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Les inconvénients de travailler chez soi

Cette semaine a été plutôt décontractée par rapport au mois qui vient de s’écouler. Je n’avais plus que quelques petits projets à faire et je me sentais déjà en mode  « vacances » (à l'heure où vous lisez ces lignes, je serai d'ailleurs dans un charmant petit gîte du Luxembourg pour passer un week-end prolongé avec ma famille 😊). J’avais toutefois envie de revenir sur la course contre la montre des 2 dernières semaines, qui ont été semées d’embûches en raison de soucis domestiques.

Photo de Pixabay (non, ce ne sont pas mes pieds. J’évite d’ailleurs de travailler sur le canapé, c’est contre-productif)

Avant tout, je sais que travailler à la maison est une chance (beaucoup regrettent d'ailleurs le confinement où tout le monde pouvait bosser et faire des réunions Zoom en étant encore en pantoufles et pyjama 😆), mais il faut aussi reconnaître que ce n’est pas toujours une sinécure. D’ailleurs, beaucoup de personnes femmes ont senti que leur charge mentale avait plus que doublé durant ces longs mois passés à la maison. Alors, bien sûr, cette surcharge mentale était largement liée à la situation sanitaire et à la présence des enfants privés de garderies et d’écoles. N’ayant pas d’enfant, je n’ai pas vraiment de quoi me plaindre. Cela dit, il n’est pas toujours évident de pouvoir séparer travail et vie domestique. Et l’avant-dernière semaine en a été un bel exemple…

Samedi 16 juillet, après lui avoir expliqué que je devais absolument travailler durant le week-end pour parvenir à boucler un projet, mon cher et tendre s’est motivé à tenter de réparer notre WC dans notre petit logement londonien. Cela faisait en effet plusieurs semaines qu’un bruit monstrueux (à réveiller tout le quartier 🙄...) s’élevait de nos toilettes chaque fois que l’on tirait la chasse. Je venais à peine de m’installer à mon bureau quand j’ai entendu mon cher et tendre me demander d’un air paniqué d’appeler Mike, l’homme-à-tout-faire de notre immeuble… La petite entrée d’eau qui alimente le réservoir de la toilette (oui, on dit bien la toilette, et je dis ça car en cherchant un terme pour mon article, je suis à nouveau retombée sur « le toilette ») était apparemment hors d’usage et nous n’avions aucun moyen de couper l’eau, ce qui annonçait une inondation imminente, à moins de passer notre journée à tirer la chasse. Mike est venu à la rescousse 10 minutes plus tard. Il est parvenu à couper l’eau (ce qui n'a pas été une mince affaire, vive les vieilles bâtisses anglaises 😒) et nous a dit qu’il reviendrait le lundi suivant pour changer tout le système de chasse d’eau. Inutile de dire que cette première journée de travail était donc tombée à l’eau (sans jeu de mot).

Le lundi suivant, alors que j’essayais d’avancer dans mon travail en attendant la venue de Mike, j’aperçois ma tortue (oui, j'ai un animal de compagnie plutôt original 😁) nager avec son petit thermomètre cassé en bouche ! Paniquée, je m’empresse de lui enlever avant qu’elle n’essaye de le manger davantage et me met à tenter de récupérer les petits bouts de verre tombés au fond de son aquarium. Fond de l’aquarium qui est recouvert de faux gazon donc cela revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin… Je décide donc de retirer cette pelouse artificielle et m’empresse de la passer sous la douche et de grappiller les derniers bouts de verre dans l’aquarium avec une épuisette. J’avais entretemps laissé mon minidinosaure gambader dans l’appartement (oui, c'est une tortue mi-aquatique, mi-terrestre 🐢). Sauf qu’elle avait décidé qu’elle serait désobéissante ce jour-là puisque, après avoir tenté de manger son thermomètre, elle s’est dit que c’était le bon moment pour jouer à cache-cache. Deuxième coup de panique en ce lundi matin, je pense avoir perdu ma tortue avant de la retrouver cachée sous le lit. Bref, il est midi quand je remets enfin la fausse pelouse et mon petit monstre à carapace dans l’aquarium. Je me pose deux minutes pour reprendre mes esprits et manger un morceau quand j’entends sonner à la porte principale (notre appartement se trouve dans un immeuble avec plusieurs petites habitations). C’était un livreur venu apporter le nouveau modem Internet (pour ceux qui n'ont pas suivi, notre immeuble a été vendu fin juin et il y a donc eu changement de propriétaire et par conséquent nouveau contrat Internet, etc.). En retournant à la porte de mon appartement, je vois la boîte à outils de Mike posée sagement par terre. Il a dû venir quand j’étais en pleine recherche de bouts de verre/de ma tortue. Je l’appelle pour m’excuser de ne pas lui avoir ouvert et lui dire que j’étais bien chez moi donc qu’il pouvait venir réparer la chasse d’eau. Ce qui devait au départ prendre 15 minutes a finalement pris 1h30… La plomberie étant très vieille dans ces maisons anglaises, Mike a en effet eu beaucoup de mal à installer le nouveau mécanisme. Il est 14h30 quand il me dit enfin que c’est OK (inutile de dire que je n'avais pas vraiment avancé dans mon travail entretemps). C’était sans compter le modem. Avant de partir avec sa boîte à outils, Mike me dit qu’il reviendra dans quelques minutes pour installer le modem et, comme je suis la seule qui travaille à la maison avec un ordinateur, qu’il aura besoin de mon aide. Bref, j’ai encore perdu une trentaine de minutes sur ma journée et n’ai pu vraiment me mettre à bosser que vers 15 heures…

Le soir-même, je remarque une nouvelle mini-fuite dans nos toilettes… Mon cher et tendre recontacte donc Mike qui nous dit qu’il va devoir probablement changer une autre pièce de la chasse d’eau et qu’il reviendra le lendemain… Heureusement, il a été plus rapide que la première fois et j’ai donc pu passer le reste de ma semaine dans un environnement plus calme et silencieux (ce qu'il me fallait pour venir à bout de ces projets de rédaction). J’aurai quand même perdu au total 3 jours précieux de travail sur ma semaine…

Bien sûr, c’est un cas extrême (et heureusement), mais quand on a du travail par-dessus la tête, c’est particulièrement énervant. D’où l’importance d’avoir un bon espace de travail, si possible dans une pièce uniquement dédiée à cela (ce qui n'est pas trop le cas dans notre appartement londonien, vous l'aurez compris). J’avais d’ailleurs parlé il y a quelques mois du manque de motivation que je ressentais chaque fois que je m’installais à mon bureau à Londres. Des travaux venaient d’être faits dans l’appartement et mon esprit était obnubilé par les tâches domestiques (nettoyer, balayer, astiquer... les plus de 30 ans auront la chanson en tête 😁). C’est donc pourquoi j’ai préféré me trouver d’autres endroits pour travailler et vraiment me concentrer sur mes projets et non sur la myriade de choses à faire à la maison.

Si ce n’est pas possible de toujours travailler hors de chez soi, il est important de fixer des limites, autant pour soi que pour les personnes qui vivent sous le même toit. C’est parfois encore difficile, (surtout à Londres où je suis dans un plus petit endroits et où le bordel s'accumule beaucoup plus vite) et il arrive encore souvent que je prenne une pause pour ranger ou nettoyer quelque chose… Néanmoins, j’impose des limites un peu plus strictes à mon cher et tendre. Ce n’est pas parce parce je bosse à la maison que j’ai le temps de m’occuper du ménage ou de jouer aux portiers. Cela fait d’ailleurs un moment que je demande à mon cher et tendre de ne plus faire livrer ses colis à la maison, mais dans un point de retrait tout proche (je déteste être interrompue dans mon travail quand j'ai un gros projet, alors les coups de sonnettes intempestifs, je n'en veux plus !).

Bref, tout ça pour dire que travailler chez soi, c’est génial, mais qu’il faut s’imposer des limites et parvenir à séparer tâches professionnelles et tâches domestiques dans son esprit.

Les inconvénients du métier de traducteur, version 2022

Ce lundi, j’ai fêté les 10 ans de mon activité de traductrice et rédactrice indépendante. Si mon blog n’est pas aussi vieux (je ne l'ai commencé qu'en 2014), il m’a accompagnée tout au long de mon expérience. Il m’arrive parfois de relire d’anciens billets (et de les modifier légèrement si, horreur, je trouve une faute d'orthographe 😱). Cela fait aussi un moment que je vérifie les statistiques de visite et j’ai constaté que mon billet le plus consulté est celui sur les inconvénients du métier de traducteur freelance. Comme je l’ai écrit après un peu plus de 3 ans d’expérience, je me suis dit que j’allais revenir sur mes propos.

J’avais cité 4 inconvénients dans ce premier billet, à savoir les périodes creuses, la prospection, les mauvais payeurs et les urgences. Je vais donc reprendre ces 4 points et exprimer mon avis actuel.

Les périodes creuses

À l’époque où j’ai écrit cet article, j’étais loin d’avoir autant de travail qu’aujourd’hui. Depuis, mon chiffre d’affaires s’est multiplié par 5 et je peux dire que cela fait au moins ans que je ne connais quasiment plus de période creuse (hormis l'année fatidique de 2020 😷, mais j'ai quand même travaillé bien plus cette année-là que 5 ans plus tôt). Il faut dire qu’en 2015, je ne travaillais que de manière ponctuelle pour plusieurs agences et quelques clients privés. Aujourd’hui, le plus gros de mon travail provient de 2 agences dans lesquelles j’ai acquis une bonne place. Une fois qu’une bonne relation de confiance est établie (avec les PM aussi), on se voit en effet proposer un plus grand nombre de projets. Il y a bien sûr toujours des périodes moins chargées à certains moments de l’année (par exemple juste après les fêtes), mais je passe clairement beaucoup moins de temps à stresser de ne pas avoir de boulot. C’est d’ailleurs plutôt l’inverse aujourd’hui : je suis impatiente d’avoir enfin une semaine un peu plus calme pour faire toutes les petites choses auxquelles je ne parviens plus à consacrer de temps (la mise à jour de mes profils, de mon CV, la formation, etc.). Bref, au bout de 10 ans d’expérience, je peux dire que je ne considère plus les périodes creuses comme un inconvénient, mais plutôt comme une accalmie appréciable pour souffler, se former et redémarrer du bon pied lorsque les activités reprennent en force.

La prospection

Comme j’ai beaucoup moins de périodes creuses, j’avoue que je ne passe plus de temps sur la prospection. Je ne vais pas dire que ça me manque, mais maintenant que j’ai 10 ans d’expérience, je n’ai plus vraiment peur de contacter les agences ou les clients directs. En 2015, j’étais encore souvent en proie au syndrome de l’imposteur (que je ressens d'ailleurs encore parfois), et je n’osais pas forcément envoyer mon CV à certaines agences. Souffrant d’un gros manque de confiance en moi, cela me demandait un effort surhumain pour vendre mes services auprès de nouvelles personnes. J’admets que prospecter n’est toujours pas une partie de plaisir, mais je suis beaucoup plus à l’aise dans cet exercice qu’à mes débuts. Donc si vous vous lancez et que vous êtes un peu de la même nature que moi, ne désespérez pas ! Ça deviendra plus facile avec le temps.

Les mauvais payeurs

Sept ans après l’écriture de ce billet, je peux toujours m’estimer chanceuse. En 10 ans de carrière, je ne suis jamais tombée sur une agence ou un client qui refusaient de me payer. J’ai bien eu quelques retards de paiement, mais ils étaient généralement causés par un simple oubli ou un changement de système de facturation. J’ai toutefois eu la chance d’avoir eu ces soucis avec 2 de mes plus anciens clients et ils ont été prompts à régler leur dette. Si je devais réécrire l’article aujourd’hui, je ne pense d’ailleurs pas que je l’aurais mis dans les inconvénients. Cela arrive bien sûr, mais si l’on se renseigne sur la réputation de l’agence auparavant (c'est plus compliqué pour un client privé), on peut éviter ces mauvaises surprises.

Les urgences

Difficile d’échapper aux urgences et au stress que cela entraîne quand on travaille dans la traduction. S’il est vrai qu’il y a parfois des projets que l’on reçoit à la dernière minute, ce n’est pas toujours le cas non plus. À l’époque, je travaillais d’ailleurs avec des agences qui fixaient des délais très courts. Et comme je n’avais pas encore bien établi ma réputation auprès de celles-ci, je devais effectivement répondre très rapidement aux e-mails si je ne voulais pas que le projet m’échappe. Aujourd’hui, je ne connais plus du tout le même problème. J’ai la chance de travailler avec une agence de traduction très chouette, qui me confie régulièrement des projets. Les délais sont raisonnables et, en cas de pépin, je peux toujours contacter les PM, qui proposent même d’emblée d’allonger le délai si besoin. Cette semaine, j’ai même osé demander directement s’il était possible d’avoir quelques heures supplémentaires pour un gros projet, chose que je n’aurais probablement jamais fait avec d’autres agences (pour lesquelles je ne travaille plus d'ailleurs...). Bref, quand on tombe sur des agences qui respectent les traducteurs et les considèrent comme des êtres humains et non comme des machines, les urgences sont un inconvénient que l’on parvient plus facilement surmonter.

Comme quoi, avec de l’expérience, ces inconvénients paraissent bien plus surmontables ! Dix ans (ou plutôt ans) après l’écriture de ce billet, je peux encore dire aujourd’hui qu’être traductrice freelance, c’est exercer le plus beau métier du monde (billet qui a un peu vieilli lui aussi, mais l'enthousiasme est le même 😊).