le prix de la location de l’appartement londonien où nous aimons vivre a été augmenté de pas moins de 250 livres. Cette nouvelle a d’ailleurs quelque peu précipité notre voyage de l’Allemagne jusqu’au territoire anglais. La traversée en ferry n’aura elle aussi pas été de tout répit. Nous avons subi la mauvaise humeur d’une guichetière nous faisant arriver trop tard sur l’embarcadère. Si nous n’avons pas connu de naufrage, nous sommes arrivés dans un appartement sans eau chaude ni chauffage. Le chauffe-eau ne daignait plus fonctionner, nous faisant passer 3 jours à greloter. Heureusement, un ouvrier du gaz devait venir faire une inspection et il en a profité pour assurer la réparation. Mais comme le veut Murphy et sa loi, quand la malchance frappe, ce n’est jamais deux sans trois. Mon premier jour sur le sol britannique aura ainsi également été synonyme de panique. Alors que mon cher et tendre venait de quitter l’appartement, je me suis aperçue que mon téléphone n’affichait plus son écran. J’avais justement besoin d’une application mobile loin d’être futile. Mon smartphone me permet en effet de me connecter à une plateforme pour pouvoir accéder à certains projets. Mon écran restant malheureusement noir, j’étais en plein désespoir. Deux jours plus tard, mon cher et tendre a réussi à réparer mon téléphone, mais il était trop tard pour accomplir ma besogne. J’avais dans tous les cas déjà déclaré forfait en prévenant l’agence que je ne pouvais assurer le projet.
Niveau professionnel, février m’aura d’ailleurs mis pas mal de plomb dans l’aile. Outre cet incident matériel, j’ai eu écho début du mois d’une mauvaise annonce officielle. L’agence avec qui je travaillais sur des projets de la Commission a déclaré avoir perdu son contrat avec cette institution. En apprenant ce malheur, je me suis rendue sur les différents forums de traducteurs. J’étais loin d’être la seule dans le cas et un fil de discussion s’est ouvert pour tenter de savoir qui avait remporté ce fameux contrat. Grâce à la solidarité de certains Project Managers, nous avons appris quelle était l’agence choisie comme nouveau fournisseur. Mes collègues et moi-même ont toutefois vite déchanté en découvrant son identité. Privilégiant davantage la post-édition, c’est par ses bas prix qu’elle a conquis la Commission. En plus de ses tarifs au ras des pâquerettes, des traducteurs nous ont avertis que cette agence n’était pas très honnête. Certains avaient eu la mésaventure de quémander le paiement de leurs factures. D’autres déploraient ses conditions de travail, l’agence exigeant de traduire en ligne au moyen d’un portail. Rien qui ne donne vraiment envie de proposer mes services à ces harpies. Pour mettre mon moral encore plus à plat, plusieurs articles angoissants ont été publiés au sujet de l’IA. L’avenir de mon activité me paraissait plus que menacé. J’ai ainsi passé une grosse partie du mois en ayant l’impression d’être sous une épée de Damoclès, réduisant à néant le peu qu’il me restait de légèreté et d’allégresse.
Le deuxième mois de l’année n’aura toutefois pas été que contrariété. Cherchant à me raccrocher au présent, j’ai pu profiter de quelques beaux instants. J’ai ainsi pu assister au spectacle de danse de mon ancienne compagnie, me permettant de revoir mes plus vieilles amies. Il m’aura aussi permis de passer un peu de temps auprès de mes parents et beaux-parents. L’appel visio-téléphonique familial à l’occasion de l’anniversaire de ma grand-mère m’aura redonné le sourire lors de ma première semaine en Angleterre. J’ai également eu le plaisir de retrouver la gérante du café de la librairie où je vais travailler presque tous les mercredis. Février m’a en outre donné la possibilité de renouer contact avec une ancienne camarade d’université. J’ai par ailleurs fait envoler mes tracas le temps d’un sympathique cours de zumba, complété par des séances matinales de yoga et une sortie occasionnelle au spa. Apprécier la nature de ma banlieue londonienne m’a spécialement bien aidée à me sentir plus sereine. En plus de pouvoir admirer le soleil se lever, j’ai eu le bonheur d’apercevoir de nombreux cervidés. Quelques excursions m’auront également sortie de ma petite dépression. Plutôt que d’être consacré au repos, notre premier dimanche londonien a été l’occasion de visiter le salon de la moto. Au programme du week-end dernier, ce fut minigolf et séance de cinéma devant le film sur Bob Marley. Quand je revois ces photos, je me dis qu’au fond, cet acte n’a pas été qu’un lamento.























Mars a déjà commencé, apportant ses fameuses giboulées. Le temps semble toutefois s’améliorer, chassant les nuages de morosité. Le troisième acte s’annonce en outre plus jovial, teinté de carnaval et de réunion familiale. Rendez-vous à la fin de la première semaine d’avril pour savoir s’il aura été plus tranquille.
