Archives de Tag: #rédaction

2024 : acte VIII

Le huitième acte de l’année a été quasiment parfait. Mes semaines ont été bien remplies, et mes week-ends riches en découvertes et retrouvailles entre famille ou amis. La joie a toutefois laissé place au doute vers la fin du mois d’août. Retour sur ce mois estival plutôt phénoménal.

North York Moors National Park

Dans la poursuite de juillet, août a démarré avec un agenda plutôt chargé. L’une de mes clientes partant à son tour en vacances, j’ai eu pas mal de traductions à faire dans l’urgence. J’ai également enchaîné les rédactions de textes pour un site de réservation de voyages, me donnant parfois envie de reboucler mes bagages. Le mois s’est toutefois terminé sur une triste nouvelle, ce client ayant décidé de faire écrire ses futurs articles avec l’aide de l’intelligence artificielle. La perspective de rédiger avec l’IA ne m’ayant jamais séduite, je n’ai pas répondu à l’e-mail tout de suite. Le tarif proposé ayant bien évidemment baissé, les autres rédacteurs se sont rués sur les commandes sans rien me laisser. Me voilà donc avec un mois de septembre moins chargé que d’habitude, me plongeant dans un état d’inquiétude.

Si le mois d’août s’est terminé sur des soucis professionnels, il a été très positif niveau personnel. Après avoir décidé de remplacer notre monture par une autre moto d’occasion, nous avons pu partir plusieurs fois en excursion. Le garage vendant ce nouveau véhicule se trouvant à plus de 400 kilomètres dans le nord, nous avons pu explorer une partie du Royaume-Uni que nous ne connaissions pas encore. Nous avons fait le trajet aller en BlablaCar en compagnie d’un couple français, qui nous ont amenés à Darlington en van aménagé. C’est en train que nous avons poursuivi notre trajet, nous donnant l’occasion d’entrer dans une gare au riche passé. Après avoir enfin récupéré notre nouvelle monture, nous nous sommes empressés de partir à l’aventure. Ce périple jusque dans le nord de l’Angleterre nous a en effet permis d’explorer un parc national rempli de bruyères. Terre de landes couvertes de moutons et de fleurs parfumées, les North York Moors m’ont totalement envoûtée. Ils m’ont également donné l’occasion de passer à travers des villages merveilleusement bucoliques, dégageant un charme typiquement britannique. Souhaitant profiter pleinement de ces paysages naturels, nous avions prévu de loger sur place à l’hôtel. Perdu au bord de la mer, le Raven Hall Country House Hotel nous a accueillis au coucher du soleil avec une vue spectaculaire. Le spectacle était tout aussi magique la nuit tombée, le ciel totalement noir nous permettant de contempler la voie lactée. Après un petit-déjeuner royal, nous avons poursuivi la visite du parc national le long du littoral. Nous avons fait une escale dans la ville portuaire de Whitby, célèbre pour les ruines de son ancienne abbaye. Nous sommes ensuite repartis dans le parc national à moto, nous arrêtant cette fois pour une balade pédestre jusqu’à une chute d’eau. L’heure est hélas venue de reprendre l’autoroute, mais avant de rentrer, nous nous sommes arrêtés chez ma belle-sœur à St Ives pour casser la croûte. Nous avons regardé avec elle la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, concluant ce beau week-end par une soirée fantastique.

Après cette escapade d’un week-end dans le nord de l’Angleterre, le samedi 16 août nous a fait voyager à la mer. Une fois arrivés à Eastbourne en moto, nous partons en bus jusque Seaford pour entamer une longue rando. Mon cher et tendre a voulu m’emmener face aux Seven Sisters, une série de 7 falaises de craie d’une éclatante blancheur. Après les avoir vues devant nos yeux se déployer, nous avons entrepris la traversée de leur parc national à pied. La succession des montées et descentes ne m’a pas parue fatigante, tant la beauté des paysages était époustouflante. Le lendemain de ces 20 kilomètres de randonnée, c’est à un anniversaire que nous avons été conviés. Ma cousine célébrant son 34e printemps, son mari nous a invité à un goûter dans leur bel appartement. Situé à Limehouse face à un plan d’eau, le lieu nous a offert un magnifique coucher de soleil sur la City et ses bureaux. Mon cher et tendre étant parti escalader les fjords en Norvège le week-end suivant, je me suis accordée un week-end en solitaire ressourçant. J’ai retrouvé ma belle-sœur au pied du London Eye pour un resto vendredi, puis j’ai passé la journée à ranger, nettoyer, lire et écrire le samedi. J’ai ensuite profité de mon dimanche pour me rendre au cœur de la capitale des Anglais afin de m’adonner à mes activités préférées. Visite sans me presser d’un nouveau musée, flânerie dans des librairies, balade le nez en l’air en quête d’extraordinaire. Covent Garden a été le lieu principal de mes pérégrinations, le quartier londonien des théâtres étant mon lieu de prédilection. La fin du mois m’a enfin ramenée dans mon pays, me permettant de revoir certains membres de ma famille. C’était surtout l’occasion de voir aboutir un projet qui a demandé pas mal d’organisation : l’EVJF de l’une de mes meilleures amies qui s’est déroulé à la perfection.

Le mois d’août s’est ainsi achevé sur une note festive, me laissant espérer une entrée dans l’automne plus jouissive. De très beaux moments m’attendent au niveau personnel, reste à prier que le vent tournera positivement du côté professionnel. Réponse prévue dans 4 semaines révolues.

La menace de l’IA

Ces derniers jours, l’intelligence artificielle a été au cœur de diverses discussions. J’ai tout d’abord eu des nouvelles d’une ancienne camarade de classe, également traductrice, qui me demandait si j’avais ressenti un changement ces dernières années en raison de la présence de plus en plus grande de la traduction automatique. Quelques jours plus tard, sur le groupe Facebook des anciens diplômés de ma faculté de traduction, une personne a partagé cet article, traitant de la dégradation des conditions de travail des traducteurs littéraires depuis, je cite, « l’arrivée sur le marché de puissants outils de traduction automatique dopés à l’IA ». J’avais déjà parlé du spectre de ChatGPT dans un autre billet, mais j’ai besoin de vider un peu mon sac.

Naïve comme je suis, je croyais que la traduction littéraire serait épargnée par la traduction automatique. Une œuvre écrite qui aura été en gestation pendant des mois dans l’esprit d’un auteur ou d’une autrice ne peut quand même pas être traduite par une machine… Or, si vous avez lu l’article, vous apprendrez que les éditeurs ont de plus en plus recours à la post-édition (c'est-à-dire un texte déjà traduit de manière automatique puis révisé par un traducteur) et en profitent pour baisser allègrement le tarif des traducteurs, alors que ceux-ci ont vu leurs heures de travail se multiplier en raison de l’utilisation de l’IA. Les non-initié(e)s se demandent peut-être pourquoi un outil censé faciliter la tâche des traducteurs rend leur travail chronophage. Imaginez-vous qu’un livre est comme une tapisserie, que son auteur a tissée méticuleusement pendant des mois, choisissant soigneusement les fils, les couleurs pour lui donner tout son éclat. L’outil de post-édition va recréer cette tapisserie à toute vitesse, puisant dans une mémoire de traduction des phrases similaires et reprenant la manière dont elles ont été traduites. Les traducteurs littéraires se retrouvent donc face à une tapisserie certes jolie à première vue, mais avec de nombreux défauts (contre-sens, glissements de sens, niveaux de langage inappropriés, illogismes...). Ils sont alors contraints de tout démêler pour retrouver les bons fils de la trame. Ils perdent aussi ce qui fait tout l’attrait de ce métier à mon sens : pouvoir se glisser dans la peau de l’auteur et jongler avec les mots pour trouver la meilleure façon de transmettre l’œuvre. Autre pratique choquante, certains éditeurs cachent complètement le fait que l’IA a été utilisée pour traduire leurs livres. S’il vous arrive de trouver une version française mal écrite, ne jetez donc pas directement la pierre au traducteur ou à la traductrice…

Outre ces pratiques honteuses qui mettent encore plus à mal ces travailleurs bien trop souvent mis dans l’ombre, et qui menacent toutes les branches de mon métier d’ailleurs, la fascination des gens pour l’IA m’attriste. Certains s’amusent à partager des images entièrement générées par l’IA, d’autres se reposent entièrement sur ChatGPT pour écrire leurs e-mails, d’autres encore font appel à des outils de création basés sur l’intelligence artificielle pour composer des morceaux de musique, sans y voir de problème. Alors oui, on gagne en productivité, en temps et certains font de belles économies d’argent, mais on perd un élément essentiel : l’humain. Certes, on dit que l’erreur est humaine. Nous sommes tous imparfait(es). Mais l’humain peut aussi faire de grandes choses avec du temps, de la réflexion, de l’imagination. Si l’IA peut faciliter notre vie, elle risque aussi de nuire, selon moi, à notre capacité de penser, de réfléchir, d’imaginer, de créer. J’ai souvent beaucoup d’admiration pour les traducteurs du passé, capables de traduire les écrits sans Trados, sans Google, comptant uniquement sur leurs connaissances et leur bibliothèque pleine à craquer. Je ne suis pas contre le progrès, loin de là. Je ne veux pas non plus retourner au temps de saint Jérôme où l’on écrivait à la plume sous la lueur des bougies. Mais les dernières avancées me font réellement peur. Cela fait déjà plus de 10 ans que j’ai fait de la traduction et de la rédaction mon gagne-pain. Pourrai-je encore vivre de ma passion dans 10 ans ? Cette crainte ne se limite pas à mon métier, j’ai aussi peur de voir l’abrutissement des générations à venir. Les étudiants de demain parviendront-ils encore à rédiger des textes sans faire appel à ChatGPT ? Pourrons-nous encore nous extasier devant un tableau, un morceau de musique, un roman né uniquement de la créativité d’un être humain ? Serons-nous encore capables de réfléchir et de penser par nous-mêmes ? Je n’ai pas la réponse, mais j’espère ne plus être là le jour où mon métier disparaîtra…

Maigre espoir, on annonçait il y a 10 ans la disparition des livres avec l’arrivée des liseuses et e-books et pourtant, nous sommes encore nombreux à préférer sentir le papier sous nos doigts. J’espère donc que nous serons encore beaucoup à favoriser les traductions/rédactions/toutes autres créations humaines malgré l’IA. Seul l’avenir nous le dira…

Demander un report de délai

Publié le

Le début de cette semaine a été très intense, tellement intense que je sentais que je ne réussirais pas à tout finir sans une nuit blanche. J’ai alors fait ce que je n’aurais jamais osé au début ma carrière : demander un délai supplémentaire.

Photo de Stas Knop sur Pexels

Que ce soit dans le monde de la traduction ou de la rédaction, c’est bien connu, tout est toujours urgent. À mes débuts, je travaillais d’ailleurs pour 2 agences de traduction qui avaient la manie d’appeler au bout de 2 minutes de retard (alors que bien souvent, j’étais en train de finaliser l’envoi). Et quand il s’avérait que j’avais réellement un problème (genre un plantage de Trados…), avoir un Project Manager au téléphone qui te met encore plus la pression, cela n’aide clairement pas. Mais ça, c’était avant que je ne tombe sur une agence qui se soucie de ses traducteurs 😊

Je me souviens de la première fois où j’ai pu obtenir un délai supplémentaire. Je ne sais plus exactement de quel projet de traduction il s’agissait, mais bien de la raison de mon retard inévitable : mon PC avait décidé de me lâcher… Impossible de le rallumer et pas d’autre ordinateur sous la main… Il était déjà passé 18h lorsque je me suis rendu compte que je n’arriverai pas à envoyer mon projet dans les temps, mon ordinateur refusant de se rallumer. J’ai par précaution envoyé un mail à la PM qui gérait le projet à l’époque. Le lendemain matin, mon PC faisant toujours grève, j’ai accompagné mon cher et tendre à son bureau, son patron extrêmement aimable m’ayant autorisée à emprunter un PC. Après avoir lu mon e-mail de la veille, la PM m’a directement appelée, non pas pour me stresser davantage, mais pour me demander si j’avais trouvé une solution et en me disant que je pouvais rendre le projet le lendemain à 12h si j’avais besoin de plus de temps. Elle m’avait rassurée, m’expliquant que l’agence préférait que je prenne le temps de bien faire les choses plutôt que d’envoyer un travail dans la panique.

Il m’a quand même fallu encore quelques années avant d’oser moi-même demander un report de délai. Étant perfectionniste, j’ai toujours considéré cela comme un échec. Or, il arrive à tout le monde de tomber malade, d’avoir des pannes informatiques, de se sentir complètement submergé ou encore de vivre des expériences personnelles douloureuses qui mettent à mal la productivité. Je ne sais plus quelles étaient les raisons exactes qui m’ont poussée à demander pour la première fois un délai supplémentaire, mais je me rappelle avoir vraiment stressé et m’être confondue en excuses. Heureusement, la PM avait fait preuve d’empathie et avait réussi à m’accorder 24h de plus, ce qui est énorme dans le monde de la traduction. Depuis ce jour, je sais que je peux demander un délai supplémentaire auprès de cette agence en cas de souci. Je n’ai d’ailleurs pas hésité en ce début de semaine à demander s’il était possible de décaler de quelques heures le rendu de mon projet récurrent de post-édition, ce qui m’a été accordé sans problème. J’ai fait de même auprès de l’agence de rédaction, dont le PM m’a non seulement autorisé à rendre mes articles le lendemain, mais m’a aussi envoyé un petit message en privé par la suite pour me demander si tout allait bien et me dire de ne pas hésiter à demander de changer le délai en cas de souci, qu’il peut toujours trouver un arrangement, et qu’il ne veut pas non plus que je m’épuise pour rendre mes articles en temps et en heure si je n’en suis pas capable pour X raison (adorable 🤗).

Tout ça pour dire que quand on est dépassé, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide. Cela dit, n’attendez pas non plus la dernière minute pour faire votre demande, ce qui reviendrait à un manque de respect. Il ne faut non plus en abuser, au risque de passer pour une personne qui gère très mal son temps. Notez aussi que les relations que j’ai avec ces 2 agences sont solides et datent de plusieurs années. Mieux vaut éviter de demander des délais supplémentaires quand on entame une collaboration avec une agence. Sur ces conseils, je vous laisse et vous souhaite un bon dernier week-end prolongé de mai !

Ça m’énerve : le manque de consignes en rédaction

Cette semaine, j’ai dû retravailler 2 fois un texte, tout ça parce que le client n’avait pas donné de consignes assez précises. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive dans le domaine de la rédaction donc j’avais envie d’en parler aujourd’hui.

Photo de Ann Poan sur Pexels

Il y a 2 semaines, l’agence de rédaction avec qui je travaille régulièrement m’a contactée pour me proposer d’écrire 2 articles pour un nouveau client. Comme les sujets m’intéressaient, j’ai accepté tout de suite. L’agence envoie automatiquement au client un formulaire à remplir pour donner aux rédacteurs un maximum de consignes (qu'on appelle le « brief »), telles que la structure du texte souhaité, les expressions à employer ou à éviter, le lectorat visé, etc. Le client en question avait donné plusieurs informations et j’avais une bonne base. Cela dit, comme il s’agissait d’un nouveau client, il fallait voir si mon style d’écriture lui plaisait, si la structure du texte lui convenait et si les informations intégrées dans l’article étaient correctes. Je m’attendais donc à devoir apporter quelques modifications. Quelques jours plus tard, la PM (comprenez Project Manager) en charge de ce dossier est revenue vers moi pour me dire que le client aimait mon écriture, mais qu’il souhaitait modifier certaines choses. Or, il n’a formulé aucun commentaire précis sur ce qu’il voulait changer et a simplement dit de mettre plus en avant l’un des aspects de sa collection de produits (pour vous donner un peu plus de contexte, il s’agissait d’articles de linge de maison de luxe et le client souhaitait parler davantage de la création artistique). N’ayant pour base qu’une brochure reprenant les différents articles avec leurs caractéristiques techniques, j’avais écrit le premier texte en devinant les émotions que les articles pouvaient procurer ou les inspirations qui auraient pu guider les stylistes pour créer ces articles. Comme je n’avais pas beaucoup plus d’informations après ce premier retour, je me suis basée sur les éléments dont je disposais déjà et j’ai apporté plusieurs modifications au texte. La PM était d’avis que le client n’avait pas communiqué suffisamment de renseignements pour m’aider dans ma tâche et m’a dit qu’elle retenterait d’obtenir des réponses plus précises. Deux jours après lui avoir rendu l’article modifié, elle me recontacte pour m’annoncer qu’elle avait enfin eu un appel avec le client, ou plutôt son intermédiaire, qui gérait habituellement le côté marketing. À la suite de cet échange téléphonique, qui a fourni à la PM des consignes beaucoup plus précises, le client a également envoyé 2 documents qu’il avait oublié de joindre à son formulaire, à savoir un magazine qui mettait en situation chaque article (ce qui est quand même beaucoup plus inspirant que des descriptions techniques) ainsi qu’un fichier dans lequel l’inspiration artistique de chaque pièce de la collection était indiquée. Bref, des informations cruciales pour que je puisse écrire mon article. Après avoir négocié un paiement supplémentaire, j’ai donc retravaillé l’article une troisième fois et, croisons les doigts, j’espère qu’il sera bien accepté par le client.

Cette histoire se finit bien, mais il m’est déjà arrivé par le passé de devoir littéralement abandonner le travail de rédaction car les clients refusaient chaque version sans donner plus d’explication sur ce qu’ils recherchaient ou, pire, reformulaient les phrases à leur façon en disant que c’est plutôt ça qu’ils recherchaient. À ce moment-là, j’ai juste envie de leur dire d’écrire leur texte eux-mêmes. Ça leur économisera de l’argent et moi du temps (et le temps, c’est de l’argent donc on est tous les 2 gagnants). En résumé, si vous me demandez d’écrire du contenu et que vous avez une idée bien précise de ce que vous recherchez, donnez-moi toutes les informations utiles à sa rédaction et la structure du texte que vous attendez. Si vous pensez mieux faire, écrivez le texte vous-même et demandez simplement une relecture si vous n’êtes pas sûr(e) de votre orthographe ou de votre grammaire. Vous ne perdrez ainsi pas votre temps, et le mien non plus !

À bon entendeur 😉

Le sexisme dans la rédaction marketing

Publié le

Il y a quelques semaines, je vous parlais de l’écriture inclusive à la suite d’une réflexion lors de la rédaction de fiches métier. J’ai eu une autre petite prise de conscience féministe récemment en rédigeant de très courts articles visant à présenter des catégories de produits pour un magasin en ligne. Parmi les produits sur lesquels je devais écrire se trouvaient plusieurs appareils destinés au soin des bébés, tels que des parcs, veilleuses ou encore babyphones. Bien souvent, quand j’écris ce genre de courts articles, je tape tout ce qui me passe par la tête avant de retravailler mon texte. Dans un moment de faiblesse et de manque d’inspiration, je me suis rendu compte que je n’avais destiné l’un de ces articles qu’aux mamans. Puis, je me suis rappelé le ras-le-bol de ma meilleure amie d’être toujours la seule à se lever la nuit lorsque son bébé pleurait et du sketch d’Elodie Arnould (si vous ne connaissez pas cette humoriste française, je vous invite à la découvrir) sur l’invisibilisation des papas. J’ai donc immédiatement rectifié le tir pour que l’article soit destiné aux deux parents et non uniquement à la maman.

Photo de Viktoria Slowikowska provenant de Pexels

Quand j’ai commencé ma carrière de rédactrice (c'est-à-dire il y a bientôt près de 10 ans, le temps passe vite...), je n’étais pas aussi consciente du sexisme ordinaire qui pullule dans les publicités et j’ai probablement plusieurs fois opté pour la facilité et véhiculé des clichés lors de la rédaction de certains articles marketing sans le vouloir. Le problème, c’est qu’on est tellement habitué à associer certains produits à un genre que l’on ne voit pas toujours que ça pose un problème, justement. En continuant de mettre les femmes et les hommes dans des cases bien spécifiques, de les cantonner à des rôles soi-disant féminins ou masculins, on ne fait pas avancer l’égalité des sexes et on accable toujours les femmes de cette fameuse charge mentale. Parce que oui, à force de ne voir que des femmes faire la vaisselle, la lessive ou s’occuper des enfants, certains pensent que ce sont des tâches qu’elles doivent naturellement accomplir à la maison.

Bref, tout ça pour dire qu’aujourd’hui, je fais beaucoup plus attention à ce que j’écris. Par exemple, je ne destine pas les articles consacrés aux appareils électroménagers uniquement aux femmes. Je reste la plus neutre possible. Même chose quand il s’agit d’articles sur certains jouets. Une petite fille a en effet tout autant le droit de jouer aux voitures qu’un petit garçon. Alors, bien sûr, ce ne sont que de très courts articles qui ne sont probablement jamais vraiment lus par les visiteurs du site, mais j’ai quand même l’impression d’ajouter ma pierre à l’édifice pour tenter d’éradiquer tous ces stéréotypes.

Voilà pour ma petite réflexion du jour !