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2024 : acte V

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« En mai, fais ce qu’il te plaît ! » On peut dire que j’ai bien appliqué le dicton cette année. Fêtes en famille, soirées entre amies et agréables sorties ont été au programme de cet acte fleuri.

Si elle n’a pas encore atteint son niveau optimal, ma charge de travail a retrouvé un volume un peu plus normal. L’été s’approchant d’un pas dynamique, j’ai repris avec plaisir la rédaction d’articles touristiques. Je n’ai toujours pas eu de nouveaux projets de traduction auprès de mes agences, mais j’essaye de garder confiance. Il me reste quand même toujours les projets récurrents de post-édition, ainsi que des petits textes à traduire pour des concerts, ballets et autres représentations. Je m’en sors donc plutôt bien, je ne suis pas sans rien.

Mes journées de travail ont été un peu plus chargées, mais j’ai quand même eu beaucoup de temps libre pour me ressourcer. Mai a vraiment été un très beau mois, riche en moments de joie. Le premier week-end de mai étant férié sur le sol britannique, mon cher et tendre a voulu m’emmener en randonnée cycliste bucolique. Nous avons fait un grand tour du quartier avant de rejoindre le Bedfords Park où vit le roi de la forêt. En plus d’abriter un troupeau de cerfs, ce parc offre une jolie vue sur la capitale de l’Angleterre. Le week-end d’après, c’est du côté de St Ives que nous sommes allés. Ma belle-sœur nous a fait visiter cette jolie petite ville où elle a établi son nouveau domicile. Après ces charmantes pérégrinations, nous avons passé la soirée chez elle pour assister à l’Eurovision. Le lendemain, le soleil était toujours de la partie et nous en avons profité pour faire une autre sortie. Direction le Hanningfield Reservoir pour une balade au bord de l’eau avant le soir. Le début de la semaine suivante a commencé avec éclat puisque je me suis offerte une soirée à l’opéra. Le ballet The Winter’s Tale était au programme du Royal Ballet et il m’a particulièrement enchantée. Joby Talbot à la musique, Christopher Wheeldon à la création chorégraphique, petit groupe de musiciens folklorique et magnifique décor scénique, c’était tout simplement magique.

C’est auprès de ma famille et de mes amies que j’ai passé la fin de mai, après une nouvelle traversée en ferry sous un beau ciel ensoleillé. Le troisième week-end a été l’occasion d’une nouvelle réunion de famille : le mariage d’un de mes nombreux cousins lors d’une très belle cérémonie. Le lundi suivant étant férié, j’en ai profité pour rendre visite à une amie que je n’avais plus vue depuis une éternité. J’ai enfin pu découvrir son appartement bruxellois à la superbe vue, ainsi que rencontré le mignon toutou ayant rejoint sa petite tribu. Ayant été chargée d’une nouvelle tâche pour le mariage prochain de ma meilleure amie, c’est dans la région de Namur que j’ai passé une bonne partie de mon vendredi. Les fous rires de la soirée resteront dans les annales, ma mission ayant été d’apprendre aux futurs mariés la chorégraphie de leur ouverture de bal. La journée du dernier dimanche de mai a été tout aussi exquise, ma famille maternelle ayant préparé pour ma grand-mère une fête surprise. Le soleil était à nouveau de la partie, ne faisant qu’augmenter le bonheur d’être enfin quasiment tous réunis. À ces grands moments se sont ajoutés bouquets de fleurs, rencontres animalières et conversations au café, je peux donc dire que j’ai été comblée.

Juin frappe déjà à la porte, espérons que c’est encore de la joie qu’il m’apporte. Mon agenda professionnel est pour l’instant un peu trop blanc, mais j’espère que cela ne durera pas trop longtemps. Rendez-vous à la fin du prochain mois pour savoir si le sixième acte m’aura mise ou non en émoi.

2024 : acte II

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Février n’aura pas été l’acte que j’ai le plus apprécié. Ce mois bissextile a été moralement difficile. Un enchaînement de mauvaises nouvelles a plombé ma vie personnelle et professionnelle. J’arrive heureusement à voir enfin le bout à l’approche du redoux. Retour sur ces 29 jours auxquels je ne porte pas un grand amour.

Lever de soleil à Romford

Le mois le plus court de l’année a commencé par l’annonce d’une forte hausse de loyer. Le prix de la location de l’appartement londonien où nous aimons vivre a été augmenté de pas moins de 250 livres. Cette nouvelle a d’ailleurs quelque peu précipité notre voyage de l’Allemagne jusqu’au territoire anglais. La traversée en ferry n’aura elle aussi pas été de tout répit. Nous avons subi la mauvaise humeur d’une guichetière nous faisant arriver trop tard sur l’embarcadère. Si nous n’avons pas connu de naufrage, nous sommes arrivés dans un appartement sans eau chaude ni chauffage. Le chauffe-eau ne daignait plus fonctionner, nous faisant passer 3 jours à greloter. Heureusement, un ouvrier du gaz devait venir faire une inspection et il en a profité pour assurer la réparation. Mais comme le veut Murphy et sa loi, quand la malchance frappe, ce n’est jamais deux sans trois. Mon premier jour sur le sol britannique aura ainsi également été synonyme de panique. Alors que mon cher et tendre venait de quitter l’appartement, je me suis aperçue que mon téléphone n’affichait plus son écran. J’avais justement besoin d’une application mobile loin d’être futile. Mon smartphone me permet en effet de me connecter à une plateforme pour pouvoir accéder à certains projets. Mon écran restant malheureusement noir, j’étais en plein désespoir. Deux jours plus tard, mon cher et tendre a réussi à réparer mon téléphone, mais il était trop tard pour accomplir ma besogne. J’avais dans tous les cas déjà déclaré forfait en prévenant l’agence que je ne pouvais assurer le projet.

Niveau professionnel, février m’aura d’ailleurs mis pas mal de plomb dans l’aile. Outre cet incident matériel, j’ai eu écho début du mois d’une mauvaise annonce officielle. L’agence avec qui je travaillais sur des projets de la Commission a déclaré avoir perdu son contrat avec cette institution. En apprenant ce malheur, je me suis rendue sur les différents forums de traducteurs. J’étais loin d’être la seule dans le cas et un fil de discussion s’est ouvert pour tenter de savoir qui avait remporté ce fameux contrat. Grâce à la solidarité de certains Project Managers, nous avons appris quelle était l’agence choisie comme nouveau fournisseur. Mes collègues et moi-même ont toutefois vite déchanté en découvrant son identité. Privilégiant davantage la post-édition, c’est par ses bas prix qu’elle a conquis la Commission. En plus de ses tarifs au ras des pâquerettes, des traducteurs nous ont avertis que cette agence n’était pas très honnête. Certains avaient eu la mésaventure de quémander le paiement de leurs factures. D’autres déploraient ses conditions de travail, l’agence exigeant de traduire en ligne au moyen d’un portail. Rien qui ne donne vraiment envie de proposer mes services à ces harpies. Pour mettre mon moral encore plus à plat, plusieurs articles angoissants ont été publiés au sujet de l’IA. L’avenir de mon activité me paraissait plus que menacé. J’ai ainsi passé une grosse partie du mois en ayant l’impression d’être sous une épée de Damoclès, réduisant à néant le peu qu’il me restait de légèreté et d’allégresse.

Le deuxième mois de l’année n’aura toutefois pas été que contrariété. Cherchant à me raccrocher au présent, j’ai pu profiter de quelques beaux instants. J’ai ainsi pu assister au spectacle de danse de mon ancienne compagnie, me permettant de revoir mes plus vieilles amies. Il m’aura aussi permis de passer un peu de temps auprès de mes parents et beaux-parents. L’appel visio-téléphonique familial à l’occasion de l’anniversaire de ma grand-mère m’aura redonné le sourire lors de ma première semaine en Angleterre. J’ai également eu le plaisir de retrouver la gérante du café de la librairie où je vais travailler presque tous les mercredis. Février m’a en outre donné la possibilité de renouer contact avec une ancienne camarade d’université. J’ai par ailleurs fait envoler mes tracas le temps d’un sympathique cours de zumba, complété par des séances matinales de yoga et une sortie occasionnelle au spa. Apprécier la nature de ma banlieue londonienne m’a spécialement bien aidée à me sentir plus sereine. En plus de pouvoir admirer le soleil se lever, j’ai eu le bonheur d’apercevoir de nombreux cervidés. Quelques excursions m’auront également sortie de ma petite dépression. Plutôt que d’être consacré au repos, notre premier dimanche londonien a été l’occasion de visiter le salon de la moto. Au programme du week-end dernier, ce fut minigolf et séance de cinéma devant le film sur Bob Marley. Quand je revois ces photos, je me dis qu’au fond, cet acte n’a pas été qu’un lamento.

Mars a déjà commencé, apportant ses fameuses giboulées. Le temps semble toutefois s’améliorer, chassant les nuages de morosité. Le troisième acte s’annonce en outre plus jovial, teinté de carnaval et de réunion familiale. Rendez-vous à la fin de la première semaine d’avril pour savoir s’il aura été plus tranquille.

2023 : dixième acte

Octobre n’aura pas du tout été sobre. Le dixième acte de l’année m’aura apporté beaucoup de travail, mais aussi de chouettes retrouvailles. Retour sur un mois productif et plutôt jouissif !

Harold Hill Central Park, UK

Après un mois de septembre aux allures de vacances, octobre a été très intense. Pour compenser mes 10 jours de congé, j’ai accumulé les projets (pour rappel, je ne suis pas salariée et je n'ai donc pas de congés payés). Si j’étais, au départ, pleine de motivation, j’ai parfois été un peu dépassée par mes missions de rédaction. Mes journées de travail étaient bien planifiées jusqu’à ce qu’un client tarde à accepter un projet pour au final le réclamer dans un très court délai. Mon agenda s’est ainsi retrouvé sens dessus dessous et ma productivité en a pris un coup. Les choses se sont heureusement remises en ordre vers la fin du mois, me permettant de retrouver un peu de temps pour moi.

Octobre a été socialement bien rempli, les week-ends m’accordant de belles sorties. Le mois a commencé par une cure de dopamine : un dimanche après-midi entre cousines. Nous retrouver à 4 est toujours un moment délicieux, riches en discussions et fous rires infectieux. Le week-end suivant a été tout aussi plaisant. Ma belle-sœur est venue dormir dans notre appartement, nous donnant l’occasion de passer la soirée dans notre nouveau meilleur restaurant. Au menu : plats des Caraïbes et cocktails fruités pour terminer notre vendredi en beauté. Le lendemain, nous sommes parties entre filles dans la capitale pour un tour guidé pas banal. Nous avons découvert l’histoire secrète de Londres et de ses sorcières, qui ont trop souvent été cruellement exécutées après avoir été prisonnières. Une semaine après cette sortie entre filles, direction la gare de St. Pancras pour accueillir une petite partie de ma famille. Ayant traversé la Manche, ma tante, ma cousine et mon parrain m’ont rejointe à Londres le dimanche. Ils sont restés 4 jours dans la capitale britannique, me donnant le plaisir de leur faire découvrir des lieux sympathiques. Comme ce n’était pas la première fois qu’ils visitaient la capitale de l’Angleterre, nous nous sommes rendus dans des endroits un peu moins populaires. Little Venice et ses canaux, Brick Lane et son street-art, Parliament Hill et sa vue ou encore le Museum of London Docklands et ses expositions ont compté parmi nos pérégrinations. J’ai aussi eu le bonheur de les emmener dans mon petit café, dont la gérante Hillary a charmé ma cousine par sa générosité. J’y suis d’ailleurs retournée plusieurs fois la dernière semaine du mois, voulant en profiter un maximum avant de revenir sur le continent pour 3 mois. Mon cher et tendre doit en effet se rendre à son bureau outre-Rhin et nous devons donc quitter notre petit nid londonien. J’ai ainsi pris le temps de dire au revoir aux serveuses avec qui j’ai bien sympathisé, espérant les retrouver dans les 2 premiers mois de la nouvelle année.

Octobre m’a aussi permis de renouer un peu plus avec la lecture et mes cours d’allemand, comme vous aurez pu le voir avec mes billets Croque-Livre précédents. Quant à ceux qui se soucieraient de la santé de mes bébés pigeons, j’ai malheureusement vu mourir l’un des 2 oisillons. Le dernier a cependant survécu jusqu’à battre ses ailes, me laissant enfin profiter du balcon pour admirer le ciel. J’ai particulièrement aimé voir le lever du soleil chaque matin à mon réveil. À mesure que les jours raccourcissent, le manteau de la nuit d’octobre s’est en outre transformé en décor pour feux d’artifice. Le dixième mois de l’année et le début du mois de novembre apportent en effet en Angleterre un avant-goût des fêtes de décembre.

Novembre est déjà entamé et s’annonce un tout petit peu moins chargé. Espérons qu’il me donnera l’occasion de passer d’autres beaux moments en bonne compagnie, mais sur le continent cette fois-ci ! Rendez-vous d’ici 4 semaines pour l’avant-dernier bilan de cette année bien pleine.

2023 : neuvième acte

Nous sommes déjà bien avancés dans la saison aux feuilles d’ambre, il était donc temps que je vous sorte mon bilan de septembre. À l’instar de la transformation des branchages, le neuvième acte de cette année m’a fait atteindre un nouvel âge. Une bonne dose de plaisirs éphémères a embelli mon mois d’anniversaire. Retour sur ces 4 semaines de joie pour ce premier chapitre automnal de 2023.

Début d’automne à Belgrade

Septembre a tout d’abord été le premier mois où j’ai vraiment pu me reposer. Après avoir trimé depuis le début de l’année, j’ai en effet pu découvrir une nouvelle contrée. Je ne vais pas utiliser cet article pour tout vous raconter, vous pouvez directement lire la carte postale qui lui est consacrée. Revenue de ce voyage à l’étranger, j’ai poursuivi ce mois de septembre avec félicité. Il m’a permis notamment de passer du temps en famille sous les dernières chaleurs de l’été et de déguster croustillons, frites et autres mets belgo-belges tout en légèreté 😅. De retour dans notre appartement anglais, j’ai eu le bonheur de trouver sur le balcon une nouvelle couvée (si vous n'avez pas suivi, je vous invite à lire les sixième et septième actes...). Les oisillons étaient déjà bien potelés et les voir commencer à déployer leurs ailes m’a émerveillée. J’ai également adoré contempler le ciel se colorer, offrant un spectacle magnifiquement dramatique lors des derniers orages de l’été. Le neuvième mois de l’année aura aussi été l’occasion de me fêter. Mes 35 ans m’ont permis de vivre une expérience britannique que j’attendais depuis des années : un afternoon tea typiquement anglais dégusté dans le gratte-ciel de Londres le plus haut perché. Ce cadeau surprise de mon cher et tendre bien-aimé a été en plus accompagné d’autres moments affectionnés. J’ai ainsi assisté à un festival de moutons frisés qui devaient traverser un pont en plein cœur de la capitale des Anglais (si vous ne me croyez pas, rendez-vous par-là). Bref, septembre m’aura offert diverses joyeusetés, qui n’ont été perturbées que par quelques rencontres horrifiantes avec des araignées (j'adore l'automne autant que je le hais à cause de l'apparition de ces monstres aux membres décuplés 😨).

Pour ce qui est de ma « rentrée », elle m’a permis de mettre les choses à plat avant de recommencer à travailler. Ayant besoin de rendre ma vie plus équilibrée, je me suis reprise en main dès le lundi suivant le retour de mes congés. Après quelques jours plus décontractés, les clients se sont vite remis à me contacter. J’ai heureusement réussi à respecter les bonnes résolutions que je me suis fixées, même si j’ai eu quelques légères contrariétés. Parmi celles-ci, un appel de mon agence de rédaction m’a quelque peu découragée. Je vous avais parlé il y a plus d’un mois de ce fameux ChatGPT et des inquiétudes qu’il engendrait. Le directeur de l’agence voulait s’assurer que j’étais ouverte à l’idée d’essayer cette nouveauté. Pas (encore) pour tous les projets, mais certains clients commencent à demander d’utiliser ses fonctionnalités. Bien évidemment, les prix seront amenés à baisser, mais cela sera compensé par une plus grande productivité. Le directeur m’a invitée à le recontacter quand je serai prête à tenter de travailler sur des projets avec ChatGPT. J’ai expliqué qu’il fallait d’abord que j’apprenne à l’apprivoiser, mais je lui ai assuré que je n’avais pas l’esprit fermé. Le monde continue d’évoluer, il faudra bien m’y adapter.

Octobre a déjà commencé et il s’annonce très chargé. Il reste quand même l’un de mes mois préférés, même si le temps d’automne se laisse désirer. J’attends avec impatience de voir les arbres se colorer et d’entendre sous mes pas les feuilles craquer. Le mois prochain sera-t-il aussi guilleret ? Réponse d’ici 20 jours ouvrés.

2023 : septième acte

Juillet aura été mi-triste, mi-guilleret. Quelques frustrations et déceptions ont heureusement été compensées par plusieurs célébrations et explorations. Retour sur un mois un peu moins intense, qui m’aura donné parfois l’impression d’être en vacances.

Le septième mois de l’année aura commencé en beauté. Mon cher et tendre allant sur ses 35 ans, j’avais prévu une journée spéciale pour fêter son nouveau printemps. Nous avons célébré cet anniversaire dans la capitale de l’Angleterre. Au programme de la journée : un jeu version 4D et surtout une chasse aux trésors gourmande qui nous aura captivés. Armés de nos smartphones, nous avons tenté de répondre à plusieurs devinettes, les réponses nous menant vers de magnifiques découvertes. Un circuit en trois parties, avec à la clé un repas pour combler notre appétit (si l'aventure vous tente, le site proposant ce genre de chasse aux trésors s'appelle Gourmaze, je recommande vivement !). Nous avons non seulement arpenté des quartiers de Londres encore inexplorés, mais nous avons aussi découvert des adresses qui nous auront émerveillés. Ce premier week-end de juillet nous aura également donné l’occasion de nous promener dans le beau parc arboré d’où proviennent nos fameux voisins cervidés (pour ceux qui ne suivent pas, voir le quatrième acte de 2023).

La semaine suivante, qui ouvrait le mois, aura été moins amusante et quelque peu gâché ma joie. Vous vous souvenez des pigeons qui ont fait leur nid sur mon balcon ? Après avoir perdu le petit dernier écrasé par les oisillons plus âgés, les deux pigeonneaux restants ont à leur tour succombé. Ne plus entendre leurs petits cris durant la journée m’a bien chagrinée. Quelques jours après cette première déception, une autre a fait son apparition : une querelle fraternelle dans la famille de mon cher et tendre qui aura mis un bon moment à se détendre. Heureusement, les tensions ont vite fait place à une nouvelle célébration. Mon amoureux et moi-même avons pu célébrer 15 ans de « je t’aime ». Pour cet anniversaire romantique, nous avons décidé de passer une nuit dans un hôtel-spa chic : un 3 étoiles plutôt kitsch dans la périphérie d’Ipswich. Cela a été l’occasion de se reposer et de découvrir une nouvelle cité.

La troisième semaine de juillet aura eu son lot de gaieté. L’une de mes cousines s’étant offert une année de grands voyages a choisi Londres pour poser quelques jours ses bagages. Je lui ai donc réservé une journée pour lui faire découvrir quelques-uns de mes endroits londoniens préférés. Après la vue depuis le parc de Greenwich et un trajet en téléphérique, nous avons eu le plaisir de tomber sur un événement public : un festival d’art de la rue totalement gratuit nous attendait directement à la sortie. Nous sommes arrivées juste à temps pour assister à un spectacle de danse qui aura mis le public en transe. Après ce très chouette moment d’art pur, nous nous sommes ressourcées dans la nature. Ma cousine adorant les animaux, je l’ai emmenée dans une ferme à deux pas de la City et de ses bureaux. Nous avons pris le temps de caresser chèvres et moutons avant de nous rendre dans ma nouvelle maison. La journée s’est terminée par un restaurant-buffet dont nous serons sorties le ventre bien gonflé 😅. Après cette agréable pause en pleine semaine, le troisième week-end s’est déroulé dans une ambiance sereine. Le beau temps s’accompagnant de douces températures, nous avons pris la route sur notre fidèle monture. Cette fois-ci, direction Maldon, une charmante ville côtière célèbre pour la bataille qui y a eu lieu à l’époque anglo-saxonne. La vue sur l’estuaire et ses navires aux voiles triangulaires n’a pas été pour me déplaire.

Ainsi se terminent les explorations de juillet, le dernier week-end arrosé de pluie nous ayant forcés à rester cloîtrés. J’avais en outre un projet de traduction à terminer, d’où le jour de publication inhabituel de ce billet. Niveau travail, juillet aura d’ailleurs été un peu la pagaille. Vous l’avez peut-être remarqué, mes articles du mois étant moins étoffés. La fatigue et le stress ont en effet mis mon inspiration en détresse. Et plutôt que de me rendre la vie moins rude, j’ai repris mes mauvaises habitudes (comme celle de ne plus couper mon téléphone le soir 😕). Commençant à être à court de motivation, j’ai fini par mettre le holà aux gros projets de rédaction. Mon chiffre d’affaires pour juillet est donc moins satisfaisant, mais j’avais besoin d’un mois plus reposant. Il s’est d’ailleurs terminé avec (enfin) la planification de 12 jours de congé. Après de nombreuses hésitations, mon cher et tendre et moi-même avons décidé de notre destination. L’an dernier, nous avons découvert l’Albanie, pour 2023 nous avons choisi la Serbie. Il vous faudra toutefois patienter pour la carte postale car nous ne partirons en vacances que vers la fin de la période estivale. Août sera donc un mois encore chargé, même si j’ai décidé de lever un peu le pied.

Je me serai déjà envolée lorsque viendra le temps d’écrire le bilan du huitième acte de l’année, mais je prendrai de l’avance pour le publier pendant mes vacances. Rendez-vous donc dans 4 semaines pour voir si août me rendra plus zen.

2023 : deuxième acte

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Février a commencé sur la douce lancée de la fin de janvier, du moins pendant sa première moitié. Un petit mois divisé entre 2 pays, me faisant passer de la tranquillité de l’Allemagne au rythme effréné du Royaume-Uni. Vingt-huit jours aux plaisirs éphémères qui annoncent doucement la fin de l’hiver.

Bouquet de crocus à Ratingen

Ayant retrouvé un rythme plus équilibré vers la fin janvier, j’ai entamé le début du mois le plus court de l’année avec sérénité. Ma charge de travail n’était ni trop importante ni trop faible, ce qui m’a permis de continuer à profiter pleinement de mes journées. J’entrecoupais mes heures de travail par des séances sportives et de courtes balades, me donnant l’occasion d’apprécier l’éclosion des premiers crocus et perce-neige. Les soirées étaient tout aussi paisibles, me permettant de me détendre un livre à la main ou le casque sur les oreilles pour écouter des podcasts tout en coloriant des mandalas (chacun son dada 😅). Un léger stress est monté en moi au bout de 2 semaines, mon agenda commençant à être un peu trop vide de projets à mon goût. Heureusement, il a suffi de quelques courriers électroniques pour que les propositions de travail recommencent à rentrer régulièrement dans ma boîte mail. Les week-ends en Allemagne étaient reposants, le froid des premiers jours nous incitant davantage à profiter du confort de l’intérieur. Mon cher et tendre et moi-même avons toutefois profité d’un dimanche un peu plus doux et ensoleillé pour nous balader au Wildpark Grafenberger Wald, un parc totalement gratuit dans lequel des biches et autres animaux de la forêt vivent en quasi-liberté.

Passé la mi-février, il était temps pour mon cher et tendre de retourner dans son bureau anglais. Nous voilà donc le troisième dimanche à bord d’un ferry pour traverser la Manche. Alors que je croyais poursuivre mon mois tranquillement, les choses ont pris un tout autre tournant. Un jour après notre arrivée, le propriétaire de notre logement nous annonce une augmentation de loyer. Il nous fait également comprendre qu’il préférerait louer à des personnes célibataires, les règles de location s’étant endurcies pour les propriétaires. Comme nous commencions à nous sentir à l’étroit, nous avons directement décidé de changer d’endroit. Notre première semaine au Royaume-Uni a ainsi été dédiée à nous trouver un nouveau nid. Tout est allé en accéléré : il ne nous a fallu que quelques jours pour le dénicher. Après seulement 2 visites, notre quête d’un nouvel appartement s’est terminée sur une réussite. Des papiers doivent encore être signés donc ne parlons tout de même pas trop vite, mais la perspective de déménager nous excite. À ce mélange de grand stress et d’excitation s’est ajouté le bonheur de pouvoir passer quelques jours en compagnie d’une petite partie de ma famille. Mon parrain et ma cousine sont venus explorer Londres le dernier week-end de février, me donnant l’occasion de redécouvrir la ville en prenant plaisir à les guider. Nous avons beaucoup marché (à en user nos souliers 😁), mais la capitale britannique est parvenue à les envoûter. Londres m’a aussi rappelé à quel point j’aimais ce melting-pot anglais. Cela m’a d’ailleurs donné l’envie d’écrire un petit billet sur mes endroits londoniens favoris. Mais terminons cet article-ci par quelques photos puisqu’une image vaut mieux que mille mots.

C’est donc sur une montagne russe d’émotions variées que s’est terminé ce mois de février. Le début de mars sera probablement un peu mouvementé, mais j’espère retrouver rapidement la sérénité de ce début d’année. Réponse au prochain épisode

2022 : onzième acte

Si par rapport à octobre, il a été encore moins productif, novembre s’est avéré plus festif. Grâce à cette petite baisse de ma charge de travail, le neuvième mois de l’année a été le temps des retrouvailles. Retour sur la fin de cet automne, qui est loin d’avoir été monotone.

Fin d’automne, début d’hiver au parc Grüner See de Ratingen

Le mois de novembre a commencé par un beau jour de congé. Profitant d’une semaine de vacances, ma belle-sœur vivant à Cambridge souhaitait passer une journée à Londres. Me voilà donc à l’accueillir à la gare de Kings Cross le 1er novembre en matinée. Notre première excursion convenait particulièrement à l’ambiance du début de novembre puisque nous sommes allées visiter le Highgate Cemetery. Ouvert au début du XIXe siècle, cet impressionnant cimetière était depuis longtemps sur ma liste des lieux insolites à voir dans la capitale britannique. Et je n’ai pas été déçue. Nous avions réservé un tour avec un guide passionnant, qui nous a raconté les histoires parfois surprenantes des habitants du cimetière et montré les tombes et caveaux les plus spectaculaires. La vue de ces pierres tombales recouvertes de feuilles d’or et envahies par la végétation sous la douce lumière d’une matinée d’automne était magnifique. L’endroit attire d’ailleurs de nombreux photographes tant il est pittoresque. Après la visite guidée dans la partie ouest du cimetière, la plus ancienne, nous avons exploré la partie est, où sont enterrées plusieurs célébrités, dont Karl Marx. Après cette balade dans le royaume des morts, qui s’est terminée sous une belle averse anglaise, nous avons déjeuné dans un restaurant pour nous remettre d’aplomb pour le reste de la journée. Nous avons enchaîné avec une visite du Victoria & Albert Museum qui accueillait pendant quelques semaines une exposition consacrée aux comédies musicales. Cela nous a plongées dans le thème de la soirée puisque nous avons terminé la journée au Piccadilly Theatre pour assister à la comédie musicale Moulin Rouge (oui, je l'avais déjà vu en mai grâce à mon cher et tendre, mais comme le spectacle m'avait énormément plu et que ma belle-sœur rêvait d'aller le voir, je n'ai pas hésité une seconde à retourner le voir avec elle).

Les jours qui ont suivi, les éclats de feux d’artifices retentissaient dans toutes les rues de Londres. Le 5 novembre, les Britanniques célèbrent en effet la Guy Fawkes Night, qui commémore l’attentat manqué de Guy Fawkes et de ses acolytes contre le Parlement le en 1605. Pour l’occasion, des feux de joie sont brûlés dans tout le pays et le ciel devient la scène d’explosions de couleurs. La majorité de ces feux d’artifices sont payants et les places partent très rapidement. Mon cher et tendre a toutefois trouvé un feu d’artifices tiré juste à côté d’un parc, où nous avons pu profiter gratuitement du spectacle. Le parc offrant une vue bien dégagée sur l’horizon, nous avons d’ailleurs pu voir non pas un, mais bien une dizaine de feux d’artifices organisés dans divers endroits de la ville. Après avoir passé les 2 premières semaines de novembre en Angleterre, mon cher et tendre et moi-même avons refait nos valises pour repartir passer 3 mois en Allemagne. J’ai eu un peu plus de mal à quitter le sol britannique cette fois-ci, ayant bien sympathisé avec la patronne du petit café de la librairie, où j’ai pris l’habitude de me rendre une fois par semaine pour écrire mes billets de blog. Cela dit, la deuxième moitié de novembre me réservait d’autres beaux moments.

Le deuxième week-end de novembre a ainsi été entièrement dédié aux retrouvailles en famille. J’ai passé mon samedi à Bruxelles avec mon frère, ma sœur et mes cousines adorées. Après un bon repas libanais, nous avons été aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique pour voir l’exposition « Miradas de Mujeres » montrant le travail haut en couleur de l’artiste Isabelle de Borchgrave sur l’univers de Frida Kahlo. Les détails de ses robes en papier étaient superbes. L’exposition n’était pas très grande donc nous avons pris le temps d’explorer d’autres parties du musée. Nos sorties entre cousins-cousines nous permettant toujours de retomber en enfance, nous avons passé un excellent moment. Le lendemain, c’est une autre partie de ma famille que j’ai pu retrouver, lors d’un grand repas convivial avec toute la troupe d’oncles, de tantes, de cousins et de cousines du côté paternel (j'ai la chance d'avoir des parents qui ont chacun grandi dans une grande famille, ce qui fait que nos réunions sont rares, mais toujours chouettes et animées). Après ce week-end ressourçant, j’ai rejoint mon cher et tendre à Ratingen, où nous avons pu profiter de notre premier marché de Noël de l’année. Quel changement par rapport à l’année dernière encore marquée par le virus-dont-on-ne-veut-plus-prononcer-le-nom ! Cette fois-ci, les masques ne cachaient plus les sourires des gens, de grands plats de biscuits étaient mis à la disposition des personnes achetant un vin chaud et l’ambiance était beaucoup plus festive et décontractée. Le dernier week-end de novembre m’a quant à lui donné l’occasion de retrouver mes deux meilleures amies, qui m’ont chacune invitée chez elle. Petite balade familiale ensoleillée à Namur avec la première, une soirée sur le marché de Noël de Bruxelles avec la deuxième, il ne m’en fallait pas plus pour terminer le mois avec un moral au beau fixe.

Comme vous l’aurez compris, je n’ai pas une seule fois travaillé durant mes week-ends de novembre. J’ai également profité d’une semaine de répit en début de mois, les congés de la Toussaint ayant apporté une accalmie appréciable. Je n’ai toutefois pas glandé et ai même vécu quelques moments de stress, mon logiciel Studio ayant décidé de planter durant la traduction d’un gros projet (les joies de Trados dont il faudrait que je vous reparle dans un nouveau billet). Comme pour octobre, je n’ai eu aucun coup de gueule à signaler, les projets se suivant sans se superposer, me permettant de travailler sans surcharge et à tête reposée. Le retour en Allemagne m’a aussi permis de retrouver les grandes fenêtres de mon bureau, derrière lesquelles je pouvais observer des perruches venues grappiller les derniers fruits des arbres. J’ai néanmoins terminé le mois avec une nouvelle moins réjouissante en ce qui concerne ma santé. Cela faisait déjà plusieurs semaines que j’avais des douleurs dans le petit doigt (que je n'utilise pourtant jamais lorsque je tape au clavier...) et que je me réveillais de temps à autre avec des fourmillements dans les mains. J’avais mis cela sur le compte des heures de travail intenses accomplies en juillet et septembre, mais avais néanmoins des craintes (en bonne hypocondriaque). Mon médecin soupçonnait un début d’arthrose, diagnostic qu’une radio et échographie ont finalement infirmé. Un électromyogramme a cependant révélé les premiers signes du syndrome du canal carpien. La spécialiste qui m’a examinée doit encore confirmer les résultats, mais il va falloir me ménager et faire particulièrement attention à la position de mon clavier (cela mériterait d'ailleurs un petit billet...).

Bref, restons dans le positif et espérons que le dernier mois de l’année continue dans cet esprit festif ! Rendez-vous le 30 décembre pour l’acte ultime de cette année 2022…

2022 : dixième acte

Par rapport à septembre, octobre a été beaucoup plus tendre. Grâce à un agenda un peu moins chargé qu’à la rentrée, j’ai pu davantage me reposer. Le dixième mois de l’année s’est avéré ainsi un bel équilibre entre séances de travail productives et activités récréatives.

Lodge Farm Park, Romford

Octobre a continué sur la lancée positive de septembre en ce qui concerne le travail. Hormis une traduction à rendre un lundi matin à 8h qui m’a privée de plusieurs heures de répit sur un week-end, tous mes projets ont été rendus dans les délais, sans aucune nuit blanche. Je ne déplore pas non plus de fausse note et n’ai aucun coup de gueule à déclarer, bien que certains changements auraient pu me déstabiliser. L’une des agences avec qui j’adore collaborer avait annoncé il y a plusieurs mois déjà qu’elle allait être rachetée par une plus grande plateforme de services de traduction. J’avais accueilli la nouvelle avec pas mal d’inquiétude, craignant devoir batailler pour conserver mes tarifs et de voir disparaître tous les petits avantages qui rendaient très agréable ma collaboration avec cette agence [paiement en temps et en heure des factures, équipe de gestionnaires de projets (PM) à la disposition et à l'écoute des traducteurs, évaluation systématique des traductions avec commentaires instructifs permettant de se perfectionner sans cesse...]. Octobre a marqué le passage effectif de la plateforme habituelle de l’agence vers le système de son acquéreur. Contre toute attente, il s’est déroulé en douceur, notamment grâce à la disponibilité des PM et de l’équipe qui ont rassuré et accompagné les traducteurs dans cette transition. Seule ombre au tableau, le délai de paiement des factures est passé de 30 jours à 45 jours, condition malheureusement non négociable. Néanmoins, le système de facturation est automatique et me fait donc gagner du temps. Espérons que les premiers projets seront bien payés dans les délais indiqués !

Apportant toute la beauté de l’automne, octobre m’aura particulièrement enchantée cette année. Malgré les jours qui raccourcissaient à vue d’œil, je m’attelais à sortir chaque jour dans le parc pour admirer l’explosion de couleurs des feuilles. Il a aussi été un mois de belles découvertes, allant de l’écriture d’Annie Ernaux à la voix particulière de la chanteuse néerlandaise Kovacs (véritable coup de cœur musical du moment), en passant par la série Manifest. Le dixième mois de l’année m’aura également permis de vivre plusieurs réunions et retrouvailles en famille. Les parents de mon cher et tendre sont ainsi venus passer quelques jours outre-Manche pour découvrir la nouvelle demeure de ma belle-sœur à Cambridge. Leur visite nous a permis de faire une belle balade dans Londres à la tombée du jour pour apprécier l’ambiance si magique de la capitale britannique sous le manteau de la nuit, ainsi qu’un tour guidé instructif dans les rues de Cambridge. Sur les conseils du guide, nous avons aussi eu la chance d’entrer dans l’imposante chapelle du King’s College et d’assister aux vêpres (sachez que c'est d'ailleurs l'une des façons d'admirer gratuitement la chapelle). Entendre les voix angéliques des jeunes garçons du chœur s’élever sous les voûtes de la chapelle était une magnifique expérience.

Octobre a aussi été l’occasion pour moi de passer quelques jours en solitaire, mon cher et tendre ayant dû partir quelques jours en Allemagne pour des raisons professionnelles. Trois jours de calme qui m’ont permis d’avancer dans mes lectures, ce qui promet quelques billets Croque-livre dans les semaines à venir. Octobre a enfin été le mois de ma première raclette de la saison, dégustée uniquement en compagnie de ma sœur et de mon frère, circonstance tellement rare que cela méritait d’être souligné ! Il m’a aussi permis de revoir plusieurs membres de ma famille que je n’avais plus vus depuis longtemps, moments simples mais si précieux après ces années marquées par le virus-dont-on-ne-veut-plus-prononcer-le-nom. D’ailleurs, s’il y en a un que je n’étais pas vraiment pressée de revoir et qui a quand même fait sa réapparition, c’est bien ce virus en question. S’il ne s’est pas déclaré à visage découvert, il a accablé mon cher et tendre puis moi-même d’un manque d’énergie parfois extrême. Heureusement, la fin du mois étant beaucoup moins chargée, j’ai pu véritablement me reposer.

C’est donc en meilleure forme que j’entame le dernier mois de l’automne. Rendez-vous dans 4 semaines pour voir si novembre sera aussi doux qu’octobre !

Goodbye, Your Majesty

J’avais écrit et programmé mon article de la semaine dernière avant d’apprendre le décès de la reine Elizabeth II. J’allais en effet passer tout mon vendredi dans les transports pour rentrer quelques jours en Belgique. Abasourdie par la nouvelle, je n’ai plus pensé à la publication de mon billet. À quelques jours de son enterrement, j’ai toutefois eu envie de lui consacrer un petit texte cette semaine…

J’ai quitté Londres vendredi matin dans une ambiance très particulière. Dans le métro, les gens étaient particulièrement silencieux. Quelques personnes lisaient l’édition spéciale du journal, remplie de photos de la souveraine, en ayant les larmes au bord des yeux. Arrivée à la gare de Victoria, la nouvelle m’a encore plus percutée lorsque j’ai vu un grand portrait d’Elizabeth II accompagné de son année de naissance et des chiffres fatidiques : 2022. À deux pas de là, une statue de corgi installée en l’honneur de son Jubilé trônait encore au milieu de la gare, rappelant que la reine avait battu tous les records de longévité il y a quelques mois à peine. Je croise quelques personnes avec des bouquets de fleurs ou les épaules drapées des couleurs britanniques, se rendant probablement jusqu’au palais de Buckingham tout proche pour lui rendre hommage. En me dirigeant vers la gare routière, j’ai retrouvé l’une de ses dernières photographies sur plusieurs abribus, remplaçant les publicités habituelles par le sourire discret de la monarque. J’aperçois également le drapeau du National Audit Office tout proche flottant à mi-mât, en signe de deuil. Face à tous ces signes, j’ai moi aussi eu les larmes aux yeux et j’ai quitté Londres en sachant que la ville ne serait plus jamais tout à fait comme avant…

Certes, Elizabeth II n’était pas ma reine, mais elle était LA reine. Comme une très grande majorité de personnes, elle est la seule reine que j’ai jamais connue. Elle était déjà sur le trône depuis longtemps lorsque j’ai eu mes premiers cours d’anglais et que je me suis passionnée pour la langue de Shakespeare. Elle était là lors de mon premier voyage outre-Manche et elle l’était encore lorsque mon cher et tendre s’est installé dans la capitale britannique il y a plusieurs années. J’ai eu la chance de l’avoir aperçue une fois saluer au balcon, alors que je me trouvais au beau milieu de la foule en liesse devant le palais de Buckingham. Cette petite dame aux chapeaux colorés me semblait alors immortelle. C’est stupide quand on y pense, mais je la considérais presque comme un monument de Londres, au même titre que Big Ben ou que le London Bridge. Mais le pont de Londres est finalement tombé et c’est tout un symbole qui disparaît.

Certains vont dire qu’Elizabeth II n’était pas toute blanche (sauf de cheveux 👵...), mais on ne peut rester indifférent à son départ. C’est toute une époque qui s’achève, une époque où une femme était sur le trône. On n’y pense pas tout de suite, mais c’est aussi toute une partie des noms officiels qui se masculinisent, des Queen’s Guards au fameux God Save the Queen, en passant par Her Majesty’s Theatre. En dehors de ces considérations linguistiques, je ne peux pas cacher mon admiration pour cette grande dame. Elle n’a pas choisi sa place, mais elle l’a acceptée en promettant qu’elle consacrerait toute sa vie au service de son peuple. À une époque où l’on passe rapidement à autre chose à la moindre insatisfaction (d'un boulot, d'une rencontre amoureuse, d'une amitié), Elizabeth a respecté sa promesse jusqu’au bout. Deux jours avant son décès, elle se tenait debout dans son salon à Balmoral, frêle mais appuyée fièrement sur sa béquille, les mains bleutées par la vieillesse et les traitements, mais prêtes à serrer celles de la toute nouvelle Première Ministre. Qu’on soit royaliste, antimonarchiste ou totalement neutre, voir cette petite dame s’atteler à son devoir dans les derniers jours de sa vie est un exemple édifiant de ténacité et de dévouement.

Une petite dame, si grande par sa prestance, par sa sagesse, par son élégance bien à elle et son sens de l’humour so British qu’elle va indéniablement me manquer. Alors, au revoir, Votre Majesté et reposez en paix !