Je n’ai pas publié d’article la semaine dernière par manque d’inspiration… Elle est heureusement revenue aujourd’hui. Comme nous sommes le 21 juillet, jour de la fête nationale belge, j’avais envie de vous partager mon agacement lorsque je reçois des demandes de traduction vers… le français de Belgique.

J’avais déjà parlé des belgicismes sur ce blog il y a plusieurs années. À l’époque, c’était simplement l’une de mes désormais meilleures clientes (espagnole) qui me demandait s’il y avait des différences entre le français de France et le français de Belgique. Je ne vais pas réécrire l’article ici, mais je lui avais expliqué que j’avais appris durant mes études de traduction à éviter les belgicismes et autres tournures belges dans mes textes. L’agence de rédaction de contenus avec laquelle je collabore le plus est d’ailleurs française et mon écriture n’a jamais posé de problème.
Il m’est cependant arrivé de recevoir des demandes quelque peu farfelues. Je peux comprendre qu’une boîte anglaise ou étrangère recherche un traducteur pour le « français belge », étant donné que les pays plus éloignés ne sont pas forcément au courant de la réalité linguistique de notre plat pays. Néanmoins, j’ai déjà reçu, de la part d’un client purement français, une demande d’adaptation d’un texte français (sous-entendu « de France ») en français de Belgique. Je ne sais pas trop s’il faut en rire ou en pleurer. Le texte à « adapter » ne traitait aucunement de sujets administratifs, d’éducation ou d’un autre domaine dans lequel il pourrait exister quelques petites différences lexicales (par exemple « bourgmestre » au lieu de « maire » ou « sixième » au lieu de « première » lorsque l'on parle de système scolaire). Le client en question souhaitait pourtant le « traduire en belge ». Que voulait-il exactement ? Que j’ajoute des « une fois » à chaque bout de phrase ? Les chiffres n’étant pas écrits en toutes lettres dans le document en question, je n’aurais même pas pu transformer leur quatre-vingt-dix en nonante… Bref, il n’y avait absolument rien à changer dans ce texte.
Nous, les Belges, nous sommes habitués à lire et à entendre du « français de France », contrairement à certains de nos amis français qui nous regardent d’un air perplexe si nous avons le malheur d’utiliser un mot ou une expression typique de notre plat pays et qui vont rester bloqués sur ce passage plutôt que d’essayer de comprendre (alors qu'on ne parle pas chinois non plus, faut pas exagérer 🙄). Bref, mon cher et tendre (qui est un Français de France, même si on partage bien plus en commun linguistiquement parlant puisqu'il est ch'ti et que je viens de Tournai, où l'on parle encore le picard) m’a dit que j’aurais dû accepter, m’amuser à changer 2-3 mots et à réclamer mon dû, mais j’ai préféré expliquer qu’il n’y avait aucun intérêt à « traduire » le document étant donné que les Belges le comprendront parfaitement.
Ma frustration semble être partagée par d’autres traducteurs belges, car je suis tombée, il y a déjà plusieurs années, sur l’article de blog d’un de mes collègues compatriotes qui explique en détail pourquoi il est ridicule de demander de « traduire en belge », sauf cas rares très concrets. Je vous invite donc à le lire si vous êtes Français et n’en êtes pas convaincu.
En ce jour de fête nationale, j’avais envie de terminer par une petite demande à nos amis français : j’accepte que vous utilisiez le masculin pour parler de « toilette » (sujet d'une petite chamaillerie linguistique entre mon cher et tendre et moi-même), mais par pitié, quand vous utilisez un nom belge, prononcez-le correctement, à commencer par notre capitale : c’est « BruSSelles » et non « BruXelles ». Et vu que tout rentre mieux en musique, je vous invite à vous exercer avec le grand Jacques.
Quant à mes compatriotes, je leur souhaite une
bonne fête nationale !