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Archives de Catégorie: Ça m’énerve

Ça m’énerve : le racisme ordinaire derrière la polémique autour du nouveau film La Petite Sirène de Disney

Une fois n’est pas coutume, j’avais envie de parler d’un sujet qui m’énerve et m’agace profondément sans qu’il ait aucun rapport avec la traduction, la rédaction ou le métier de freelance… L’une des choses que j’exècre le plus au monde et qui me fait réagir au quart de tour est le racisme. Et en ce moment, il pullule sur les réseaux sociaux sans même que les personnes à l’origine de ces commentaires odieux se rendent compte qu’il s’agit de racisme. Vous l’aurez compris au titre, je voulais parler cette semaine de la polémique autour du choix de l’actrice Halle Bailey pour incarner Ariel dans le nouveau film La Petite Sirène de Disney.

Je voulais à la base trouver une petite sirène noire pour illustrer mon article, mais « étonnamment » je n’en ai trouvé que des blanches… J’ai donc choisi plutôt cette photo de C1Superstar représentant la petite sirène de Copenhague, qui est devenue bien verte…

Ça fait plusieurs années déjà que Disney s’est donné pour mission de ressortir tous les grands dessins animés avec lesquels nous avons grandi en prise de vues réelles. On a ainsi pu voir dernièrement La Belle et la Bête avec Emma Watson dans le rôle de Belle (ma princesse favorite quand j'étais petite, rien que pour avoir la même bibliothèque...) ou Aladdin avec Mena Massoud dans le rôle-titre (et une actrice bien blanche pour incarner Yasmine, ce qui avait bizarrement fait beaucoup moins de vagues à l'époque...). Dessin animé sorti en 1989, La Petite Sirène était le prochain sur la liste. Alors que les petites filles à la peau plus foncée se sont émerveillées de voir une actrice qui leur ressemble incarner Ariel (voir ici), des trentenaires et quarantenaires se sont empressés de créer un hashtag #NotMyAriel pour clamer haut et fort qu’il était honteux de faire jouer un personnage blanc par une actrice noire. J’aimerais bien savoir : en quoi ça change l’histoire du film exactement ?

Certaines personnes se croyant cultivées vont jusqu’à dire qu’Hans Christian Andersen se retourne sûrement dans sa tombe puisqu’il est l’auteur original du conte de La Petite Sirène et que sa protagoniste était danoise et avait donc la peau blanche. Je suis tout à fait d’accord, j’ai le conte sous les yeux et il est écrit (en anglais, mais je traduis uniquement pour vous) que « sa peau était aussi claire et délicate que la rose et ses yeux aussi bleus que la mer la plus profonde ». Sauf que si Disney s’est clairement inspiré du conte pour son dessin animé, la version colorée de 1989 est loin de coller parfaitement à l’histoire inventée par l’auteur danois, qui est bien plus sombre (langue coupée, sensations de pointes d'aiguille ou de lames de poignard à chaque pas et une petite sirène qui n'épouse finalement pas son prince et se transforme en écume...). Si Hans Christian Andersen s’est retourné dans sa tombe, il l’a probablement déjà fait en voyant Ariel, cheveux rouges typiques des années 1980, qui n’a rien à voir avec sa petite sirène. J’invite d’ailleurs les rageux racistes et homophobes à lire cet intéressant article dans lequel il est expliqué que le conte est une métaphore de l’impossibilité d’Andersen à vivre son homosexualité.

Pour en revenir à Ariel, et donc à la version de Disney, je ne vois vraiment pas où est le problème d’avoir choisi une actrice à la peau plus foncée. Car s’il y a une princesse Disney qui pouvait tout à fait être métisse ou noire, c’est bien Ariel justement… Je ne sais pas si vous vous souvenez du dessin animé, mais les deux créatures qui accompagnent la jeune sirène sont un crabe à l’accent antillais (dont la voix est assurée par l'acteur Samuel E. Wright en anglais et par Henri Salvador dans la version française) et un poisson d’espèce inconnue, mais qui arbore des couleurs franchement tropicales et dont l’apparence s’inspirerait du chirurgien-bagnard (poisson qui nage plutôt du côté de l'océan Indien et du Pacifique). On est loin des eaux froides et des icebergs du conte d’Andersen, n’est-ce pas (oui, oui, il y a des icebergs dans le conte) ? Il ne faudrait pas non plus oublier la chanson emblématique du film, Sous l’océan ou Under the Sea dans la version originale, dont le rythme est influencé par le calypso, un style de musique qui provient non pas du Danemark, mais bien de Trinité-et-Tobago, une petite île des Caraïbes. Vous avez déjà vu beaucoup de femmes rousses à la peau blanche dans les Caraïbes ? Bref, pour moi, il est beaucoup plus sensé qu’Ariel soit « noire » ou « métisse ».

Ce qui me dérange fortement dans cette polémique, c’est que beaucoup de gens qui s’offusquent et répandent leur colère sur les réseaux sociaux disent que ce n’est pas une question de racisme. Or, ça en est une. En quoi est-ce que c’est réellement dérangeant qu’Ariel soit noire ? Certains vont dire que les petites filles blanches ne vont pas pouvoir s’identifier à Ariel et que les petites filles noires ont leurs propres princesses (ou plutôt leur princesse au singulier, vu qu'il n'y en a véritablement qu'une seule, Tiana, créée en... 2009). On est tellement habitué en tant que blancs à voir des personnages blancs qu’on ne se rend même pas compte que c’est un privilège par rapport à des personnes qui ont une autre couleur de peau. Personnellement, voir ces petites filles afro-américaines se réjouir de découvrir un visage qui ressemble au leur m’a fait verser autant de larmes de bonheur que de tristesse… Si toutes les couleurs de peau étaient représentées à l’écran, cela ne devrait plus choquer ni émerveiller en 2022. Choisir Halle Bailey pour incarner Ariel est d’autant plus fort (et pas uniquement parce que c'est une chanteuse et que la petite sirène est censée avoir la plus belle voix de tout le monde sous-marin). Ariel rêve de devenir humaine pour rejoindre le monde des hommes. En mettant cette actrice dans le rôle principal, le nouveau film de Disney aura un double sens. Ce ne sera pas seulement l’histoire d’une petite sirène qui tombe amoureuse d’un humain, mais d’une femme noire qui tombe amoureuse d’un homme blanc (le prince Eric est joué par l'acteur britannique Jonah Hauer-King) et qui rêve de pouvoir, elle aussi, être considérée comme un être humain comme tous les autres et pas comme une personne réduite à la couleur de sa peau.

J’arrête ici mon gros coup de gueule et retourne de ce pas dans mon boulot pour éviter le racisme nauséabond des réseaux sociaux…

Ça m’énerve : les rotations de PM dans les agences

J’ai déjà parlé plusieurs fois de la relation particulière entre les traducteurs/rédacteurs et les Project Managers. J’avais expliqué que c’était un métier particulièrement stressant, ce qui implique qu’il y a régulièrement des changements dans les agences. Sur mes quasi-dix années d’activité de freelance, j’ai ainsi connu pas mal de PM. Et s’il est tout à fait normal pour ces personnes de vouloir changer d’agence ou carrément de métier (je sais d'ailleurs qu'un certain nombre de traducteurs indépendants ont démarré leur activité en travaillant comme PM sur le côté), cela peut entraîner quelques frustrations. Comme j’ai à nouveau vécu cette expérience récemment, j’avais envie d’en parler aujourd’hui.

Picture by Shamia Casiano

J’avais expliqué dans mon tout premier article sur le sujet qu’il était important d’entretenir de bonnes relations avec les PM. Même si je ne les côtoie pas au quotidien, cela reste des sortes de collègues de travail. Et comme avec tout collègue de travail (ou tout être humain d'ailleurs), on a toujours de plus grandes affinités avec certains PM qu’avec d’autres. J’ai ainsi connu plusieurs PM avec qui les échanges d’e-mail étaient très sympathiques et où une grande relation de confiance s’était établie (dans le sens où je sais qu'ils m'aideront en cas de souci et où ils savent que je suis une traductrice fiable et disponible). Comme nous ne communiquons principalement qu’à travers des courriels, c’est une relation qui met du temps à se tisser. C’est là qu’il est très frustrant d’apprendre que votre PM préféré(e) décide de quitter l’agence. On a alors l’impression de devoir tout recommencer. Il m’est en effet déjà arrivé d’avoir soudain beaucoup moins de projets parce que le PM qui prend le relai a déjà ses traducteurs favoris ou n’est pas aussi sympathique. Et cela m’est aussi déjà arrivé de moins accepter de projets si le PM qui les gère est moins courtois, poli ou compréhensif ou cherche absolument à limiter les interactions même les plus basiques (dire « bonjour » semble accessoire pour certains 😒...).

Dernièrement, comme j’en avais parlé dans mon bilan du mois de mai, j’ai appris le départ d’une PM avec qui je collaborais depuis de longues années. Comme elle gérait énormément de clients, elle a été remplacée par plusieurs PM. Il y a toujours un petit temps d’adaptation pour les nouvelles recrues et je dois dire que, dans ce cas-ci, le changement a été particulièrement chaotique. La PM a d’ailleurs dû revenir pendant quelques semaines afin de reprendre la situation en main. Elle a finalement passé le relai définitivement et je me retrouve donc à devoir à nouveau m’adapter. Si l’on a parfois de bonnes surprises, je regrette cette fois-ci de tomber sur des PM qui ne répondent pas aux e-mails. Je sais que la gestion de projets est particulièrement stressante dans les agences, mais ne pas avoir de « merci » lors de la livraison d’un travail a tendance à m’énerver. Premièrement, je ne sais pas si mon e-mail a bien été réceptionné ; deuxièmement, c’est une simple question de politesse. Je sais que la gestion de projets est très stressante, mais je regrette de ne plus avoir ce petit échange d’e-mails qui permet justement d’établir une bonne relation. J’espère ainsi que les choses s’amélioreront dans les semaines à venir !

J’espère également recroiser le chemin des PM avec qui j’ai déjà collaboré par le passé, ce qui est déjà arrivé quelques fois en dix ans. C’est toujours agréable de retrouver un « collègue » sympathique dans une autre agence et d’avoir directement une relation de confiance.

Sur ce, je salue tous les PM qui passeraient par ici car je sais qu’il n’est pas non plus toujours facile de gérer des traducteurs/rédacteurs. Et merci à ceux et à celles qui m’ont aidée au fil des ans à m’améliorer et à prendre confiance en mes capacités (de vraies perles existent aussi chez les PM).

Ça m’énerve : les questions qui restent sans réponse

Publié le

Ça faisait longtemps que je n’avais plus eu suffisamment de frustration pour écrire un billet « Ça m’énerve », mais plusieurs événements de cette semaine ont mis ma patience à rude épreuve.

Photo de Olya Kobruseva provenant de Pexels

En tant que traductrice freelance qui travaille avec plusieurs agences, je suis toujours en contact avec des Project Managers (PM) qui ont notamment pour mission de servir d’intermédiaire entre le client et la personne qui réalise le projet. J’avais d’ailleurs écrit un petit article à leur sujet il y a plusieurs années. Au cours de mes quasi 10 ans (j'ai toujours du mal à m'y faire...) de traductrice-rédactrice indépendante, j’ai connu de nombreux PM, dont de très bons, avec qui je suis parfois devenue amie, mais aussi de très mauvais. Et les plus mauvais d’entre eux sont ceux qui ne répondent pas à tes questions… Quand une question te bloque dans la traduction ou la rédaction d’un texte pour une agence, tu n’as pas d’autre choix que de contacter le ou la PM qui gère le projet pour qu’il ou elle puisse transmettre cette question au client. Sauf que ça m’est déjà arrivé quelques fois, y compris cette semaine, où la seule réponse que je reçois, c’est un silence assourdissant. Et quand le délai de livraison approche et que la question te bloque, c’est particulièrement agaçant.

Je conçois bien que les PM ont plusieurs projets à gérer et donc plusieurs traducteurs-réviseurs-rédacteurs-graphistes-et-j’en-passe auxquels répondre, je sais aussi que les PM ont tendance à changer souvent d’agences, ou à quitter le métier totalement, et que les nouvelles recrues mettent un peu de temps à s’adapter à tout cela, mais on se sent bien seul(e) derrière son écran quand on reste avec son problème sur les bras. D’où le petit coup de gueule du jour 😅

Heureusement, cela reste rare et j’ai eu et ai toujours la chance de travailler avec des PM extraordinaires, que je salue au passage. Ça ira mieux la semaine prochaine 🤞

Traducteur ≠ interprète

La sortie d’un film la semaine dernière m’a fait sortir du trou où je me suis terrée ces dernières semaines pour boucler tous mes projets d’octobre. En jetant un œil sur les actualités, je vois en effet que sort dans les salles françaises Le Traducteur d’Anas Khalaf et de Rana Kazkaz. Sur le coup, je me dis « Chouette ! Un nouveau film sur ma merveilleuse profession ! ». Bon, j’ai tout de suite compris que ce long-métrage ne parlait pas du tout de la traduction, comme c’était le cas pour Les Traducteurs de Régis Roisard. Ce n’est toutefois pas ce qui m’a dérangée…

Le film est en réalité un thriller autour de la révolution syrienne et de la guerre en Syrie. Je n’ai absolument rien contre le sujet, bien au contraire, mais j’ai tiqué en lisant le synopsis et en voyant la bande-annonce. Je cite : « En 2000, Sami était le traducteur de l’équipe olympique syrienne à Sydney. Un lapsus lors de la traduction le contraint à rester en Australie, où il obtient le statut de réfugié politique. » Si rien ne vous choque, c’est que vous faites probablement la même erreur.

Premièrement, les athlètes olympiens n’ont généralement pas besoin d’un « traducteur » puisqu’ils s’expriment la plupart du temps à l’oral. D’ailleurs, on voit dans la bande-annonce que Sami apparaît à leurs côtés lors d’une conférence de presse. Deuxièmement, s’il est tout à fait possible de faire un lapsus en écrivant (je devrais compiler les erreurs que je fais parfois et qui me font bien rire à la relecture), un traducteur a généralement le temps de relire son travail et de corriger les éventuelles fautes. Bref, tout ça pour dire que le titre du film est très mal choisi puisqu’on ne parle pas d’un « traducteur » mais bien d’un « interprète ». Bon, maintenant, je n’ai pas vu le film donc il est aussi possible que le Sami en question est un traducteur ET interprète, mais comme l’erreur est souvent commise par les profanes, une petite explication s’impose.

Si les deux métiers exigent une formation similaire, les étudiants se destinant à ces professions suivant généralement des cours communs les trois premières années, il existe une différence fondamentale : le traducteur traduit par écrit, tandis que l’interprète traduit à l’oral. Le travail de l’interprète est donc plus instantané (et du coup, bien plus stressant) que le travail du traducteur (même si certains délais farfelus pourraient équivaloir à un travail instantané...). Quand vous regardez une conférence de presse avec des intervenants en langue étrangère, vous voyez donc des « interprètes » et non des « traducteurs ».

Pour que ce soit plus clair, voici une petite explication dessinée (je ne sais plus du tout où je l'ai trouvée, mais elle m'avait fait sourire).

Le travail d’un interprète est oral.
Par exemple, il peut interpréter une
interview ou une conférence en direct.
Le travail d’un traducteur est écrit.
Par exemple, il peut traduire un livre
ou les sous-titres d’une série télévisée.
Puisque son travail est oral,
il doit être immédiat.
Un traducteur a plus de temps
pour réaliser sa traduction
La personne qui est assise à côté d’Obama
lors d’une conférence, traduisant ses paroles
dans une autre langue ?
C’est un interprète.
La personne qui a traduit les sous-titres
de cette série que vous regardez sur Netflix
ou le dernier livre de la série du Trône de Fer ?
C’est un traducteur.
Un interprète doit être bien habillé.
Après tout, il travaille dans un lieu public.
Un traducteur peut travailler de chez lui.
Il peut donc travailler en pyjama.

« Si vous n’être pas sûr, vous pouvez donc toujours vous demander : est-ce que cette personne peut travailler en pyjama ? Si la réponse est oui, c’est un traducteur. Si la réponse est non, c’est un interprète. »

J’essayerai d’écrire un article un peu plus détaillé sur l’interprétation (d'ailleurs, attention à bien dire « interprétation » et non « interprétariat »), ainsi qu’un autre billet sur le travail en pyjama des traducteurs (parce que non, ce n'est pas tout à fait une légende). Malheureusement, le devoir m’appelle et je dois retourner à mes traductions (écrites donc).

Je vous dis donc à bientôt pour un nouveau billet !

Ça m’énerve : le manque d’espaces insécables sur WordPress

Fin janvier, je vous avais décrit ma frustration de ne plus pouvoir justifier mes textes à cause du nouvel éditeur WordPress. Ceux qui ont lu mon article la semaine passée ont pu voir que j’avais enfin trouvé un « bloc » WordPress qui permettait d’enfin redonner un bel équilibre à mes textes grâce à ce fameux bouton magique. Mon cri de désespoir a-t-il été entendu ou n’avais-je simplement pas vu cette fonction auparavant ? Je ne sais pas vous dire, mais dans le doute, si un dieu WordPress existe et qu’il m’entend, j’ai une autre petite demande à lui faire. Elle concerne cette fois-ci les espaces insécables.

Pour les non-initiés, une espace insécable (non, ce n'est pas une erreur : en typographie, une espace est un mot féminin) est une espace que l’on ne peut pas couper, comme son nom l’indique. Et cette espace insécable est absolument indispensable avant certains signes de ponctuation, comme le point d’interrogation, le point d’exclamation, les deux points ou les guillemets. Vu que ce caractère n’existe pas sur le clavier, vous devez le conjurer avec la formule magique Alt+ 0160 ou Alt+255 (en tout cas chez Windows, chez les concurrents croqueurs de pomme, il semblerait que ce soit Alt+espace).

Vous me direz qu’une espace, c’est un caractère invisible donc en quoi est-ce que ça m’énerve de ne pas pouvoir les utiliser sur WordPress ? Parce que je ne trouve rien de plus triste qu’un point d’interrogation qui se questionne tout seul en début de ligne ou qu’un guillemet ouvrant qui se retrouve isolé en bout de ligne, la phrase débutant sur la ligne suivante. Comme une image vaut mieux qu’un long discours, voici un exemple trouvé sur mon blog :

Oui, je gribouille comme un enfant, mais je suis traductrice, pas dessinatrice (c’est un bonhomme qui pleure).

Pour parer au problème, j’ai pris l’habitude de supprimer les espaces autour des guillemets ou de réécrire mes phrases jusqu’à ce qu’aucun point d’interrogation ou d’exclamation ne soit abandonné par le reste de la phrase. Moi, folle ? Non… Juste un peu obnubilée par ce livre de chevet bureau, qui date de mes années d’études à l’EII !

Bref, dieu WordPress, si tu m’entends, peux-tu faire en sorte que les espaces insécables soient acceptées ? Ou quelqu’un connaît-il un autre raccourci qui permet d’ajouter des espaces insécables sur WordPress ? On ne sait jamais…

Sur ce, je vous souhaite un bon week-end !

Edit : un dieu WordPress m’a contactée en la personne de Ludovic, qui m’a envoyé un lien vers l’article qu’il a écrit sur le même sujet et m’a conseillé le plug-in JSM’s Non-Breaking Space. Du coup, je vous transmets l’info 😉

Ça m’énerve : le nouvel éditeur de WordPress

Cela fait un mois maintenant que j’ai repris mon blog en tâchant de publier chaque semaine un article. Un mois que l’inspiration est là et que les idées coulent de mon cerveau à mes doigts, mais aussi un mois que je m’énerve chaque fois que je copie-colle mon texte sur WordPress pour le mettre en page. Bon, cela fait déjà un moment que le nouvel éditeur Gutenberg a été lancé sur le site, j’avais déjà dû m’y frotter une fois ou deux l’an dernier et cela m’avait frustrée. Mais maintenant que je me suis remise plus activement à la publication d’articles, cet agacement se répète régulièrement. Je vous explique.

Pour ceux qui ne publient pas sur WordPress, l’éditeur classique que j’ai toujours utilisé depuis le début de mon blog est on ne peut plus pratique. Il permet de mettre un peu de couleur dans son texte comme j’aime le faire, mais aussi de modifier la police, d’inclure directement des liens et des médias, d’ajouter des puces, des citations et de mettre en page comme on le souhaite en pouvant voir le résultat directement dans la fenêtre d’édition. Désormais, la version classique a laissé place à un système de blocs. Je ne vais pas entrer dans les détails de leur fonctionnement vu que je ne les maîtrise toujours pas, mais disons que cela rend la mise en page chronophage et frustrante… Heureusement, j’ai vu rapidement qu’il y avait un bloc «Classique» qui permet de retrouver l’ancien éditeur. Mais quel est donc le problème alors, me direz-vous ?

Le problème, c’est ça :

Éditeur Word

Le bouton magique chez Word

Wordpress

Plus de bouton magique chez WordPress

Pour une raison que j’ignore, la fonction «justifier» a totalement disparu. Si vous ne connaissez rien en traitement de texte, cette fonction sert à égaliser les bords du texte, comme on égaliserait les branches des arbres d’une allée pour créer de belles lignes droites. Peut-être que cela ne change rien à votre expérience de lecteur, mais personnellement, je déteste avoir des bouts de phrase de différentes longueurs… Pour moi, un texte, c’est comme une partition. Les mots peuvent s’envoler comme des notes, mais ils sont toujours bien encadrés par les deux extrémités de la portée, soit ici les deux côtés de la page. La justification d’un texte, c’est aussi un peu comme le cadre d’une œuvre d’art. Ne pensez pas que je me jette des fleurs en sous-entendant que chacun de mes articles est une œuvre d’art au même titre qu’un tableau de Picasso ou de Van Gogh, loin de là. Je m’explique : pour moi, le cadre sert à mieux mettre l’œuvre en avant car il crée une limite entre l’art et la réalité et invite le spectateur à plonger dans cette autre dimension. (Oui, la frustration me fait divaguer…) Bref, vous l’aurez compris : un texte non justifié, je trouve ça moche. C’est d’ailleurs pour éviter cette faute esthétique que mes derniers articles ont un alignement centré. Ce n’est pas l’idéal, mais c’est déjà moins laid qu’un texte bêtement aligné sur la gauche ou sur la droite.

La preuve en image

Si quelqu’un a une solution pour résoudre le problème, je suis preneuse ! En attendant, je vais essayer de passer au-dessus de cette frustration pour continuer à écrire d’autres articles.

À bientôt pour un nouveau coup de gueule ou coup de cœur !

Ça m’énerve : les fausses urgences

C’est étrange mais certains métiers, et de plus en plus de nos jours, vivent dans une autre dimension, où il est possible de rallonger le temps à sa guise pour pouvoir réaliser des projets colossaux en un délai record. Et c’est bien évidemment le cas de la rédaction et de la traduction où, c’est bien connu, tout projet est toujours à rendre la veille.

Évidemment, c’est une réalité de la profession à laquelle je me suis habituée au fil du temps. Mais ce qui a tendance à m’horripiler, ce sont les soi-disant projets « ultra-urgents » qui ne le sont absolument pas au final. Cela arrive très fréquemment dans la rédaction marketing.

Exemple : il faut absolument écrire une dizaine de pages pour un nouveau site car il sera publié à la fin de la semaine ! Tu passes donc des jours et parfois des nuits à bosser sur le projet « ultra-urgent », le stress au ventre et au bout des doigts.

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L’heure du délai approche et tu vois enfin le bout du tunnel. Heureuse, tu parviens à le rendre juste à temps, à la fois exténuée et soulagée, le visage terne et cerné rehaussé d’un sourire de vainqueur.

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Puis la semaine passe, puis une autre et une autre encore… Cela fait maintenant un mois, voire deux, voire trois que tu as rendu ce fameux projet pour lequel tu as gardé les yeux rivés sur ton écran pendant des jours. Et là, alors que tu es passé à autre chose depuis longtemps, tu reçois un e-mail sorti de nulle part pour te demander une modification sur un texte soi-disant urgent que tu as dû rendre il y a des mois…

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Je n’ai rien contre les modifications, surtout en rédaction, ce sont des choses qui arrivent. Mais recevoir des remarques ou des questions sur un projet que j’ai dû boucler en urgence il y a plusieurs mois, ça a légèrement tendance à m’énerver.

Bref, avant d’envoyer une proposition de projet « ultra-urgente » à votre traducteur ou rédacteur, posez-vous bien la question : est-ce que j’ai vraiment besoin de ce texte pour la veille ou vaut-il mieux attendre quelques jours pour qu’il mûrisse et prenne toute sa saveur entre les mains de mon chef étoilé des mots ? Mais je m’évade en métaphores, il est temps de vous laisser.

À bientôt !

 

Ça m’énerve : les faux projets de post-édition

Ça m’énerve : les faux projets de post-édition

Dans la rubrique des propositions de projets qui vous font perdre du temps, je cite les faux projets de post-édition ! Et j’en ai fait les frais dernièrement. Avant d’entrer dans le vif du sujet, une petite définition s’impose pour les néophytes.

La post-édition, kézako ? Il s’agit d’une nouvelle discipline de la traduction qui consiste à réviser une traduction réalisée par une machine. Car oui, même si les traductions automatiques s’améliorent, elles ne valent toujours pas le cerveau et les émotions d’un traducteur en chair et en os.

Si elle est moins rentable pour le traducteur qu’un travail de traduction pur et dur, la post-édition commence malheureusement à entrer dans le quotidien des traducteurs et de plus en plus d’agences proposent ce service à leurs clients. Ces derniers mois, j’ai ainsi reçu pas mal de propositions pour ce genre de projets. Loin de refuser la réalité, j’accepte les projets de post-édition sérieux, soit quand les textes sont extrêmement répétitifs, que la mémoire de traduction utilisée est conséquente et que le tarif est raisonnable.

Le problème avec la post-édition, c’est que certains clients en abusent juste pour pouvoir exiger une réduction de coût. Car en effet, le traducteur ne doit en principe « plus que » repasser derrière la machine pour apporter les corrections et rendre le texte intelligible aux lecteurs humains. Dans le cas de fiche de produits, modes d’emploi pour le même genre de produits ou certains domaines techniques, la post-édition peut être justifiable.  J’ai toutefois déjà eu de nombreuses propositions de projet de post-édition dans des domaines tout à fait incompatibles avec la traduction automatique ! Et dans ces cas-là, le texte à réviser est tout simplement catastrophique…

Cet été, j’ai par exemple reçu une proposition de ce type de projet dans le domaine du tourisme, mon interlocutrice m’assurant qu’il fallait simplement vérifier la grammaire et l’orthographe des textes. Un aperçu des textes m’a suffit pour remballer définitivement l’agence : une traduction mot à mot même pas digne de Google Translate. Et le tout proposé à un tarif de 0,015€/mot source. Merci, mais je ne suis pas un pigeon !

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Bref, si vous comptez faire post-éditer votre campagne marketing, votre futur roman, votre recueil de poésie, votre carnet de voyage, en gros n’importe quel texte plus rédactionnel faisant appel aux sentiments, allez voir ailleurs si j’y suis, je ne « post-éditerai » pas votre texte à un tarif réduit !

Ça m’énerve : les mauvais relecteurs

Publié le

Je vous avais déjà parlé dans un autre billet du rapport parfois ambigu entre les traducteurs/rédacteurs et les réviseurs/relecteurs. Si la majorité d’entre eux font bien leur travail, certains veulent absolument corriger des erreurs là où il n’y en a pas. Et j’ai eu le cas il y a quelques semaines avec un magnifique pléonasme dans un titre, ce qui a eu le don de m’énerver.

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Moi en voyant « optimiser au mieux » dans mon texte

D’après un sondage sur ProZ, 59% des traducteurs ont parfois l’impression que les réviseurs/relecteurs apportent des modifications à leur texte « juste pour dire de changer quelque chose ». Screenshot_20180522-121036Il est vrai que la révision/relecture peut être un exercice ardu. J’ai par exemple déjà eu l’impression de gagner de l’argent à ne rien faire en relisant une traduction sans aucune erreur. Donc je peux comprendre que certains réviseurs/relecteurs se sentent « obligés » de changer quelque chose. Mais ce qui m’énerve ici, ce sont ceux qui corrigent un texte là où il n’y a pas lieu d’être. Je me rappelle encore d’un cours au Centre Européen de Traduction Littéraire à Bruxelles dans lequel un traducteur avait expliqué que l’une de ses collègues, qui avait travaillé sur un livre du même style que La Disparition de Georges Perec (roman ayant la particularité de ne contenir aucun mot composé de la lettre e) s’était déchaînée sur le relecteur en voyant qu’il avait modifié des passages sans tenir compte de cette caractéristique majeure. D’où l’importance de toujours communiquer, si possible, avec son réviseur/relecteur pour défendre ses idées, surtout dans le cas de la traduction littéraire.

En ce qui concerne le reste, si vous êtes réviseur/relecteur, pensez à toujours bien vérifier ce que vous corrigez. À bon entendeur…

Ça m’énerve : les gens qui se croient bilingues

Publié le

J’avais envie d’entamer une nouvelle rubrique pour rassembler mes coups de gueule par rapport à mon métier. J’adore ce que je fais mais certains aspects ou situations mettent parfois mes nerfs à rude épreuve. Et ça a été encore une fois le cas cette semaine.

L’un de mes très bons clients me demande de relire « rapidement » un texte écrit en anglais pour corriger les coquilles éventuelles et lui donner mon avis. Comme j’aime les relectures, j’accepte sans vraiment faire plus attention au texte (mea culpa). Mais quand j’ouvre le fichier : horreur ! Non seulement, le texte est rempli de coquilles facilement repérables (ce qui me laisse penser que le rédacteur n’a même pas pris la peine de relire son article), mais il y a des erreurs de grammaire, des fautes de préposition et un cruel manque de vocabulaire. Bref, je renvoie directement un mail à mon client pour lui demander qui a réalisé le travail et lui dire qu’il ne s’agira pas d’une « relecture » mais d’une « réécriture » tant le texte est mauvais. J’apprends alors qu’il s’agit d’une rédactrice française vivant au Royaume-Uni… Mon sang n’a fait qu’un tour.

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Si j’avais la rédactrice en question devant moi…

J’avais déjà expliqué à mon client auparavant que je ne rédigeais et ne traduisais pas vers l’anglais étant donné qu’il ne s’agit pas de ma langue maternelle et que je ne serai donc jamais aussi naturelle qu’un natif. Alors voir qu’une « collègue » avec un niveau digne d’un élève de secondaire a le culot de se faire passer pour une rédactrice (et probablement pour une traductrice) dans la langue de Shakespeare m’a mise hors de moi. J’ai donc expliqué tous ses problèmes en long et en large à mon client en lui conseillant de ne plus jamais faire appel à elle et en lui rappelant bien qu’il doit absolument confier les projets en anglais à un vrai anglophone dont l’anglais est vraiment la langue maternelle. Parce que non, ce n’est pas parce qu’on vit depuis quelques mois dans la campagne irlandaise et qu’on a eu des cours d’anglais deux fois par semaine qu’on est bilingue. À bon entendeur…

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