Comme je l’expliquais dans mon dernier billet, j’ai plus de temps pour prospecter ce mois-ci. Après la mise à jour de mon CV et de mes différents profils, j’ai été contactée par quelques agences, intéressées de m’ajouter dans leur équipe de traducteurs et traductrices freelances. Outre la négociation de tarifs, certaines demandent de passer un test pour que l’on puisse prouver nos compétences. Petite explication.
Étant donné que les agences de traduction font appel à des milliers de freelances, il est normal qu’elles vérifient que leurs nouvelles recrues aient un niveau répondant aux exigences de leurs clients. Cela peut toutefois être énervant de devoir passer du temps à traduire un texte non rémunéré pour prouver nos capacités quand on a plus de 10 ans d’expérience sous le pied. Certains sortent d’ailleurs l’excuse qu’on ne demanderait pas à une plombière de réparer une fuite gratuitement ou à un boulanger de cuire un pain avant de décider de faire appel à ses services. Je pense cependant que ces tests peuvent être réellement nécessaires pour que les agences puissent faire le tri. De plus, quand elles cherchent des freelances pour participer à un appel d’offres et fournir des services à un client plus important, comme les institutions européennes, elles sont obligées de faire passer des tests officiels aux traducteurs et traductrices constituant leurs équipes. Je vais d’ailleurs devoir participer à 2 tests en juin (ce qui me rappelle désagréablement mes examens de traduction à l'EII...😥).
Néanmoins, il est bon de rappeler que certaines agences mal intentionnées utilisent cette excuse du test pour pouvoir obtenir une traduction sans payer la personne qui l’a réalisée (et en récupérant donc tout le bénéfice). Si de jeunes traducteurs ou traductrices passent par ici, faites donc attention à la longueur du test imposé. Généralement, les plus expérimenté(e)s déconseillent de faire des tests de plus de 300 mots, ce qui fait à peu près une page Word. Si l’agence vous demande de traduire un texte beaucoup plus long, il y a anguille sous roche… Dans d’autres cas, l’agence peut rémunérer le test. Ceux que je passerais en juin seront d’ailleurs payés. Cela reste quand même une exception donc restez sur vos gardes si l’on vous envoie un texte de plus de 1000 mots ou demandez une compensation… Au fond, cela permet aussi aux freelances d’avoir une petite idée de la façon dont se déroulera l’éventuelle collaboration avec cette agence.
Sur ces conseils, je vous laisse et vous souhaite un bon week-end prolongé, en espérant que vous pourrez en profiter !
Je n’ai pas écrit la semaine passée en raison d’un enchaînement d’imprévus qui ont mis mon moral à terre. Je reprends du poil de la bête cette semaine et prends donc le temps de vous parler de la post-édition. Si vous suivez mon blog depuis longtemps, vous avez probablement déjà vu ce terme passer dans plusieurs de mes billets. Je n’ai toutefois jamais consacré un article complet à cet exercice de mon métier, qui prend pourtant de plus en plus de place dans le quotidien des traducteurs…
La post-édition consiste à vérifier un texte qui a été traduit par un outil de traduction automatique. Pour y parvenir, le système utilisé va puiser dans les mémoires du logiciel de traduction et reproduire automatiquement les passages déjà traduits. Je vous renvoie vers mon billet sur Trados pour mieux comprendre le fonctionnement des mémoires de traduction. Plutôt que de passer du temps à lire et à traduire le texte en 1er jet (voir mon billet sur la traduction), le traducteur ou la traductrice se retrouve directement avec un texte pré-traduit. Son travail se réduit alors à réviser le texte, corrigeant les erreurs de sens, de contexte, les lourdeurs, etc., dans le but de le rendre plus « humain » et naturel.
L’évolution du métier
Je ne me souviens pas avoir entendu parler de post-édition au cours de mes études de traduction. Il faut dire que j’ai obtenu mon diplôme en 2011, soit il y a plus de 10 ans. À l’époque, nous n’avions d’ailleurs que quelques heures de cours pratiques pour nous initier à l’utilisation d’outils d’aide à la traduction, comme Trados. Nous avions aussi des cours de révision pour apprendre comment vérifier le travail d’un autre traducteur sans chercher à tout prix à corriger des figures de style ou à remanier chaque phrase (je vous invite à lire mon article sur les réviseurs/relecteurs pour mieux comprendre cet exercice). Je n’ai toutefois jamais dû réviser un texte traduit automatiquement dans le cadre de mes études. Durant mes premières années en tant que traductrice indépendante, je n’utilisais que très peu les logiciels d’aide à traduction, ce qui a bien changé vu que je dois y avoir recours pour travailler avec les agences. Je ne me rappelle plus vraiment quand j’ai reçu mes premières demandes de post-édition, mais mon premier coup de gueule à ce sujet sur ce blog date de 2018. La technologie n’était pas encore très au point et la qualité des textes prétraduits était souvent déplorable. Certaines agences n’hésitaient toutefois pas à tenter de les faire accepter aux traducteurs à des prix ridicules, prétextant qu’il n’y avait qu’à réviser le texte, alors que bien souvent, il fallait tout retraduire. C’est aussi en 2018 que j’ai accepté mon premier vrai projet de post-édition. Il s’agissait d’un projet à long terme sur lequel je continue de travailler chaque semaine. Contrairement aux propositions farfelues que je recevais encore à l’époque, les textes concernés se prêtaient particulièrement bien à la post-édition puisqu’il s’agissait de fiches décrivant des produits et services, dont les termes sont toujours les mêmes. Il m’a fallu quelques semaines d’apprentissage en raison des nombreuses consignes particulières à respecter, mais le travail est rapidement devenu automatique. Le tarif est bien évidemment inférieur à mon tarif de traduction, mais cela me prend aussi la moitié du temps que pour une traduction normale donc c’est tout à fait rentable. Je suis cependant encore convaincue que la post-édition ne convient pas à tous les types de texte….
Les limites de la post-édition
Il y a deux semaines, je vous partageais ma crainte et ma tristesse face à la situation des traducteurs et traductrices littéraires. Il est vrai que la technologie avance à une vitesse folle, mais la traduction automatique reste « automatique ». Alors, bien sûr, l’IA vient ajouter son grain de sel et permet à la machine de « réfléchir » comme un être humain, mais il y a encore des choses qu’elle ne peut pas faire (heureusement). L’appât du gain est malheureusement toujours le plus fort et certaines maisons d’édition peu scrupuleuses ont recours à des logiciels de traduction automatique. Je trouve cela scandaleux. Comme la traduction automatique repose sur des mémoires et des bases de données créées à partir de traductions humaines, il n’y a plus vraiment de créativité. La machine pompe sur ce qui existe déjà. Or, la langue évolue constamment, également à l’oral. Les logiciels de TAO (traduction assistée par ordinateur) ne comprennent pas forcément les expressions imagées, les métaphores, l’ironie ou le second degré. Les traducteurs et traductrices se retrouvent donc à devoir retraduire ce que la machine a prétraduit. Le gain de temps promis par la traduction automatique se transforme alors en perte de temps, et d’argent. Le tarif de la post-édition équivaut généralement à la moitié du tarif d’une traduction. Imaginez donc la perte de revenu.
Quel avenir pour la traduction ?
De plus en plus d’articles prédisent la disparition du métier de traducteurs (surtout ces derniers mois en raison de l'avancée de l'IA). Je pense toutefois que l’on passera d’abord par une transformation. Nous ne serons plus des traducteurs ou traductrices, mais des post-éditeurs ou post-éditrices. J’ai vu sur le site de la FTI-EII (Faculté de Traduction et d'Interprétation, anciennement l'École d'Interprètes Internationaux) de l’université de Mons que la post-édition et les outils d’aide à la traduction automatique étaient au programme des cours de la dernière année de bachelier. L’ISTI (aujourd'hui la Faculté de Lettres, Traduction et Communication de l'Université libre de Bruxelles) propose aussi un cour sur les outils d’aide à la traduction et à la rédaction en bachelier. J’espère juste que les jeunes traducteurs et traductrices fraîchement diplômé(e)s pourront connaître au moins un peu le plaisir de la traduction pure et dure, telle que je l’ai connue et la connais encore aujourd’hui. J’espère aussi que mon cher et tendre a raison quand il dit qu’il y aura toujours des gens qui préfèreront la traduction humaine, comme il y en a toujours qui préfèrent s’offrir une belle montre mécanique, un livre papier ou un disque vinyle plutôt qu’une montre connectée, une liseuse ou un téléchargement numérique (en somme, je deviendrai peut-être vintage 🙃).
En attendant, nous n’y sommes pas encore. Je vous donne donc rendez-vous la semaine prochaine pour un autre article écrit avec le cœur (et non pré-écrit par ChatGPT 😺)
Ces derniers jours, l’intelligence artificielle a été au cœur de diverses discussions. J’ai tout d’abord eu des nouvelles d’une ancienne camarade de classe, également traductrice, qui me demandait si j’avais ressenti un changement ces dernières années en raison de la présence de plus en plus grande de la traduction automatique. Quelques jours plus tard, sur le groupe Facebook des anciens diplômés de ma faculté de traduction, une personne a partagé cet article, traitant de la dégradation des conditions de travail des traducteurs littéraires depuis, je cite, « l’arrivée sur le marché de puissants outils de traduction automatique dopés à l’IA ». J’avais déjà parlé du spectre de ChatGPT dans un autre billet, mais j’ai besoin de vider un peu mon sac.
Naïve comme je suis, je croyais que la traduction littéraire serait épargnée par la traduction automatique. Une œuvre écrite qui aura été en gestation pendant des mois dans l’esprit d’un auteur ou d’une autrice ne peut quand même pas être traduite par une machine… Or, si vous avez lu l’article, vous apprendrez que les éditeurs ont de plus en plus recours à la post-édition(c'est-à-dire un texte déjà traduit de manière automatique puis révisé par un traducteur) et en profitent pour baisser allègrement le tarif des traducteurs, alors que ceux-ci ont vu leurs heures de travail se multiplier en raison de l’utilisation de l’IA. Les non-initié(e)s se demandent peut-être pourquoi un outil censé faciliter la tâche des traducteurs rend leur travail chronophage. Imaginez-vous qu’un livre est comme une tapisserie, que son auteur a tissée méticuleusement pendant des mois, choisissant soigneusement les fils, les couleurs pour lui donner tout son éclat. L’outil de post-édition va recréer cette tapisserie à toute vitesse, puisant dans une mémoire de traduction des phrases similaires et reprenant la manière dont elles ont été traduites. Les traducteurs littéraires se retrouvent donc face à une tapisserie certes jolie à première vue, mais avec de nombreux défauts (contre-sens, glissements de sens, niveaux de langage inappropriés, illogismes...). Ils sont alors contraints de tout démêler pour retrouver les bons fils de la trame. Ils perdent aussi ce qui fait tout l’attrait de ce métier à mon sens : pouvoir se glisser dans la peau de l’auteur et jongler avec les mots pour trouver la meilleure façon de transmettre l’œuvre. Autre pratique choquante, certains éditeurs cachent complètement le fait que l’IA a été utilisée pour traduire leurs livres. S’il vous arrive de trouver une version française mal écrite, ne jetez donc pas directement la pierre au traducteur ou à la traductrice…
Outre ces pratiques honteuses qui mettent encore plus à mal ces travailleurs bien trop souvent mis dans l’ombre, et qui menacent toutes les branches de mon métier d’ailleurs, la fascination des gens pour l’IA m’attriste. Certains s’amusent à partager des images entièrement générées par l’IA, d’autres se reposent entièrement sur ChatGPT pour écrire leurs e-mails, d’autres encore font appel à des outils de création basés sur l’intelligence artificielle pour composer des morceaux de musique, sans y voir de problème. Alors oui, on gagne en productivité, en temps et certains font de belles économies d’argent, mais on perd un élément essentiel : l’humain. Certes, on dit que l’erreur est humaine. Nous sommes tous imparfait(es). Mais l’humain peut aussi faire de grandes choses avec du temps, de la réflexion, de l’imagination. Si l’IA peut faciliter notre vie, elle risque aussi de nuire, selon moi, à notre capacité de penser, de réfléchir, d’imaginer, de créer. J’ai souvent beaucoup d’admiration pour les traducteurs du passé, capables de traduire les écrits sans Trados, sans Google, comptant uniquement sur leurs connaissances et leur bibliothèque pleine à craquer. Je ne suis pas contre le progrès, loin de là. Je ne veux pas non plus retourner au temps de saint Jérôme où l’on écrivait à la plume sous la lueur des bougies. Mais les dernières avancées me font réellement peur. Cela fait déjà plus de 10 ans que j’ai fait de la traduction et de la rédaction mon gagne-pain. Pourrai-je encore vivre de ma passion dans 10 ans ? Cette crainte ne se limite pas à mon métier, j’ai aussi peur de voir l’abrutissement des générations à venir. Les étudiants de demain parviendront-ils encore à rédiger des textes sans faire appel à ChatGPT ? Pourrons-nous encore nous extasier devant un tableau, un morceau de musique, un roman né uniquement de la créativité d’un être humain ? Serons-nous encore capables de réfléchir et de penser par nous-mêmes ? Je n’ai pas la réponse, mais j’espère ne plus être là le jour où mon métier disparaîtra…
Maigre espoir, on annonçait il y a 10 ans la disparition des livres avec l’arrivée des liseuses et e-books et pourtant, nous sommes encore nombreux à préférer sentir le papier sous nos doigts. J’espère donc que nous serons encore beaucoup à favoriser les traductions/rédactions/toutes autres créations humaines malgré l’IA. Seul l’avenir nous le dira…
Dans mon dernier bilan, j’avais expliqué en quelques mots qu’une agence de traduction m’avait demandé mes tarifs pour un nouveau contrat avec un gros client. Cet à-côté du métier de traducteur m’est assez pénible. Je vous fais donc part de ma frustration.
Fin novembre, je reçois un mail d’une Vendor Manager (fonction que l'on pourrait traduire par « responsable de la sous-traitance ») m’annonçant que son agence de traduction avait obtenu un nouveau contrat et monte une équipe de traducteurs freelance pour travailler sur les projets à venir. La Vendor Manager me demande si je suis intéressée et, surtout, m’enjoint à lui indiquer mes « meilleurs tarifs » pour divers services. Parmi ceux-ci, il y a la traduction, bien évidemment, mais aussi la post-édition légère ou complète(ou, dans le jargon, « light MTPE » et « full MTPE » respectivement). Je travaille depuis déjà plusieurs années sur un projet de post-édition, que je considère comme de la post-édition « complète », mais je n’ai jamais été confrontée à un projet de post-édition « légère » (qui consiste à corriger uniquement les erreurs d'orthographe, de grammaire ou de sens sans trop toucher au texte traduit par la machine et qui pourrait donc s'apparenter à de la relecture). Je me suis donc renseignée sur ce nouveau service avant de pouvoir donner mes « meilleurs tarifs ».
Par « meilleurs tarifs », il faut bien sûr comprendre « tarifs les plus avantageux pour l’agence », et non le tarif que je rêverais d’avoir en tant que traductrice. La tâche se rapproche du numéro d’équilibriste. Si je donne un tarif trop bas, il faudra travailler beaucoup plus pour obtenir une rémunération correcte ; si je donne un tarif trop élevé, l’agence ne fera tout simplement pas appel à mes services pour ce client en particulier. L’exercice est encore plus périlleux lorsqu’il s’agit de post-édition. Si la qualité des traductions générées automatiquement s’améliore (de manière effrayante...), elle peut fortement varier d’un type de projet à un autre. J’ai cherché à obtenir davantage de renseignements sur les documents qui feront l’objet d’une « full MTPE » ou « light MTPE » pour savoir si cela se rapprocherait des genres de projet pour lesquels j’accepte déjà de faire de la post-édition, mais je n’ai pas obtenu d’informations très utiles. Après divers calculs, j’ai finalement indiqué les tarifs qui me semblaient les plus rentables pour moi, tout en restant acceptables pour l’agence.
À ce jour, je ne sais pas encore si je suis reprise dans l’équipe de traducteurs pour ce nouveau contrat, ce qui me cause un certain stress. Pour l’instant, je n’ai pas à me plaindre : je suis toujours autant sollicitée pour des traductions « humaines ». L’avenir reste malheureusement incertain. Nous verrons donc d’ici l’an prochain (comprenez en janvier) si je me lancerai dans des projets de « light MTPE »… En attendant, c’est le rush d’avant les fêtes donc je retourne à mes traductions !
J’ai manqué à mon rendez-vous hebdomadaire la semaine dernière car j’étais littéralement KO. Je me remettais doucement d’une nuit presque blanche pour rendre un gros projet de traduction, mes 2 dernières semaines ayant été perturbées par un invité surprise à 4 pattes…
La surprise en question
Il y a 2 semaines, nous avons débarqué en Allemagne, mon cher et tendre devant reprendre les rênes de l’entrepôt de son entreprise. Le week-end avait été chaotique à cause de la tempête et j’avais dû terminer un autre projet de traduction chez mes beaux-parents, sachant qu’ils ne comprennent pas toujours la nécessité de devoir travailler le week-end quand on a une traduction à rendre pour la Commission le lundi matin à 9h… Bref, ma première nuit en Allemagne avait été assez courte. Je pensais passer mon premier lundi allemand de manière plus tranquille quand mon cher et tendre a débarqué dans l’appartement avec un nouveau collègue que je ne connaissais pas et… un rottweiler de 6 ans. Venant à peine de rendre ma traduction, j’ouvre de grands yeux cernés, ne comprenant pas ce qu’il se passe, quand le collègue en question (Felipe) me demande si c’est OK que le chien reste là. Prise de court, je n’ai pas vraiment eu d’autre choix que de dire « oui », mon cher et tendre m’expliquant que Felipe n’avait pas encore les clés de son appartement définitif, qu’il logeait encore dans des AirBnb et qu’il ne pouvait pas y laisser son rottweiler. Le pauvre toutou restait donc sagement dans la voiture de Felipe, n’ayant pratiquement pas de place pour se coucher et encore moins pour bouger (pour la défense de mon cher et tendre, je pense que j'aurais pris le chien sans réfléchir si je l'avais vu moi-même dans le coffre de la voiture). L’appartement de fonction se trouvant juste en face de l’entrepôt, il était plus pratique et plus confortable autant pour le chien que pour son maître que je le garde auprès de moi. Me voilà donc à passer cette première journée en Allemagne aux côtés d’Hercules (prononcé à l'espagnol vu l'origine de Felipe). Mon cher et tendre n’y voyait aucun problème étant donné que j’ai grandi avec des chiens, que mes parents ont encore actuellement un chien « de grande taille » d’après ses dires (bon, pas un Rottweiler non plus, mais suffisamment grande pour effrayer les cynophobes), et qu’Hercules semblait doux comme un agneau (c'était véritablement un bon gros géant, contrairement à la mauvaise réputation que l'on donne à cette race). Mon cher et tendre n’a toutefois jamais eu de chien et ne sait pas forcément qu’un toutou dont les habitudes sont bouleversées n’est pas particulièrement calme…
Hercules souffrant d’une légère peur de l’abandon, il ne pouvait pas rester seul une seconde et demandait énormément d’attention. Je devais donc régulièrement interrompre mon travail, le voyant planté à côté de ma chaise de bureau, me regardant avec des yeux larmoyants ou insistant avec sa patte sur mes genoux pour que je lui fasse des câlins ou jouer avec lui. Il fallait aussi que je veille à ce qu’il ne fasse pas de bêtise (comme grimper sur le plan de travail, piquer des chaussettes dans la chambre ou déchirer des mouchoirs en papier🙄). Hercules s’est finalement habitué à ma présence (ou plutôt à l'absence de son maître) et à son nouveau rythme (arrivée avant 8h, promenade avec son maître vers 12h30 et retour à la maison vers 17h) au bout du 7e jour de garde. Entretemps, j’ai aussi eu droit à 2 vomis, un pipi sur mon tapis de yoga et un caca dans le couloir (Hercules était quelque peu sensible de l'estomac et des intestins...). Se sont donc aussi ajouté plusieurs tâches de nettoyage (Felipe et mon cher et tendre ayant heureusement mis leurs mains à la pâte, mais quand même...). Bref, on peut dire que ma productivité n’a pas été au top durant une grosse semaine. Certes, les derniers jours ont été plus calmes, mais cela n’empêche que ce n’est pas parce que l’on travaille de chez soi que l’on a forcément le temps de faire du dog-sitting. J’ai d’ailleurs été vexée lorsque Felipe m’a demandé si je travaillais. Mon ordinateur était à chaque fois allumé, il voyait ma boîte mail, mes pages de recherche d’un côté, mon gros guide anglais-français de la traduction sur mon bureau… donc oui, je travaillais… ou du moins, j’essayais. À la fin de ces 10 jours de garde, mon cher et tendre voulait proposer à Felipe que je garde Hercules chaque fois que je serai en Allemagne, j’ai refusé (ce gros bébé de 45 kilos a beau être attendrissant, je suis contente d'avoir retrouvé ma tranquillité).
Si j’avais envie de vous partager cette histoire, c’est parce que j’ai déjà entendu plusieurs fois cette réflexion de gens qui pensent que les personnes travaillant de chez elles ne travaillent pas vraiment, qu’en tant que freelance à domicile, on a le temps de s’occuper de la maison, de faire le linge, de préparer des repas, et j’en passe. Alors, je ne vais pas non plus dire qu’il ne m’arrive jamais de mettre en route des lessives quand j’ai un peu de temps devant moi, mais « travailleur/travailleuse à domicile » ne veut pas dire « homme/femme de ménage » ou « baby/cat/dogsitter ». D’ailleurs, ce sont des boulots en soi…
Bref, n’oubliez pas que prendre soin de l’animal d’une autre personne demande de l’attention et qu’une personne qui travaille de chez elle n’a pas forcément le temps de lui en donner puisqu’elle TRAVAILLE. À bon entendeur…
Une fois n’est pas coutume, voici un nouveau petit billet Croque-Livre ! J’avais pris ce court roman juste avant un long trajet en bus jusqu’à Londres. La quatrième de couverture m’avait intriguée. Il n’est pas tout neuf (sa publication française date de 2015), mais le récit m’a plusieurs fois donné les larmes aux yeux, d’où l’envie de vous en parler.
Comptant 232 pages et 4 chapitres, ce roman se lit rapidement. On a toutefois le temps de s’attacher aux personnages et de s’émouvoir de leur histoire. Le récit se déroule dans la même pièce : un petit café au cœur de Tokyo. Ce café a cependant une particularité. Il est possible de voyager dans le temps si l’on boit un café sur une table bien spécifique. Il y a néanmoins plusieurs règles à respecter, dont celle de ne pas quitter sa place (ce qui implique que l'on ne peut voir que les personnes qui se trouvent dans le café à la date du voyage dans le temps) et surtout celle de terminer son café avant qu’il ne refroidisse (d'où le titre du roman en français). Quatre des personnages féminins du roman vont faire ce fabuleux voyage : Fumiko, jeune femme amoureuse; madame Kôtake, infirmière soignant son mari atteint d’Alzheimer, mademoiselle Hiraï, propriétaire haute en couleurs d’un bar voisin et enfin Kei, l’épouse de Nagare, le patron du café. Dernier personnage indispensable de l’histoire, Kazu est la serveuse qui emmène ces quatre femmes dans ce périple à travers le temps.
Le texte, traduit par Miyako Slocombe, se veut tendre et poétique. Chaque petite histoire réchauffe le cœur, à l’instar d’une bonne tasse de café bien chaude que l’on déguste avec délice lors des journées automnales. Tant que le café est encore chaud n’est que le premier tome d’une trilogie, tournant autour de ce même petit établissement tokyoïte. L’auteur semble avoir gardé la même trame pour les tomes suivants, à savoir Le Café du temps retrouvé et Le Café où vivent les souvenirs. La maison d’éditions n’a toutefois pas gardé la même traductrice, le deuxième tome ayant été traduit par Mathilde Tamae-Bouhon et le troisième par Géraldine Oudin. À voir donc si les textes suivants sont tout aussi poétiques (sans mettre en doute les talents de ces deux autres traductrices, mais chaque traducteur est un lecteur avant tout et peut donc interpréter et transposer différemment le même récit).
Bref, je voulais simplement vous partager ce petit roman coup de cœur qui date déjà, mais qui m’a fait passer de très jolis moments.
La semaine dernière, j’avais les yeux tournés vers le passé à me replonger dans les skyblogs du début des années 2000. Cette semaine, c’est vers l’avenir que mon regard est tourné. Sorti sous sa première version il y a moins d’un an, ce logiciel fait de plus en plus parler de lui, notamment dans mon milieu professionnel. Il suscite la fascination chez certains, la peur chez d’autres. Depuis le début de cet été, son nom est apparu dans ma boîte mail, dans les discussions sur des forums de traducteurs et dans mes conversations avec des proches ou collègues. Parlons donc de cet « elephant in the room » : ChatGPT.
Photo de Matheus Bertelli sur Pexels
ChatGPT, kesako ?
D’après le site officiel, ChatGPT est « un modèle de langage […] développé par OpenAI […] entraîné à comprendre et à répondre au langage humain de manière naturelle ». C’est en gros une sorte d’agent conversationnel utilisant l’intelligence artificielle pour répondre comme un être humain aux questions que l’on lui pose. Un peu comme Siri ou Alexa, auxquels on posait des questions existentielles dont les réponses nous faisaient éclater de rire il y a 10 ans. Sauf que ChatGPT est bien plus « intelligent ». Il est non seulement capable de répondre exactement à toutes les questions qu’on lui pose (mon cher et tendre dit qu'il finira par remplacer Google tellement il est précis), mais aussi, et c’est là où le bât blesse, de rédiger des textes. Et pas des textes criblés de non-sens ou de bizarreries grammaticales. Non, des textes qualitatifs, écrits à une vitesse déconcertante…
Ma rencontre avec ChatGPT
La première fois que j’ai été confrontée à cette avancée technologique remonte à 2020. Le journal britannique The Guardian avait publié le tout premier article entièrement écrit par un robot dénommé GPT-3. J’avoue avoir été quelque peu effrayée. Certes, ce n’était pas de la grande littérature, mais c’était bien écrit. Et cela date déjà de 3 ans. En 3 ans, le prototype a bien évolué. En juillet de cette année, ChatGPT aurait ainsi écrit son premier article scientifique. Il y a quelques semaines, j’étais tombée sur une vidéo du comédien et auteur belge Félix Radu, qui s’esclaffait en lisant un conte écrit par ChatGPT dans le style de Molière. De plus en plus de gens utilisent le logiciel dans leur métier pour rédiger leurs écrits, qu’il s’agisse d’un e-mail, d’un CV ou carrément d’un article. Fin juin, je reçois un e-mail de la boîte de rédaction avec laquelle je travaille depuis des années, dans lequel il était indiqué que l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle pour la réalisation du projet était strictement interdite (encore heureux). Et ce lundi, c’est au tour de ProZ.com de proposer aux traducteurs de sa plateforme un cours d’initiation à… ChatGPT.
Pour ou contre ChatGPT ?
Passionné de technologie, mon cher et tendre m’a déjà dit plusieurs fois que je devrais essayer ChatGPT. Il a commencé à l’utiliser pour son travail et initie les membres de son entreprise à l’apprivoiser également. D’après lui, ChatGPT n’est pas une mauvaise chose, car c’est un formidable outil de recherche qui peut justement aider à écrire de meilleurs articles. Il permet de trouver en un temps records les mots-clés qui aideront à mieux référencer les produits de sa boîte et d’avoir une multitude d’idées créatives. Mon cher et tendre pense qu’il ne nous remplacera pas, du moins pas dans un avenir immédiat, et que cela peut permettre d’aller plus loin dans nos créations et dans notre écriture. D’ailleurs, pour que ChatGPT écrive un bon texte, il faut être capable de lui poser les bonnes questions et de les formuler de la bonne manière.
Si je peux concevoir qu’il puisse être une source d’inspiration et diminuer les heures de recherche nécessaires à la rédaction d’un article, je ne peux m’empêcher de voir en ChatGPT un ennemi juré, qui finira tout simplement par me remplacer, après avoir baissé au fur et à mesure le tarif de mes prestations, les clients ne voyant pas l’intérêt de me payer plus si une machine est capable de faire tout le travail à ma place. Je vais un peu dans l’extrême, mais ChatGPT m’apparaît réellement comme une menace pour ma profession aussi bien de rédactrice que de traductrice(vu que c'est un outil axé sur le langage, il peut bien évidemment aussi traduire...).
La traduction automatique, j’y suis déjà confrontée. Cela fait d’ailleurs déjà bientôt 5 ans que je travaille sur un projet récurrent de post-édition(c'est-à-dire de la révision d'un texte préalablement traduit par une machine). J’ai aussi cessé de collaborer avec certaines agences qui désiraient passer à la post-édition pour des projets qui ne s’y prêtaient absolument pas, en proposant des prix dérisoires sous prétexte qu’il ne s’agissait plus que d’une simple relecture (j'en parlais plus ici). Je peux toutefois encore m’estimer chanceuse, car j’ai toujours des projets de traduction pure et dure pour lesquels je suis bien payée. Mais pour combien de temps encore ? Ma génération assistera-t-elle à la disparition des traducteurs humains ? Je m’étais toujours dit, insouciante, que si je ne pouvais plus traduire, il me resterait l’écriture. C’était sans compter ChatGPT…
Outre les dangers qu’il présente pour mon métier, ChatGPT me fait craindre notre abêtissement. Si les machines traduisent, écrivent et pensent à notre place, que nous restera-t-il ? Dans un article pour Slate, la traductrice Bérengère Viennot s’inquiétait aussi du risque de désinformation que ces outils futuristes présentent pour la société. Néanmoins, plutôt que de s’abattre sur notre sort, il faut rester optimiste (en lisant, par exemple, cet article du professeur Jean-Hugues Roy et du traducteur Éric Poirier) et apprendre à vivre avec son temps.
Que l’on soit pour ou contre ChatGPT, il va falloir cohabiter avec lui. Je vais donc suivre la formation suggérée par ProZ et tenter de l’apprivoiser (même si je n'ai jamais été une grande fan des chats 😺). L’avenir nous dira si je l’adopterai.
Ah, les PM (surnom des « project managers » ou « gestionnaires de projets » en bon français)… Ils ont déjà fait l’objet de plusieurs articles sur mon blog. Si vous voulez en apprendre davantage sur leur métier, je vous invite d’ailleurs à (re)lire mon premier billet à leur sujet. Des PM, j’en ai connu des dizaines depuis que je me suis lancée en tant que traductrice et rédactrice indépendante. Et parmi ces PM, il y en a dont j’ai regretté le départ, et il y en a d’autres qui ne me manqueront pas une seconde… Explication.
Pour moi, après le sens de l’organisation et des priorités, une bonne communication est la troisième qualité principale qu’un PM doit avoir. Une bonne communication non seulement avec les clients, mais aussi avec les traducteurs ou rédacteurs (ou graphistes, ou autres types de freelance collaborant avec des agences). J’avais expliqué dans un autre article que les PM restaient rarement dans la même boîte et que les rotations étaient donc fréquentes. Il y a plusieurs mois, j’ai aussi eu le cas de l’achat d’une agence de traduction par une plus grosse boîte, dont les PM usent et abusent des e-mails automatiques et sont donc moins à la disposition des traducteurs. Outre les projets ponctuels que je réalise pour cette agence, je travaille depuis maintenant 5 ans pour un projet à long terme dans la post-édition. Il y a eu 2-3 changements de PM en ces 5 années. Si les premiers se sont déroulés sans aucun souci, le dernier gros changement survenu il y a quelques mois se fait davantage sentir. La PM principale, qui gérait avec brio ce gros projet, a décidé de changer de voie et a donc laissé sa place à un nouveau PM, qui semble beaucoup moins gérer l’aspect « communication » du métier. Je vous explique.
Pour ce projet de post-édition, le client envoie régulièrement des consignes ainsi qu’un glossaire actualisé avec de nouvelles traductions de termes à respecter. Les PM d’avant nous envoyaient chaque fin de mois ce nouveau glossaire tout en indiquant dans leur e-mail les nouvelles consignes, les éventuelles remarques du client en attirant notre attention sur des erreurs récurrentes. Quand il n’y avait aucun commentaire négatif, elles (je dis « elles » car le poste a souvent été occupée par des femmes par le passé) nous envoyaient quand même un petit e-mail pour nous féliciter pour le travail accompli, nous encourager durant les périodes plus intenses et nous remercier pour notre disponibilité. Depuis qu’il a repris le poste de la dernière PM principale, le nouveau PM en charge de ce client nous a envoyé 2 e-mails à tout casser… Le glossaire et les feedbacks du client étant accessibles sur la plateforme de l’agence, il ne juge pas utile d’envoyer un e-mail aux traducteurs. Nous n’avons donc plus d’explications sur les changements de consigne du client, ni d’encouragements ou de remerciements… Autre point négatif : les PM d’avant nous encourageaient à leur envoyer les éventuelles questions terminologiques que nous pourrions avoir lors de notre travail de relecture. Elles prenaient chaque semaine le temps d’y répondre. J’ai continué à envoyer mes questions après le départ de l’ancienne PM, je n’ai jamais reçu de réponse… Je me demande si le client est toujours aussi satisfait de notre travail car ce manque d’interaction et de communication peut fortement dégrader la qualité de la post-édition. L’avenir nous le dira…
Vous l’aurez compris, la différence entre un bon et un mauvais PM est cette capacité à communiquer, que ce soit pour donner explicitement de nouvelles consignes ou pour entretenir la relation avec les traducteurs (ou rédacteurs ou graphistes, etc.). Alors si vous envisagez d’occuper ce poste dans une agence et que vous détestez écrire des e-mails, je vous conseille de changer d’orientation… À bon entendeur !
Je n’ai pas publié d’article la semaine dernière par manque d’inspiration… Elle est heureusement revenue aujourd’hui. Comme nous sommes le 21 juillet, jour de la fête nationale belge, j’avais envie de vous partager mon agacement lorsque je reçois des demandes de traduction vers… le français de Belgique.
J’avais déjà parlé des belgicismes sur ce blog il y a plusieurs années. À l’époque, c’était simplement l’une de mes désormais meilleures clientes (espagnole) qui me demandait s’il y avait des différences entre le français de France et le français de Belgique. Je ne vais pas réécrire l’article ici, mais je lui avais expliqué que j’avais appris durant mes études de traduction à éviter les belgicismes et autres tournures belges dans mes textes. L’agence de rédaction de contenus avec laquelle je collabore le plus est d’ailleurs française et mon écriture n’a jamais posé de problème.
Il m’est cependant arrivé de recevoir des demandes quelque peu farfelues. Je peux comprendre qu’une boîte anglaise ou étrangère recherche un traducteur pour le « français belge », étant donné que les pays plus éloignés ne sont pas forcément au courant de la réalité linguistique de notre plat pays. Néanmoins, j’ai déjà reçu, de la part d’un client purement français, une demande d’adaptation d’un texte français (sous-entendu « de France ») en français de Belgique. Je ne sais pas trop s’il faut en rire ou en pleurer. Le texte à « adapter » ne traitait aucunement de sujets administratifs, d’éducation ou d’un autre domaine dans lequel il pourrait exister quelques petites différences lexicales (par exemple « bourgmestre » au lieu de « maire » ou « sixième » au lieu de « première » lorsque l'on parle de système scolaire). Le client en question souhaitait pourtant le « traduire en belge ». Que voulait-il exactement ? Que j’ajoute des « une fois » à chaque bout de phrase ? Les chiffres n’étant pas écrits en toutes lettres dans le document en question, je n’aurais même pas pu transformer leur quatre-vingt-dix en nonante… Bref, il n’y avait absolument rien à changer dans ce texte.
Nous, les Belges, nous sommes habitués à lire et à entendre du « français de France », contrairement à certains de nos amis français qui nous regardent d’un air perplexe si nous avons le malheur d’utiliser un mot ou une expression typique de notre plat pays et qui vont rester bloqués sur ce passage plutôt que d’essayer de comprendre (alors qu'on ne parle pas chinois non plus, faut pas exagérer 🙄). Bref, mon cher et tendre (qui est un Français de France, même si on partage bien plus en commun linguistiquement parlant puisqu'il est ch'ti et que je viens de Tournai, où l'on parle encore le picard) m’a dit que j’aurais dû accepter, m’amuser à changer 2-3 mots et à réclamer mon dû, mais j’ai préféré expliquer qu’il n’y avait aucun intérêt à « traduire » le document étant donné que les Belges le comprendront parfaitement.
Ma frustration semble être partagée par d’autres traducteurs belges, car je suis tombée, il y a déjà plusieurs années, sur l’article de blog d’un de mes collègues compatriotes qui explique en détail pourquoi il est ridicule de demander de « traduire en belge », sauf cas rares très concrets. Je vous invite donc à le lire si vous êtes Français et n’en êtes pas convaincu.
En ce jour de fête nationale, j’avais envie de terminer par une petite demande à nos amis français : j’accepte que vous utilisiez le masculin pour parler de « toilette » (sujet d'une petite chamaillerie linguistique entre mon cher et tendre et moi-même), mais par pitié, quand vous utilisez un nom belge, prononcez-le correctement, à commencer par notre capitale : c’est « BruSSelles » et non « BruXelles ». Et vu que tout rentre mieux en musique, je vous invite à vous exercer avec le grand Jacques.
Je termine à nouveau une semaine assez intense et je vais d’ailleurs devoir travailler encore un peu ce week-end. Je n’avais toutefois pas envie de manquer une nouvelle fois mon rendez-vous sur le blog. Voilà donc un petit billet pour vous expliquer l’une des raisons de mon absence la semaine dernière : les textes anglais mal rédigés…
J’en avais déjà touché un mot lorsque j’avais écrit mon article sur les traductions pour la Commission européenne. Il faut déjà savoir que l’anglais parlé au sein de la Commission européenne n’est pas forcément le bon anglais que l’on apprend à l’école. C’est un anglais baragouiné par des personnes qui viennent des quatre coins d’Europe, qui se débrouillent donc dans la langue de Shakespeare, mais qui ne sont pas des anglophones natifs. Certains s’en sortent mieux que d’autres, mais rien ne vaut un texte rédigé par un véritable anglophone.
Si je n’ai pas pu écrire mon billet la semaine dernière, c’est parce que je traduisais un document unique pour une indication d’origine protégée. Il s’agit d’un document qui reprend toutes les caractéristiques qu’un vin (ou tout autre produit d'ailleurs) doit posséder pour prétendre au label. Ce sont généralement des textes courts et plutôt faciles à traduire. Sauf quand le document a été rédigé en anglais par des personnes non natives, en l’occurrence par des Allemands. N’ayant toujours pas repris mes cours d’allemand(j'ai beaucoup de mal à trouver du temps pour ça en ce moment 😕...), la traduction m’a pris plus de temps que prévu. Il fallait en effet d’abord que je « traduise » en bon anglais (dans ma tête) le terme que le rédacteur voulait utiliser avant de traduire cette notion en français. L’allemand étant l’une des langues officielles de la Commission, je me demande pourquoi on n’a pas plutôt demandé à un traducteur allemand-français de traduire le texte original, écrit en allemand, plutôt que de traduire une mauvaise traduction (puisqu'il s'agissait de cela au final).
Je me souviens également d’un texte horrible, traduit il y a déjà plusieurs mois. Cette fois-là, il s’agissait d’un manuel d’utilisation pour un logiciel, qui avait vraisemblablement été écrit en anglais par des Français. Le réviseur m’avait d’ailleurs félicitée pour mon travail, indiquant dans ses remarques que j’avais réussi à me mettre à la place du lecteur et traduit de manière beaucoup plus compréhensible ce que les rédacteurs avaient tenté d’expliquer dans leur mauvais anglais.
Bref, c’est bien de vouloir rédiger en anglais, mais si vous n’êtes pas capable de le faire, par pitié, écrivez votre texte dans votre langue maternelle et demandez à le faire traduire par un anglophone ! Sur ce, je vous laisse, j’ai un autre document unique à traduire, cette fois-ci pour un vin hongrois… Croisez donc les doigts pour moi 😅